La famille Bélier

Un tournage fragile jusqu'à la fin

Le réalisateur de La famille Bélier, Éric Lartigau,... ((PHOTO La presse, MARCO CAMPANOZZI))

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Le réalisateur de La famille Bélier, Éric Lartigau, a mis du temps avant de dénicher son actrice vedette.

(PHOTO La presse, MARCO CAMPANOZZI)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

C'est un ami du réalisateur français Éric Lartigau qui lui a suggéré de visionner l'émission The Voice (La Voix) où une jeune interprète correspondait exactement au personnage vedette du scénario du film La famille Bélier qui était en cours de création. Le cinéaste travaillait sur le scénario depuis quelques mois et n'avait pas encore déniché sa vedette malgré de nombreuses auditions.

«Il a fallu quelque temps avant que je jette un coup d'oeil sur cette concurrente. «Ce n'est pas une chanteuse que je cherchais, c'était une comédienne qui puisse chanter. Mais, une nuit, j'ai décidé de visionner sa performance à The Voice et elle m'a complètement renversé. Elle était à la fois fragilité et solidité, ancrée dans le présent, d'un équilibre instable. Elle est à un âge entre deux mondes, la tête dans les épaules, qui ne sait pas marcher dans un corps en évolution. J'aimais son attitude; elle était wouah!», raconte le réalisateur au sujet de la comédienne Louane Emera qui tient le rôle de Paula, une adolescente de 16 ans qui veut devenir chanteuse, mais dont les parents et son frère sont sourds et muets.

Malgré ce coup de coeur, le réalisateur aurait pu se buter à une chanteuse qui n'avait aucun talent de comédienne, mais il a tenté l'aventure. «Il fallait maintenant essayer de catalyser et cristalliser ça dans un film. Jusqu'à la fin du tournage, la question était là: serait-elle capable de jouer? Le tournage a été fragile jusqu'à la fin. C'est ça se faire peur et oser. Par bonheur, Louane est une fille intelligente, fine, une adolescente qui séduit avec ses réflexions sur la vie», a raconté le réalisateur au Progrès-Dimanche, la semaine dernière, lors d'une entrevue téléphonique.

Le scénario de La famille Bélier est inspiré de la vie de Véronique Poulain, une fille entendante de deux parents sourds qui était l'assistante de Guy Bedos, un humoriste, artiste de music-hall, acteur et scénariste français. Victoria Bedos, la fille de l'humoriste, s'est inspirée de cette femme pour écrire cette histoire en y ajoutant l'envie de réaliser une carrière musicale.

«Ce qui est très curieux, c'est que les malentendants représentent une communauté qui nous entoure, qui est parmi nous, on en croise comme dans tous les pays, mais ils ne parlent pas la même langue que nous. On vit dans le même pays, eux ils parlent notre langue, mais nous, on ne parle pas la leur. Ça met un fossé naturel entre les deux mondes», met en relief le cinéaste qui a voulu ériger un pont afin de montrer que nos différences sont là où on a bien envie de les voir.

«On aime bien cataloguer des gens, les mettre dans des castes, mais quand on s'intéresse à ce monde on s'aperçoit que ce sont des gens qui ont les mêmes peurs que nous, les mêmes angoisses, les mêmes envies. Ils sont comme tous les parents qui vivent les étapes douloureuses de voir partir ses enfants», explique le cinéaste qui a connu un immense succès en France où le film a été acclamés par la critique et par le public pour franchir le cap des sept millions d'entrées.

«La chanson Je vole de Michel Sardoux représente le calque de la vie de Paula dans le film. Elle retrace toute sa trajectoire. On a cherché d'autres chansons et d'autres interprètes et Michel Sardoux a accepté ça. Ça fait un bon effet», a conclu le réalisateur qui se réjouit de la réaction des Québécois au visionnement de La famille Bélier.

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