Ode aux cahiers Canada

Ces feuilles mobiles sur lesquelles ont été créées... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Ces feuilles mobiles sur lesquelles ont été créées des oeuvres originales émanent du centre d'artistes Le Lobe. On peut les voir au Centre national d'exposition de Jonquière jusqu'au 27 novembre, dans le cadre de l'exposition Peut mieux faire.

(Photo Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Jonquière) Qui n'est pas familier avec les cahiers d'exercices Canada, identifiés à la compagnie Hilroy? Gribouillés par des générations d'étudiants, ils assument une nouvelle vocation dans le cadre de l'exposition Peut mieux faire, présentée au Centre national d'exposition de Jonquière jusqu'au 27 novembre.

L'initiateur du projet, Emmanuel Galland, a demandé à des artistes de se laisser guider par le célèbre objet. Le fruit de leurs efforts a été montré pour la première fois en 2009, à l'Atelier Punkt de Montréal, puis à Québec et au Nouveau-Brunswick en 2011 et 2012. À chaque fois, le contenu a bougé et la mouture saguenéenne ne fait pas exception à la règle.

L'un des ajouts constitue, en fait, un clin d'oeil aux activités de financement menées par le centre d'artistes Le Lobe de Chicoutimi, de 2011 à 2013. Une trentaine de créations réalisées à l'aide de feuilles mobiles - celles avec trois trous et qui laissent voir des lignes bleues - ont été regroupées à l'entrée de la salle. Certaines sont truffées de mots, alors que d'autres laissent voir des dessins, des portraits.

«J'ai effectué la sélection à partir de photographies des pièces originales et non des invendus. Il y avait tellement de bonnes affaires là-dedans», s'émerveille Emmanuel Galland. Comme pour les cahiers Canada, il est manifeste que la contrainte imposée par la modeste feuille n'a pas bridé l'imagination des participants.

De Old Harry au stade olympique

Le reste de la salle constitue un hommage plus ou moins volontaire à la compagnie Hilroy. Les quatre couleurs des cahiers ont été recyclées par Yann Pocreau sur Abstractions canadiennes, où il effectue un survol de l'histoire de la peinture dans ce pays, du Groupe des sept jusqu'à aujourd'hui. Sur le mur opposé, le collectif OBV, qui fait dans la reliure, a conçu un coffret réunissant quatre cahiers miniatures.

Preuve qu'on peut tout faire, même à partir d'un thème imposé, Marianne Papillon, des Îles-de-la-Madeleine, a mobilisé sa science de l'impression numérique afin d'évoquer le projet d'exploitation du gisement de pétrole Old Harry, situé dans le golfe du Saint-Laurent. «Elle pose des questions sur ce qu'on fait de notre environnement», décrit Emmanuel Galland en jetant un oeil sur ses images où le cahier Canada se mue en carte géographique.

L'inventivité réside aussi dans les petits formats, comme le démontre la photographe Caroline Hayeur. Elle a empilé de nombreux cahiers avant de tailler un espace où s'est niché un album photo électronique. En boucle, on voit défiler des images captées à Montréal, pendant le Printemps érable.

«Je voulais qu'elle priorise les photographies où il y a du rouge, de même que celles où on voit des affiches, des slogans», fait observer le commissaire de l'exposition. Dans un tout autre genre, Christian Miron propose une sculpture faite à partir des cahiers, laquelle émerge du mur. Ceux qui lui trouvent une parenté avec le Stade olympique de Montréal gagnent un morceau de robot.

«Un énorme cadeau»

Au centre de la salle, des tables et des chaises sont régulièrement occupées par des étudiants. Comme ce fut le cas lors du passage des représentants du journal, ils sont invités à consulter les cahiers Canada qui y sont empilés. Ceux-ci témoignent d'un autre volet du projet Peut mieux faire: les ateliers de médiation culturelle tenus à Carleton-sur-Mer en 2012.

«Je leur avais demandé de dessiner ou d'écrire. Ils avaient cinq minutes pour le faire à partir d'une question que je leur posais, genre: ''Où serez-vous dans dix ans? ''. Ce qu'ils ont fait a constitué un énorme cadeau. Je voulais les sortir de leur bulle et ils se sont pleinement investis. C'est hallucinant», rapporte Emmanuel Galland.

Il faut croire que son opinion est partagée par les jeunes de la région, comme l'ont démontré ceux qui ont visité l'exposition dans les minutes précédant l'entrevue. Tous avaient le nez dans les cahiers, qui ouvrent une fenêtre sur les réflexions articulées par leurs camarades de la Gaspésie. Un Facebook en papier, d'une certaine manière.

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