Le scepticisme n'ébranle pas Alice Munger

Alice Munger joue de la contrebasse pendant que... ((Photo Mariane L. St-Gelais))

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Alice Munger joue de la contrebasse pendant que Mélissa Fortin chatouille les touches du piano. C'est la première fois que deux femmes font partie de l'orchestre de Party, l'une des productions de la troupe Québec Issime.

(Photo Mariane L. St-Gelais)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) «J'étais sûr que ce serait mauvais, mais finalement c'est bien.»

Ce drôle de compliment, Alice Munger l'a entendu en quelques occasions dans les dernières semaines. Première bassiste intégrée au spectacle Party de la troupe Québec Issime, elle est aussi l'une des deux musiciennes mobilisées dans le cadre de cette production, un nombre qui n'a jamais été aussi élevé.

L'artiste originaire de Chicoutimi n'est pas ébranlée par le scepticisme qu'entretient une frange du public. «Je pense que certains ont encore un petit préjugé. Une fille à la basse, il y en a qui ne sont pas convaincus, mais je sens que ça progresse», a-t-elle indiqué récemment, lors d'une entrevue accordée au journal.

Son baptême du feu avec la troupe Québec Issime remonte en mars, alors qu'on lui a offert de remplacer au pied levé son ancien professeur, Mathieu Boily. C'était pour le spectacle De Céline Dion à la Bolduc, qui devait être présenté en tournée. En l'espace de quelques jours, la jeune femme a dû assimiler 150 chansons, un nombre élevé qu'explique le recours quasi systématique à la formule du medley.

«Comme je ne pouvais pas répéter avec le groupe, j'apprenais les chansons par coeur en utilisant des écouteurs. C'était raide. Il a fallu que je m'organise rapidement», raconte Alice Munger. Il faut croire que le résultat fut satisfaisant, puisqu'on a retenu ses services pendant l'été, à Trois-Rivières, avant de lui confier un poste dans Party.

L'un des prérequis pour cette production, comme pour De Céline Dion à la Bolduc, consiste à jouer de la contrebasse, pas juste de la basse électrique. Sans se prendre pour une virtuose, la musicienne était contente d'avoir ajouté cette corde à son arc. «Je l'utilise dans les numéros de dixie band, de charleston et de jazz. C'est dur pour les doigts, mais j'aime ça. Je me débrouille», énonce-t-elle.

Plus d'assurance

Les premières expériences de scène vécues par Alice Munger ont eu lieu dans son enfance, par l'entremise de la danse. Elle a suivi des cours pendant 12 ans, mais à l'adolescence, l'appel de la basse s'est fait insistant. Après avoir tâté de la flûte et de la guitare, après avoir développé son sens du rythme en tapant sur des chaudrons, la Chicoutimienne a trouvé sa vocation grâce au metal.

«J'aime le feeling des notes graves. C'est cool. Ça soutient toute la musique et ça me prend en dedans, confie-t-elle. J'apprécie également le toucher des cordes, qui sont plus grosses que celles d'une guitare. Même si j'avais les doigts en sang, au début, c'est devenu une passion qui ne m'a plus lâchée.»

C'est au Collège d'Alma, où elle était inscrite en musique, qu'Alice Munger a fait connaissance avec la claviériste Mélissa Fortin, sa complice dans Party. Ensemble, elles ont joué dans les restaurants du coin, en plus de participer à des événements corporatifs. Elles l'ont fait en duo et parfois à quatre, au sein d'un groupe dont le nom changeait tout le temps (il s'est déjà appelé Les Colonnes de Son).

À 17 ans, la bassiste fut de l'aventure de Milane, fille de l'eau, sa première production d'envergure, créée par la troupe Ecce Mundo à Chicoutimi. Déterminée à faire carrière, elle vient d'amorcer un baccalauréat à l'UQAM et ses ambitions la poussent du côté de la pop et idéalement vers le Cirque du Soleil, ce qui cadre bien avec l'expérience acquise par le biais de Québec Issime.

Il faut jouer pendant trois heures et il y a les changements de costumes, la chaleur, les jambes qui deviennent lourdes. C'est intimidant, aussi, de se trouver sous le feu des projecteurs. Si une certaine timidité l'empêchait de lâcher son fou, les choses ont évolué pour le mieux.

«Maintenant, je suis plus à l'aise et j'en profite pour vivre mon ''trip'', ce qui est plus facile parce qu'on ne fait que des ''hits''. Je danse et j'entre dans une sorte de transe, mais en même temps, j'accepte de faire des erreurs. J'ai acquis de l'assurance», se réjouit Alice Munger.

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