Jannick Deslauriers
En pénétrant dans la salle principale de Langage Plus, le public est plongé dans un jardin de fleurs suspendues. Il est invité à se déplacer à travers les pièces qui composent Ce qu'il reste de Jannick Deslauriers.
Confectionnées de tissus, de dentelles, de fils et de nylon, les dizaines de fleurs de pavot, toutes uniques, bougent au gré des mouvements des visiteurs. Ces derniers ont l'impression de se promener dans un jardin d'où émanent paix et légèreté.
Mais, à la manière d'un fantôme, le char d'assaut qui occupe le fond de la salle modifie l'interprétation de l'oeuvre. Deux symboles opposés se côtoient.
Tout blanc, le mastodonte est lui aussi construit de tissus et de fils noirs. Des fils qui en dessinent la structure et proposent des détails qui surprennent par leur nombre.
«Les fleurs de pavots représentent la beauté du monde. Le char d'assaut, le politique et son pouvoir de destruction, ainsi que le besoin de conquérir de l'humain», décrit Jocelyne Fortin, commissaire et directrice de Langage Plus. «C'est un char d'assaut qui a été abandonné et des fleurs ont poussé tout autour.»
L'installation propose à la fois beauté, légèreté et lourdeur du propos. «L'artiste souhaite susciter la réflexion avec grande délicatesse. Elle ne veut pas choquer, mais faire réfléchir d'une manière différente.»
Boran Richard
Le film d'animation Le Repas de Boran Richard inaugure la salle vidéo de Langage Plus. En 10 minutes, l'artiste pose un regard critique sur notre société de consommation.
Installé sur une chaise d'aisance, un homme mange d'abord une pomme. Puis son appétit grandit. Il défèque, afin de pouvoir continuer de consommer, jusqu'à ce qu'il soit lui-même enseveli sous ses excréments.
La vidéo provoque le dégoût, mais suscite aussi la réflexion.
Julien Boily, Yanik Potvin et Étienne Boulanger
L'artiste Julien Boily propose deux natures mortes contemporaines qui frappent par leur hyperréalisme. Obsèques montre des déchets abandonnés en bordure de la route. Un contenant de jus, une canette de bière et autres détritus cohabitent avec une carcasse de moufette morte. L'huile évoque à la fois l'importance de la consommation responsable et met en garde contre les dangers de la route.
AC/DC a pour sujet un adaptateur universel déposé dans une assiette remplie d'abeilles mortes. La pièce fait référence aux répercussions de la science et des avancées incessantes sur notre monde.
Yanik Potvin utilise des cadavres de marmottes qu'il moule pour réaliser son oeuvre. Dans 9x4 = 8192, il expose le corps de bêtes en céramique aux couleurs variées et des boîtes déposées au sol.
Étienne Boulanger s'intéresse aux risques. Dans Solution de continuité pour disparaître avec traces, l'artiste est suivi par une caméra qui fait du public le témoin de ses actions. Dans sa vidéoperformance, il tient le spectateur en haleine en posant des actions qui chaque fois, le mettent en danger. Ses performances traitent de déforestation et de l'impact de nos gestes sur la nature.
Mathieu Valade
À l'aide d'un grand rectangle de contre-plaqué troué, de lumières et de sons, Mathieu Valade transporte le visiteur dans ses souvenirs. Plongé dans la noirceur, celui-ci a l'impression de se trouver devant un ciel étoilé alors qu'il est devant une oeuvre figurative abstraite.
Camping Inside se concentre sur la beauté. Mais à l'aide d'un feu de camp et de quelques ordures, il rappelle aussi que nous campons pour nous trouver dans la nature, mais que nous y laissons les signes de notre venue.
Jean-Robert Drouillard
Trois sculptures de Jean-Robert Drouillard sont présentées à Langage Plus.
D'abord, L'ourson aux bras croisés qui disait: «Je suis là!» représente un enfant arborant une combinaison à panneau, caché derrière un masque d'ourson, qui semble contrarié. L'animal représente le toutou de son enfance à qui l'enfant confie ses secrets.
Dans le shade of grey de tes yeux suggère l'adolescence. Mains dans les poches, capuchon sur la tête, le personnage rappelle le repliement sur soi.
Finalement, Guy David Lemoyne personnifie à la fois la culture du hockey, l'enfance et les jeux d'hiver. Dans cette pièce aux couleurs du Canadien, l'artiste réfère à la fois à Guy Lafleur, Michel Ange et Serge Lemoyne.