Épisodies, de Michaël La Chance

Une vie en 130 fragments

Michaël La Chance vient de lancer Épisodies, un... ((Photo Rocket Lavoie))

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Michaël La Chance vient de lancer Épisodies, un livre formé de 130 microrécits à caractère autobiographiques, mais présentés de telle manière que le lecteur pourra y trouver des liens, des références, le ramenant à sa vie à lui.

(Photo Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) Imaginez un homme devant un miroir. Imaginez, si la chose est possible, que ce portrait demeure figé sur la vitre, comme une photographie. Si on échappait ce miroir et qu'il se brisait en mille morceaux, avec des parties posées à l'envers et d'autres laissant voir un bout de nez, des cheveux, une oreille ou le blanc de l'oeil, ça ressemblerait au nouveau livre de Michaël La Chance, Épisodies.

Comme le titre le suggère, les épisodies, ce sont des épisodes, des flashes que l'auteur évoque en quelques paragraphes. Il s'agit de moments empruntés à sa vie, des faits réels qui promènent le lecteur dans différentes époques, sans égard à la chronologie. Puisque chacun de ces textes se suffit à lui-même, les Éditions La Peuplade ont écrit le mot microrécits sur la couverture.

La première des 130 épisodies ramène Michaël La Chance dans le pensionnat où il a vécu pendant sept ans, en Europe. «Je ressentais une grande solitude», a-t-il résumé il y a quelques jours, lors d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche. On voit aussi apparaître l'homme rendu à l'âge adulte: artiste un peu bohème, professeur de philo, journaliste dans des médias qu'on identifiait jadis à l'underground.

Cette entreprise ambitieuse a laissé peu de place au hasard, comme l'illustrent les deux pages où l'auteur a dressé l'équivalent de la Table périodique des éléments, en mentionnant les thèmes distillés dans son livre. «J'ai sélectionné 130 émotions, 130 vécus qui existent indépendamment de nous. Pour en parler, j'ai remonté jusqu'à l'enfance, la période où on est le plus malléable», fait-il remarquer.

Son objectif est qu'à travers des anecdotes qui sont les siennes, chacun reconnaîtra des bouts de sa vie à lui. Pour traiter de l'amitié, par exemple, Michaël La Chance relate une fête avec des amis navajos, prêts à vendre des biens à un prêteur sur gages pour fêter toute la nuit. On peut transposer cette histoire chez nous, quand on se ruine pour célébrer Noël ou l'Halloween.

L'apprentissage du je

Amorcée il y a quatre ans, l'écriture d'Épisodies a nécessité un travail d'édition pour lequel l'auteur remercie Mylène Bouchard, de La Peuplade. «Ce qu'elle a fait est extraordinaire, mentionne-t-il. Mylène m'a aidé à trouver le ton juste, à produire un texte littéraire à partir d'éléments biographiques.»

Ce que montre le livre, également, c'est le cheminement effectué par Michaël La Chance. Lui qui a longtemps écrit au nous, ainsi que le commande le monde extrêmement pointu de la philosophie, auquel il appartenait, a dû apprivoiser le je, ce qui s'est fait à petites touches.

Il y a eu un premier roman, De Kooning malgré lui, dont les éléments biographiques, même s'ils ne découlaient pas de sa vie à lui, ont fait vivre à l'auteur une expérience qu'il qualifie d'éprouvante. «J'ai rencontré la difficulté de la voix personnelle», laisse-t-il entendre.

Épisodies l'a fait passer à un autre stade, puisque c'est de lui dont il est question au fil des 276 pages. Malgré sa fierté à la vue du produit fini, notamment de la jolie couverture réalisée par l'artiste Patrick Beaulieu, on le sent mal à l'aise à l'idée de s'être mis à nu.

«Je suis heureux, mais pas pressé que les gens lisent ce livre. Après, ils sauront tout de moi», note Michaël La Chance en souriant.

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