(Chicoutimi) n quart de siècle à susciter les réactions, à surprendre, parfois même à provoquer. Un quart de siècle à faire la promotion des arts, à développer des partenariats, à créer des échanges. Un quart de siècle à entraîner la réflexion, à évoluer au fil des courants. Espace Virtuel célèbre son 25e anniversaire, mais ses racines elles, sont encore plus profondes. Car si les appellations passent au fil des ans, la mission, elle, demeure la même: diffuser les oeuvres d'artistes professionnels en art visuel actuel.
Espace Virtuel célèbre ses 25 ans en tant que centre d'artistes. Mais plus de 54 ans d'histoire se cachent derrière l'organisation installée dans les locaux du Cégep de Chicoutimi.
Espace Virtuel est un des plus anciens centres d'artistes au Canada dont la responsabilité est transmise d'une génération à une autre. L'organisme fondé en 1958 s'appelait à l'origine Le Cercle des arts de Saguenay. À l'époque, son mandat consistait déjà à soutenir les artistes et à diffuser leurs oeuvres. En 1966, l'organisation change son nom pour La Société des arts de Chicoutimi. En 1986, l'entité prend le nom d'Espace Virtuel et devient membre régulier du Regroupement des Centres d'Artistes Autogérés du Québec (RCAAQ).
«C'est un centre géré par et pour des artistes», explique Sébastien Harvey, directeur d'Espace Virtuel qui, chaque année, soutient quelque 20 artistes professionnels et organise une vingtaine d'activités.
Le centre évolue dans un milieu particulier.
«On bénéficie d'un contexte régional exceptionnel. Il y a sept organisations autour des arts actuels dans la région. C'est un bel écosystème qui fait qu'on se démarque au Québec. La province compte 70 centres d'artistes et il y en a cinq dans notre petit coin», s'étonne encore Sébastien Harvey.
Mais grâce à des mandats distincts, celui-ci assure qu'il y a de la place pour chacun.
La mission d'Espace Virtuel consiste à diffuser les oeuvres d'artistes professionnels en arts visuels actuels. Certaines expositions ont beaucoup fait parler. «Chaque expo est particulière, car chaque artiste est unique», estime Sébastien Harvey.
Pour remplir son mandat, l'équipe se fait un devoir de solliciter le public. Elle profite notamment de son emplacement. Effectivement, le centre se démarque par l'utilisation d'un corridor d'exposition dans le Cégep de Chicoutimi.
«On est la place étrange et merveilleuse du collège. On reçoit des visiteurs accidentels. Parfois, même les gens qui travaillent ici nous découvrent et redécouvrent. On tente de les inciter à entrer dans la salle. On fait un gros travail d'interaction avec les gens. On pense que la rencontre avec les arts contemporains se fait une personne à la fois.»
Mais atteindre le public constitue un défi de tous les jours. Sébastien Harvey confirme que beaucoup de préjugés demeurent. Le directeur du centre observe aussi une certaine gêne chez les visiteurs.
(La suite dans la version papier du Progrès-Dimanche)