48e Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Un bonheur pour les auteurs, le public et la directrice

Même si elle cumule les fonctions de directrice... ((Photo Mariane St-Gelais))

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Même si elle cumule les fonctions de directrice et de responsable de la programmation, Sylvie Marcoux envisage sereinement la tenue du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La 48e édition de cet événement, qui aura lieu dans le secteur Arvida à compter de jeudi, aura pour thème Une symphonie d'auteurs.

(Photo Mariane St-Gelais)

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(Chicoutimi) Même si le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean débutera dans cinq jours, au Centre des congrès, Delta Saguenay, celle qui en assume la direction tout en étant responsable de la programmation, Sylvie Marcoux, affiche une sérénité désarmante.

Oui, les semaines précédentes ont été riches en péripéties. Il y a toujours des fils à attacher, des dossiers à compléter d'urgence, sans parler de la conférence de presse qui, même en cette ère où tout un chacun sacrifie au culte des médias sociaux, demeure un outil de promotion important.

C'est justement après cette activité tenue mercredi, à la Bibliothèque municipale de Chicoutimi, que Sylvie Marcoux a rencontré le représentant de Progrès-Dimanche. Bien sûr, elle en a profité pour rappeler quelques faits essentiels, comme le retour des tables rondes, la présence d'invités prestigieux, ainsi que le succès du salon auprès des jeunes lecteurs.

S'agissant de ces derniers, ils vivront l'événement avant le grand public grâce à la programmation hors les murs. Celle-ci donnera lieu à 127 échanges entre auteurs et étudiants. De ce nombre, 99 se produiront au cours des deux prochaines journées, comparativement à 89 en 2011. « J'ai 16 auteurs jeunesse qui iront dans les écoles », précise la directrice.

Une autre initiative se concrétisera pendant le salon, soit jeudi et vendredi. À chaque jour, trois blocs de visites scolaires permettront à des jeunes de partout dans la région de visiter les kiosques, de prendre contact avec leurs auteurs favoris. La taille des groupes oscillera entre 800 et 1200 élèves.

Comme ils viendront entre 11 h et 13 h, leur présence aura le mérite d'animer un moment de la journée où ce serait trop tranquille. C'est l'un des moyens qu'a trouvé la direction pour maximiser le rendement des salles mises à sa disposition. « On ne peut pas voir plus de 21 000 visiteurs. Or, grâce au volet hors les murs, on en ajoute 10 000 », note Sylvie Marcoux.

Le plaisir de choisir

Tout naturellement, la conversation dévie vers la liste des invités. Avant d'être nommée directrice, il y a quatre ans, Sylvie Marcoux s'occupait de la programmation. Cette fonction lui plaisait tellement qu'elle n'a pas souhaité y renoncer. C'est trop agréable de convaincre un auteur réticent, de contourner la politique éditoriale d'une maison d'édition.

« Ce poste, c'est mon bonbon », confie la directrice. Parce qu'elle croit en un livre, par exemple, il lui arrive d'insister pour que son auteur vienne à Jonquière, même si maison entend privilégier des ouvrages plus récents. « Je ne peux pas croire que la vie d'un livre dure quatre mois », fait observer Sylvie Marcoux.

Pour appuyer son propos, citons le cas de Cocorico, de Pan Bouyoucas. Cette nouvelle était sortie depuis 11 mois quand son auteur a participé au salon. La directrice l'appréciait tellement qu'elle a prévalu sur sa maison d'édition. Il faut dire qu'en parallèle, elle avait multiplié les conversions, si bien qu'il est devenu un objet d'étude au Cégep de Chicoutimi.

Il y a d'autres moments, en revanche, où l'avis de l'éditeur est précieux. « Parfois, ça me permet de voir si l'auteur sera heureux de venir chez nous, de participer à des tables rondes, décrit Sylvie Marcoux. Il y en a qui ont juste une heure à faire, pour une séance de signatures, et qui se cachent derrière leur journal ».

C'est tout le contraire qui arrivera cette année, avec des gens comme Denise Bombardier, Patrick Sénécal et Georges Laraque. Rencontré au Salon du livre de l'Outaouais, où il faisait la promotion du livre La force de vivre, l'ex-hockeyeur lui est apparu « très accessible, très simple. » Idem pour Patrick Sénécal, qui parle de Jonquière comme de son salon favori.

« Les auteurs aiment venir chez nous parce qu'ils ne se sont pas vus depuis le mois de mai. Ils trouvent aussi que dans la région, les lecteurs n'ont pas peur de leur parler », fait valoir Sylvie Marcoux. L'autre dimension, moins connue du public, se rapporte aux rencontres sociales qui suivent la fermeture des portes.

C'est la convivialité des participants qui s'exprime en ces occasions, lorsqu'ils se retrouvent au bar de l'hôtel. « Ma soirée magique est celle du samedi. Je me couche à 3 h et ça ne me dérange pas, raconte la directrice. C'est le moment où les gens amènent leur guitare, où tout le monde essaie d'en jouer. Quand il est là, Stanley Péan sort aussi sa trompette. »

Des prix avec un suspense

On parlait de tables rondes, un peu plus tôt. Elles seront nombreuses et ratisseront large, comme en témoignent celles du jeudi et du samedi après-midi. La première, qui aura lieu à 16 h, a pour titre Écrire l'ailleurs et mobilisera les auteurs Frédérick Lavoie, Michel Jean et Camille Bouchard.

La seconde, elle, est prévue pour 13 h 45 et portera sur les best-sellers qui ont fait impression à la télé. Patrick Sénécal et Dominique Demers en discuteront avec Arlette Cousture, qui n'aura pas besoin de chercher longtemps pour trouver des cas pertinents.

Autre élément de curiosité: la discussion tenue dimanche à 13 h, au sujet du piratage électronique des livres. Martin Michaud et Antoine Tanguy feront le tour de cette question qui, pour une rare fois, fait bouillir le sang de Sylvie Marcoux.

Ses livres à elle n'ont pas été ciblés, mais une offensive menée l'an dernier, à partir de la France, a fait plusieurs victimes parmi ses collègues québécois, dont India Desjardins. « Je veux juste qu'on explique ce que perdent les auteurs avec ça. On se pensait protégés, mais des petits cracks, il y en a partout », fait remarquer la directrice.

Malgré cette mésaventure, cependant, elle estime que le livre se porte bien, ce qu'illustrera la remise des Prix littéraires 2012, jeudi à 19 h 30. Un élément de nouveauté a été introduit cette année, puisque les trois finalistes, dans chacune des sept catégories, ne sauront pas qui a gagné avant que les noms soient dévoilés sur la scène.

Ce sera le cas, entre autres, pour le Prix des lecteurs chapeauté par les journaux Progrès-Dimanche et Le Quotidien. C'est le seul qui n'est pas attribué par un jury, puisqu'on préfère consulter les lecteurs via l'Internet, en plus de compiler les ventes en librairie et les prêts effectués dans les bibliothèques de la région.

« Au total, 87 publications étaient admissibles. Nous avons reçu beaucoup de votes », se réjouit Sylvie Marcoux. Les candidats toujours en lice sont Jacqueline Lagacé, qui a écrit L'alimentation saine, ainsi que Marjolaine Bouchard, auteure d'Alexis le Trotteur. Le groupe est complété par Samuel Archibald, dont le roman Arvida connaît une carrière remarquable.

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