Une rétrospective baptisée toucher l'instant - symbiose

Luce Pelletier revisite le miracle de la vie

D'innombrables véhicules ont été confectionnés par Luce Pelletier... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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D'innombrables véhicules ont été confectionnés par Luce Pelletier à même de la matière végétale. Ils forment un ensemble baptisé Queue leu leu.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

C'est une drôle de journée pour parler de Toucher l'instant - Symbiose, la rétrospective de Luce Pelletier que le Centre national d'exposition de Jonquière présente jusqu'au 31 mai. Pâques, fête de la résurrection, colle bien aux thèmes explorés par l'artiste originaire de Sainte-Luce-sur-Mer.

Elle aime utiliser des éléments trouvés dans la nature, souvent des végétaux, afin d'évoquer la fragilité de la vie, ainsi que la relation entre l'homme et son environnement. Ses oeuvres font penser à des natures mortes, une impression que le visiteur ressent dès qu'il a franchi le pas de la porte.

Un regard à droite laisse voir les photographies et les sculptures faisant partie de la série intitulée Le hosta bleu. Luce Pelletier a recyclé des feuilles en leur donnant la forme de crânes ou d'oiseaux parfois posés sur des feuilles d'or. Le matériau translucide, pratiquement décoloré, rappelle que rien n'est éternel en ce bas monde.

On s'émerveille devant le travail qu'a nécessité cet ensemble, mais ce n'est rien, comparativement aux truites et aux petits véhicules alignés au fond de la salle. Dans le premier cas, on parle de reproductions faites à des centaines d'exemplaires, ce qui avait permis à l'artiste de réaliser des photographies extérieures illustrant les quatre saisons.

Cette série a pour titre À fleur de peau, tandis que les véhicules découlent d'un projet baptisé Queue leu leu. Il faut les regarder de près, quitte à se pencher au-dessus de la table où ils sont disposés en cercle, pour admirer la patience et la créativité de Luce Pelletier. Il y a des voitures, des camions, ainsi que de drôles de machines tenant sur des pattes surdimensionnées. Toutes ces choses, hormis les roues, ont été modelées à même de la matière végétale.

Cette oeuvre fait ressortir les préoccupations environnementales de l'artiste et comporte un caractère ludique auquel seront sensibles les anciens enfants ayant joué avec des Matchbox. Dans une veine similaire, on trouve un zeste d'humour dans la série consacrée aux sous-produits du maïs.

Des gants noirs sont complétés par des grains jaunes placés au bout des doigts, alors qu'une main au complet est couverte de grains formant une seconde peau. En revanche, la main sculptée à partir d'une feuille de maïs est à peine réelle, tant le matériau est usé, fragile comme une feuille qui aurait passé quelques années loin de sa branche.

Luce Pelletier aime conférer une deuxième vie à de tels objets, une forme de résurrection grâce à laquelle ils acquièrent un surcroît de noblesse. Cette femme produit de la beauté avec des riens, de la vie avec des choses mortes, le genre de miracle dont ne parlent pas les évangiles, mais qui fera du bien à ceux qui piqueront une pointe du côté du mont Jacob.

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