Le rendez-vous de Martha et Kate

Martha Wainwright rend hommage à Kate McGarrigle, sur... ((Photo Martin Chamberland))

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Martha Wainwright rend hommage à Kate McGarrigle, sur son nouvel album. Elle a repris l'une de ses chansons, en plus d'écrire All Your Clothes, qui prend la forme d'une lettre à sa mère disparue trop tôt.

(Photo Martin Chamberland)

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(Chicoutimi) CHICOUTIMI - Martha Wainwright savait que ce rendez-vous était incontournable. Le premier disque enregistré depuis le décès de sa mère, Kate McGarrigle, devait comporter un clin d'oeil, un texte, un témoignage, bref une évocation de ce que cette femme a représenté pour elle.

« J'ai commencé à écrire après sa mort, en prenant le temps nécessaire pour être capable de jouer de la guitare et chanter sans trop pleurer. Je savais aussi qu'il s'était écoulé quelques années depuis la sortie de l'album précédent. Je voulais donc travailler. J'avais des choses à dire », a relaté la chanteuse mercredi, lors d'une entrevue accordée au journal.

Elle qui venait de donner naissance à un enfant l'a confié à une gardienne afin de s'enfermer dans une pièce de sa maison de Brooklyn. Les mots sont venus rapidement, dit-elle. Ceux d'All Your Clothes, entre autres, qui se présente comme une lettre à sa mère. Elle lui parle du bébé, de son ménage qui bat de l'aile. Comme si l'autre était toujours là.

Le morceau de bravoure, c'est cependant Proserpina, la dernière chanson écrite par Kate McGarrigle. À défaut de l'enregistrer, elle a pu l'interpréter lors de son ultime spectacle, donné au Royal Albert Hall de Londres. Une soirée épique, alors que la dame avait quitté la loge où elle s'était étendue pour atténuer la douleur, un médecin à ses côtés, pour faire un pied de nez à la Faucheuse.

« Elle avait déjà un pied dans le monde où elle est partie, mais en même temps, elle était fatiguée d'être malade. C'est pour ça qu'elle a pu donner un spectacle de deux heures qui a été remarquable. Être au piano, avec sa voix, c'était une grande partie de sa vie intérieure », explique Martha Wainwright. Signe que la chanson est importante, c'est l'une des phrases qui la composent, Come Home To Mama, qui a donné son titre au nouvel album, disponible à compter du 16 octobre.

« Je l'ai enregistrée quelques mois après la mort de ma mère, à Montréal. C'est un temps où je tentais de la ramener, d'une certaine façon. J'avais chanté les yeux fermés et plus tard, lorsque je l'ai fait entendre à Yuka (Honda, productrice de l'album), elle m'a dit qu'il fallait l'inclure à la place d'une reprise de Kate, raconte Martha Wainwright. Peut-être que je la ferai en spectacle, aussi. Ça pourrait me faire tomber en larmes, mais j'accepte ça. »

Bohème et organique

Les lignes précédentes pourraient laisser croire que le nouveau disque est d'une tristesse insondable, du genre qui nécessite un exorcisme après coup. Cette impression est fausse, puisque de nombreuses pièces reflètent le désir de l'artiste de demeurer branchée sur son époque, tout en injectant une dose d'électricité dans ses compositions. L'une d'elles, I'm Sorry, illustre bien cette approche.

« Elle est un peu basée sur le punk à travers l'attitude, les grandes guitares électriques. C'est le genre de choses que j'aime », souligne Martha Wainwright. Une énergie semblable colore Radio Star, tandis que I Wanna Make An Arrest donne le goût de danser. Pour sûr, la participation de Yuka Honda, qui a dirigé les séances tenues dans la maison où elle vit avec son ex, Sean Lennon, ainsi que leurs conjoints respectifs, a pesé lourd dans l'équation.

« J'ai compris que l'album avait besoin d'une production centrée sur les claviers, de préférence au son alt-country qu'auraient donné les guitares. Je savais que Yuka trouverait les arrangements qu'il fallait. C'est une femme méticuleuse qui privilégie une approche organique », décrit la chanteuse.

Elle garde un bon souvenir des sessions tenues dans le salon, ainsi que dans l'un des garde-robes, où il lui est arrivé de faire des pistes vocales. Il y avait quelque chose de bohémien dans l'atmosphère, qu'elle compare à celle de la Factory d'Andy Warhol. C'est la nuit que les gens préféraient travailler, malgré la présence de quelques couples et d'autres résidants.

Quelques spectacles donneront vie à l'album cet automne, à Montréal et Québec. Une tournée des régions du Québec figure aussi dans les plans, ce qui pourrait inclure le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle est prévue pour l'été 2013, ce qui pourrait coïncider avec la sortie d'un album regroupant des reprises de chansons québécoises. « Il y aura du Offenbach et du Ariane Moffatt, entre autres. Ce sera la bande sonore de l'émission Trauma », précise Martha Wainwright.

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