Encore des découvertes

L'archéologue Noémie Plourde et la technicienne en archéologie... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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L'archéologue Noémie Plourde et la technicienne en archéologie Myriam Blais travaillent sur le nouveau site de fouilles qui a été ouvert cette année sur le Site de la Nouvelle-France, à Saint-Félix-d'Otis. Les archéologues croient que la structure de pierre découverte serait les vestiges d'une tente de sudation amérindienne, une structure plutôt rare.

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Un nouveau site archéologique est fouillé cet été au Site de la Nouvelle-France, à Saint-Félix-d'Otis. Les archéologues y ont découvert ce qui semble être une tente de sudation amérindienne, une structure plutôt rare.

Après 20 ans de fouilles, les lieux révèlent toujours de nouvelles découvertes au grand plaisir des archéologues qui y travaillent.

Le nouveau site de fouilles est situé de l'autre côté de la rivière à la Croix, accessible via un sentier aménagé qui prend son départ du site principal du lieu touristique, en bordure du Saguenay.

Cinq sites sont situés sur la grande terrasse qui attend les visiteurs au bout du sentier. Le nouveau site archéologique a été identifié lors de fouilles en damier, qui visaient à explorer le potentiel du secteur. De petits espaces de terrain sont alors sondés par les archéologues.

«La terrasse se draine très mal et pour des questions logistiques, nous n'étions pas sûrs d'ouvrir le secteur, explique sur place l'archéologue Noémie Plourde. Mais ce que nous avons trouvé est vraiment intéressant!»

Les fouilles se sont poursuivies, et un cercle partiel formé par des pierres a pris forme au fil des couches de sol explorées par les archéologues.

L'archéologue chargé de projet au Site de la Nouvelle-France, Érik Langevin, explique que cette structure semble être celle d'une aire de combustion d'une tente de sudation amérindienne. Elle ressemble aux tentes qui étaient montées par les Malécites.

«On peut comparer ces tentes à nos saunas, explique M. Langevin. De l'eau était versée sur des pierres chauffées pour produire de la vapeur. Ces tentes s'inscrivaient dans le cadre de certaines activités rituelles.» Quelques structures semblables seulement ont été identifiées dans la province.

Noémie Plourde est impatiente de faire progresser les fouilles qui ont été entamées au début du mois de juillet et qui se poursuivent entre les périodes d'animation du site touristique de l'ancien lieu de tournage des films film Robe noire et Shehaweh, au début des années 1990.

«Quand on progresse, on a l'impression de plonger dans un livre d'histoire», souligne-t-elle, les yeux brillants. On ne peut douter de sa passion pour son métier alors qu'elle nous montre la structure partiellement déterrée et les morceaux de quartz taillés, utilisés comme outils, pendant que la technicienne qui l'accompagne, Myriam Blais, tamise la terre prélevée pour s'assurer que chaque artefact du site soit récupéré.

La poursuite des fouilles et les analyses en laboratoire permettront de confirmer la nature de la structure, de la dater et de la comparer aux découvertes précédentes.

L'archéologue Noémie Plourde manipule le dispositif utilisé sur... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

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L'archéologue Noémie Plourde manipule le dispositif utilisé sur le Site de la Nouvelle-France pour faire de la photogrammétrie sur les sites archéologiques, une technique utilisée pour modéliser les découvertes des sites de fouilles en trois dimensions. 

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Des reconstitutions 3D

Les fouilles réalisées sur le Site de la Nouvelle-France sont minutieusement photographiées afin de reconstituer en trois dimensions les structures mises à nu par les archéologues. Une technique qui permet de conserver et de diffuser une image des sites fouillés, qui sont fermés une fois les travaux archéologiques complétés.

Les archéologues utilisent la photogrammétrie pour y arriver. Un appareil photo, installé au bout d'une perche, est dirigé à partir d'un téléphone intelligent pour prendre une série de photographies du site. Elles sont ensuite assemblées à l'aide d'un logiciel.

«Avant, on pouvait faire des plans pour conserver une image des sites et la montrer aux visiteurs, mais la photogrammétrie permet d'accumuler des données à des coûts qui ne sont pas si élevés, et de les utiliser pour faire des modélisations 3D, ou encore éventuellement d'aller vers de la réalité virtuelle, pour permettre aux gens de visiter les lieux et y ajouter des animations, par exemple. Les possibilités sont grandes», souligne l'archéologue Érik Langevin, chargé de projet au Site de la Nouvelle-France.

Cette technologie est utilisée depuis quelques années sur le site, et aussi sur d'autres sites de fouilles dans la région, grâce au travail de la firme de l'archéologue, Subarctique, et au Centre de géomatique du Québec, affilié au Cégep de Chicoutimi.

Défi d'intégration

Les responsables de sites touristiques ne savent toutefois pas encore comment présenter au public ces reconstitutions en trois dimensions. Les supports matériels, l'endroit où les disposer, leur fiabilité et leurs coûts sont autant d'éléments qui demeurent encore difficiles à évaluer.

«Il y a toute une logistique à déterminer pour les intégrer aux activités des sites touristiques, souligne M. Langevin. Et puisque c'est nouveau, les responsables se questionnent sur la façon d'intégrer ce produit dans les demandes de subvention.»

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