Maternelle à quatre ans: les CPE y voient une menace

Directions CPESerge Boily trouve une certaine satisfaction dans... (Rene Bouchard)

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Directions CPESerge Boily trouve une certaine satisfaction dans les allocations de transition, «qui donne un sursis d’un an aux CPE», mais ça ne l’empêche pas d’être morose.

Rene Bouchard

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

L'augmentation du nombre de classes de maternelle quatre ans dans les écoles de la région fait mal aux services de garde publics, particulièrement aux centres de la petite enfance (CPE), nombreux à posséder leurs propres structures et programmes éducatifs destinés aux enfants de quatre et cinq ans.

En juin dernier, le ministre de la Famille du Québec, Sébastien Proulx, a annoncé la création de 100 nouvelles classes destinées à des enfants issus de milieux défavorisés. Elles s'ajoutent aux 86 existantes dans les 68 commissions scolaires de la province. Si, pour l'instant, il ne semble pas être question d'étendre le réseau en dehors des milieux moins bien nantis, le déploiement du programme est surveillé de très près par le Regroupement des CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Déjà aux prises avec la concurrence que lui livrent les garderies privées, vers lesquelles de plus en plus de parents se tournent en raison d'intéressants crédits d'impôt offerts par le gouvernement, les CPE et les services de garde en milieu familial s'inquiètent pour la survie des places destinées aux bambins de quatre ans. Déjà, ces places sont plus difficiles à combler que celles destinées à une clientèle plus jeune.

«C'est prouvé qu'en milieu défavorisé, les maternelles quatre ans sont bénéfiques et ont un impact positif sur la réussite des enfants. Mais on peut se questionner sur la volonté du gouvernement d'envoyer plus d'enfants de quatre ans à la maternelle. Nous, on dit qu'ils sont bien chez nous en service de garde. C'est un choix de société qu'il faudra faire», dit le président du RCPE, Serge Boily.

Actuellement, il y a, en moyenne, deux classes de maternelle quatre ans par commission scolaire. Serge Boily se demande si la place d'un jeune de cet âge est réellement à l'école.

«Quand l'école finit à 15h, l'enfant va aller au service de garde, où c'est un peu la jungle. Les commissions scolaires sont-elles prêtes à les accueillir? Nous, on a les outils de travail pour une transition vers la maternelle. On a du personnel formé et des programmes adaptés. Plusieurs de nos installations ont pratiquement des prématernelles à l'interne», pointe le président.

Dans le contexte actuel, le réseau public doit redoubler d'ardeur pour faire la promotion de son offre. Serge Boily rappelle que la mission première des CPE et des milieux familiaux en est une liée à l'éducation et non au marketing.

«C'est OK de parler du réseau et de démontrer ce que l'on fait, mais pas de là à déployer des stratégies promotionnelles. Notre prétention, c'est que pour les enfants de quatre ans, nous sommes tout à fait aptes», maintient le président, qui signale qu'environ 30 pour cent de la clientèle des milieux de garde publics, subventionnés par l'État, est formée d'enfants de quatre et cinq ans.

Prêts pour l'école?

Le président du réseau régional des CPE estime qu'il n'est pas souhaitable, pour un tout-petit, de se retrouver dans un milieu scolaire avant l'âge de cinq ans.

«Comment on fait pour savoir si un enfant est prêt pour aller à l'école? En général, il y a une vision très scolarisante et académique. Être prêt pour l'école, ce n'est pas connaître l'alphabet, savoir compter ou faire ses boucles. C'est une question de développement cognitif, de capacité d'être en relation avec les autres et d'autonomie et c'est ce qu'on développe dans notre réseau», conclut-il.

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