La rentrée à La Peuplade

Des livres pour rendre l'hiver confortable

Mylène Bouchard et Sophie Gagnon-Bergeron lanceront cinq ouvrages... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Mylène Bouchard et Sophie Gagnon-Bergeron lanceront cinq ouvrages dans le cadre de la rentrée hivernale de La Peuplade, doit trois recueils de poésie.

(Photo Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) «J'aime la rentrée d'hiver parce qu'il y a moins de livres qu'à l'automne», indique Mylène Bouchard, cofondatrice de la maison d'édition La Peuplade. Sans accorder une importance exagérée au rythme des saisons, elle reconnaît qu'il est plus facile de se mouvoir dans le paysage littéraire en début d'année. Les nouvelles oeuvres ne sont pas avalées par le tourbillon médiatique.

En matière de contenu, par contre, le portrait se révèle aussi flou qu'un champ de Saint-Bruno balayé par le blizzard. À quoi ressemble un livre d'hiver, en effet? Disons que parmi les cinq ouvrages qui seront lancés d'ici au printemps, le seul à propos duquel aucun doute n'est permis est le recueil de poèmes que Sébastien Dulude dévoilera le 16 mars. Il a pour titre Ouvert l'hiver et en voici un extrait:

janvier n'est pas arrivé pour finir

mais pour nous couvrir de sa fonte froide

lourde voûte qui se dépose comme une avalanche

«Ce sont de petits tableaux d'hiver, ce qui rejoint notre imaginaire, autant que notre désir de nous blottir dans une maison bien chauffée. Il y a beaucoup de répétitions dans le texte, des images qui reviennent, des sonorités aussi», fait valoir Mylène Bouchard, rencontrée mercredi dans les bureaux de La Peuplade en compagnie de Sophie Gagnon-Bergeron, adjointe à l'édition.

Le centre-ville de Chicoutimi ressemblait à un immense château de glace et pour demeurer dans une veine poétique, les Saguenéennes ont mentionné deux livres faisant l'objet d'une réédition. Béante, de l'Anjeannoise Marie-Andrée Gill, est sorti il y a quelques jours, soit en même temps qu'Était une bête, de Laurance Ouellet-Tremblay.

«C'est une fierté que de pouvoir procéder à de nouvelles rééditions, ce que nous avons fait plus tôt pour Charles Sagalane. Béante a été mis au programme dans plusieurs écoles, ce qui explique que le premier tirage soit épuisé. On sent que la culture autochtone suscite un intérêt particulier», souligne Mylène Bouchard.

S'agissant d'Était une bête, elle y a trouvé des idées fortes s'appuyant sur des expériences vécues par tant d'enfants, notamment dans la cour d'école. «Pourquoi exclut-on des gens pour des raisons aléatoires? Laurance Ouellet-Tremblay critique un système, des conventions. Elle dénonce une forme de barbarie», rapporte l'éditrice.

Une première traduction

Dès le 26 janvier, les libraires accueilleront un livre qu'on peut qualifier d'historique, du moins dans la perspective de La Peuplade. Intitulé Voluptés ou la réalité de l'écriture de soi, il s'agit de la première oeuvre traduite à l'initiative de la maison saguenéenne. C'est Madeleine Stratford qui a effectué le travail à partir des récits concoctés par Marianne Apostolides.

«Ce livre m'a été confié dans la foulée d'une rencontre entre éditeurs du Québec et du Canada anglais, une activité organisée par le Conseil des arts du Canada. J'ai adoré ses neuf récits qui jouent habilement sur les notions de réalité et de fiction», fait observer Sophie Gagnon-Bergeron.

L'auteure, qui vit en Ontario, a créé Voluptés à la suite d'une série d'entrevues réalisées avec son père. L'idée consistait à produire une biographie, mais elle a subi un blocage lié à un épisode survenu pendant la Deuxième Guerre mondiale. Son père à lui, officier dans l'armée grecque, a été assassiné par des communistes. L'homme aurait pu le venger, comme le veut la tradition, mais il ne l'a pas fait.

Lâcheté? Sagesse? Toujours est-il que sa fille a été embêtée par cette histoire qui continuait de hanter l'auteur de ses jours, longtemps après son arrivée au Canada. Fallait-il écrire là-dessus et si oui, comment? C'est le genre de questions que Marianne Apostolides pose dans Voluptés.

Le texte a été traduit de l'anglais grâce à l'appui du Centre international de traduction littéraire de Banff. Associée à un projet de ce genre pour la première fois, Sophie Gagnon-Bergeron a relevé le souci du détail affiché par Madeleine Stratford. «En travaillant avec l'auteure, elle a pu aller en profondeur dans le choix des mots», note l'adjointe à l'édition à La Peuplade.

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