«Pas plus dangereux que n'importe quelle race»

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Simon Lajoie, Vanessa Robinson ainsi que leurs filles, Kellyann, 13 mois et Maély, quatre ans, posent ici avec leurs deux pitbulls, Chuck, un mâle de quatre mois, et de Taïga, une femelle pitbull de deux ans. Maverick Lajoie, leur neveu, a aussi pris part à la marche.

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Pour Vanessa Robinson et Simon Lajoie, un couple de Saint-Prime propriétaire de deux pitbulls, ces chiens ne sont pas plus dangereux ou agressifs que les autres s'ils sont bien dressés, si bien qu'ils n'hésitent pas à laisser dormir leur fille aînée avec un de leur pitbull.

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Les organisateurs du Défilé canin de Roberval, l'éleveuse Karianne Potvin-Roy ainsi qu'Éric Boily et Stéphanie Raymond, des Délices de Multi menu de Roberval

Photo courtoisie, Chantale Potvin

La jeune famille a pris part samedi en début d'après-midi au premier Défilé canin qui s'est déroulé à Roberval. La marche a rassemblé quelque 25 propriétaires de chiens.

Les propriétaires de Taïga, une femelle pitbull de deux ans, et de Chuck, un mâle de quatre mois, tenaient à prendre part à l'événement pour changer les perceptions envers les pitbulls, qui défraient les manchettes depuis quelques mois.

«J'ai toujours eu des chiens et les pitbulls ne sont pas plus dangereux que n'importe quelle race, exprime Vanessa Robinson. Il faut bien les éduquer et les dresser.»

Les deux pitbulls n'ont jamais montré de signe d'agressivité envers leurs deux enfants, Maély, quatre ans, et Kellyann, 13 mois, précise-t-elle. Maély dort même chaque soir avec «son» chien Taïga, qu'elle affectionne particulièrement.

«Ils s'entendent super bien avec les enfants. Nous les avons habitués jeunes à voir des gens et à rencontrer d'autres chiens. Si j'avais peur de mes chiens, je ne les laisserais pas avec mes enfants. Et je ne les laisse jamais seuls avec eux», explique-t-elle, en entrevue avec Le Progrès-Dimanche, pendant que la petite Maély s'amuse à côté à verser de l'eau sur Taïga, qui se laisse faire sans broncher.

Contre l'interdiction

Les marcheurs ont quitté le parc de la Pointe-Scott en début d'après-midi, avant de se diriger vers la mairie et de terminer leur parcours à l'église Notre-Dame.

Les chiens étaient tous en laisse et leurs propriétaires étaient arrivés une heure avant le début de la marche pour permettre aux chiens de sociabiliser. Lors de notre passage, les chiens étaient calmes, écoutaient leur maître au doigt et à l'oeil, et ne montraient aucune excitation ou agressivité.

On y retrouvait des chiens de toutes les races: dogues argentins, huskies, bullmastiff, mais aussi des chihuahuas et des poméraniens. Les propriétaires de chiens voulaient manifester par cette marche leur opposition à l'interdiction de certaines races de chiens et sensibiliser à l'importance de l'éducation des animaux.

«Il n'y a pas de mauvais chiens, il n'y a que de mauvais maîtres. Ce qu'il faut éliminer, ce sont les êtres humains négligents», a souligné l'instigatrice de l'événement, Karianne Potvin-Roy, une éleveuse de dogues argentins.

Elle a d'ailleurs souligné avoir échangé avec le maire de Roberval, Guy Larouche, qui lui a signifié qu'il n'était pas dans l'intention de la municipalité de bannir certaines races de chiens, mais plutôt de réglementer les chenils, ce qu'elle accueille favorablement.

Les propriétaires sur place ont rappelé l'importance de jumeler les bons chiens aux bons maîtres, de maintenir l'animal en santé

Contre la vente de chiens en animalerie

La vente de chiens en animalerie devrait être interdite pour éviter l'écoulement de chiots issus de croisements favorisant les comportements agressifs ou provenant d'usines à chiots.

C'est du moins ce qu'estime Linda Saint-Hilaire, directrice du Club canin canadien pour la province de Québec.

Questionnée à savoir s'il existe des races de chiens plus agressives que d'autres, ou si ces comportements ne sont que le résultat d'une mauvaise éducation des maîtres, elle répond que si la génétique peut avoir un impact, un bon éleveur pourra du moins faire les sélections appropriées pour atténuer ces comportements.

Elle rappelle que les races de chiens sont le résultat de nombreux croisements effectués par les humains dans le but d'obtenir un animal capable de réaliser certaines tâches. «Des races de chiens servaient à protéger, à diriger un troupeau ou à chasser», mentionne-t-elle.

Bien souvent, le meilleur ami de l'homme n'est plus sollicité de nos jours pour ses capacités de travail. Devenus animaux de compagnie, les chiens sont maintenant souvent choisis par leur maître pour la beauté de leur race.

«Oui, il peut y avoir un potentiel d'agressivité plus élevé chez certaines races développées il y a longtemps pour la protection ou le combat, mais tout ça peut se contrôler avec une bonne sélection des éleveurs, un environnement approprié et un entraînement adéquat», souligne-t-elle.

Comportements agressifs

Elle déplore en ce sens que des éleveurs amateurs, en procédant à certains croisements ou en n'étant pas assez sélectifs, favorisent les comportements agressifs de certaines races.

«Il ne faut pas nécessairement plusieurs générations pour en arriver là, précise Mme Saint-Hilaire. Ensuite, ces chiens sont revendus à gros prix, ou écoulés dans les animaleries. C'est aussi un lieu où les usines à chiots tentent de vendre leurs chiens.»

Un éleveur enregistré assure plutôt un souci de qualité, précise-t-elle, en sélectionnant ses croisements pour éviter certains comportements et certaines maladies, en faisant passer des tests de santé aux animaux, et en s'assurant aussi de la sélection... des maîtres.

«Les éleveurs consciencieux vont refuser de vendre un chien à quelqu'un dont le caractère ou le style de vie ne correspondra pas à la race.»

Éducation

L'éducation du chien par le maître a aussi un impact indéniable sur le comportement de l'animal, ajoute celle qui possède des chiens depuis 45 ans. Le maître a la responsabilité de tenir son animal en laisse dans les lieux publics, de prendre les précautions nécessaires en présence d'enfants et doit être sensible aux signaux envoyés par son compagnon.

«Le chien a un potentiel de morsure comme n'importe quel autre animal. Souvent, les maîtres ont de la difficulté à décoder ce qu'on appelle le langage canin. Avant de mordre, le chien va envoyer différents signaux», explique la présidente de l'organisme qui se consacre aussi à la sensibilisation du public.

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