Un vent de panique chez les propriétaires

Le rapport final sur l'encadrement des chiens dangereux au Québec est... (123rf)

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Le Quotidien

Le rapport final sur l'encadrement des chiens dangereux au Québec est maintenant public. Le but premier de ce document de 44 pages est de prendre conscience du problème concernant le nombre de morsures au Québec qui s'élèvent à 164 000 annuellement pour plus d'un million de chiens.

Dans ce rapport, on retrouve un ramassis de statistiques, de faits, de constatations, d'études, de recommandations, de lois et d'exemples d'encadrement de chiens dangereux ailleurs au Canada ou dans d'autres pays. Après la lecture de ce document, on comprend qu'éventuellement, les propriétaires de chiens ayant des comportements problématiques devront payer cher. Après tout, se sont les propriétaires négligents qui sont la raison de ce document.

Mais comment mettre en application les scénarios étudiés? Difficile de trouver une formule aussi simple que la contravention émise lorsqu'un automobiliste enfreint la loi.

Sachant que le pitbull est dans la mire, on peut par contre se demander si la possibilité de bannir la race est encore envisageable par le comité de travail sur les chiens dangereux. Surtout lorsqu'ils en arrivent à cette conclusion: «La race est un mauvais indicateur de l'agressivité d'un animal en particulier, car il y a une grande variabilité de comportement entre les chiens d'une race ou les chiens issus de croisements avec une race donnée. Cette variabilité est liée à plusieurs facteurs dont la sélection génétique, la socialisation (en particulier en bas âge), l'entraînement, la santé de l'animal, son environnement et ses interactions avec ses propriétaires.»

De plus, le comité de travail sur les chiens dangereux revient à la case départ en proposant que l'ensemble des municipalités ait une réglementation municipale harmonisée sur la gestion animalière. Un fonctionnement déjà existant. «Malheureusement, leur application est très variable et souvent minimale à cause de diverses contraintes», peut-on lire au point 8.3.

Finalement, ce vent de panique risque de faire augmenter les abandons de chiens par des propriétaires qui doutent des comportements de leur chien, et qui n'ont pas les moyens d'investiguer. Donc, en plus d'encadrer les chiens dangereux, il faudrait prévoir un plan pour encadrer les propriétaires qui risquent d'avoir un chien problématique.

C'est pour cette raison de doute, relié à la méconnaissance, et pour évier un accident, que tant de gens abandonnent leur chien après la naissance d'un enfant.

www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/ministere/rapports/rapport-comite-chiens-dangereux.pdf

Les pires réflexions de propriétaires de chiens

Le comité de travail sur les chiens dangereux suggère, au point 9,4, de faire une campagne de sensibilisation.

Voici des réflexions possibles (et à éviter) de propriétaires de chiens, où il y a risque de blessures.

Un chien grogne après une personne.

Réponse du propriétaire : Il sent que tu es nerveux.

(Ce n'est pas à l'inconnu de gérer le chien, mais au propriétaire.)

Un chien montre les dents par inconfort.

R. : Il te fait un sourire.

(La deuxième étape du chien, pour se faire comprendre, sera la morsure.)

Un chien avertit un enfant en mordant l'air.

R. : C'est de la faute de l'enfant. Il bouge trop vite.

(Le propriétaire est responsable de son chien. Tout est de SA faute.)

Un chien saute sur la visite en jappant.

R. : Il veut juste jouer.

(La visite, avec ses pantalons blancs, n'a peut-être pas le goût de jouer et de faire grafigner le petit dernier dans le milieu de la face.)

Un chien court après les vélos.

R. : C'est dans son instinct. Sa race est faite comme ça.

(Un cycliste peut se blesser et vous en serez responsable.)

Un labrador mord une personne qui s'est approchée de son os.

R. : Je ne comprends pas. Les labradors ne sont pas censés être méchants.

(Ça s'appelle de la garde de nourriture. Tous les chiens peuvent en faire. C'est un problème mental qui se gère, mais ne se guérit pas.)

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