Une initiative saluée par un futur diacre

Jean Martel sera le seul diacre ordonné cette... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

Agrandir

Jean Martel sera le seul diacre ordonné cette année dans le Diocèse de Chicoutimi. Il est accompagné ici de sa conjointe, Chantale Girard, qui jouera un rôle important dans son diaconat.

Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le Jonquiérois Jean Martel, qui sera le seul diacre ordonné cette année dans le Diocèse de Chicoutimi, accueille positivement la commission d'étude sur le rôle des femmes diacres dans l'histoire nommée cette semaine par le pape François.

On ne peut nier selon lui l'importance et la contribution des femmes au sein de l'Église catholique, d'autant plus dans le diaconat, où elles sont appelées à s'impliquer aux côtés de leur mari.

M. Martel, agronome, sera ordonné diacre le 16 septembre à l'église Saint-Raphaël, en présence de sa conjointe, Chantale Girard. Ils partagent leur vie depuis plus de 20 ans.

Si c'est l'homme qui est ordonné diacre, le processus menant à l'ordination ne peut se dérouler sans l'accord et la participation de la femme. Elle doit suivre elle aussi une formation, et a son rôle à jouer une fois son conjoint ordonné diacre.

La conjointe doit même répondre «Oui» avant son mari lors de la cérémonie de l'ordination. Un symbole fort qui montre bien que le couple doit être aussi uni dans le diaconat que dans le mariage, et qui témoigne aussi du rôle important joué par la femme.

Le futur diacre accueille en ce sens positivement la commission nommée par le pape François. Plusieurs espèrent que cette commission mènera vers une démarche d'ouverture du diaconat aux femmes.

«Ce que je trouve intéressant, c'est que la question se pose, souligne celui qui fait partie de la communauté locale de la Croisée des chemins du Parvis de Jonquière. Ma femme, ça ne l'intéresse pas, mais je connais des femmes qui ont cet attrait-là. Si les femmes n'étaient pas là dans l'Église, on n'irait pas bien loin. C'est souffrant pour les femmes qui peuvent porter l'appel.»

Long processus

Pour Jean Martel et Chantale Girard, le processus vers le diaconat a commencé il y a cinq ans. En fait, ses premiers questionnements remontent au début de son adolescence, alors qu'il a exprimé le désir de devenir prêtre.

«Ma mère ne voulait rien savoir!, se souvient-il. J'ai alors écrit en cachette à l'évêque, Mgr Couture. Il m'a répondu premièrement d'écouter ma mère et m'a ensuite mis en contact avec des gens de la paroisse.»

Son cheminement s'est poursuivi au fil des ans, jusqu'à ce qu'il ait décidé, il y a quelques années, de s'inscrire au certificat en théologie à Chicoutimi, à l'Institut de formation théologique et pastorale.

Engagement du couple

Pendant que Jean Martel complétait son certificat sur cinq ans, Chantale Girard, qui oeuvre comme infirmière clinicienne, l'accompagnait lors de formations, au moins un dimanche par mois.

«Au début, je ne savais pas du tout dans quoi je m'embarquais. J'étais ouverte, mais c'était son appel à lui. Il a fallu que je travaille mon appel à moi aussi», exprime celle qui devra renouveler chaque année son accord, faute de quoi son conjoint devra quitter le diaconat.

Elle accueille elle aussi positivement la commission nommée par le pape. «Je suis contente, car les femmes sont très présentes dans l'Église, et un appel, qu'il soit chez un homme ou une femme, c'est un appel. C'est bien d'avoir des changements.»

Après l'ordination en septembre, le couple souhaite s'impliquer dans la communauté en faisant de l'accompagnement spirituel.

Sonia Côté, coordonnatrice de Loge m'entraide, aimerait être... (Photo courtoisie) - image 2.0

Agrandir

Sonia Côté, coordonnatrice de Loge m'entraide, aimerait être la première femme à accéder au diaconat dans la région, si les femmes y sont admises éventuellement dans la foulée de la commission d'étude nommée par le pape cette semaine. Elle se trouve ici dans son coin de prière aménagé chez elle. 

Photo courtoisie

Sonia Côté serait intéressée

Si les femmes accèdent éventuellement au diaconat dans la foulée de la commission d'étude nommée par le pape, Sonia Côté, la coordonnatrice de Loge m'entraide, aimerait être la première femme à devenir «diaconesse» dans la région.

Mme Côté ressent un appel à la vie religieuse depuis son adolescence. Celle qui entretient des liens avec des congrégations religieuses dans le cadre de son engagement communautaire prie chaque jour, et rédige aussi chaque semaine des textes spirituels.

«J'en ai rédigé une centaine jusqu'à maintenant, partage-t-elle, lors d'un entretien téléphonique. J'ai le goût de partager l'Évangile et de parler de la parole de Dieu. J'ai des aptitudes.»

Elle partage ses textes avec quelque-uns de ses amis, mais se réserve de les publier sur Facebook, où elle très active, pour éviter toute confusion avec son rôle de porte-parole de Loge m'entraide.

Mme Côté est consciente que le processus peut être passablement long avant que les femmes puissent devenir «diaconesses». Il s'agit du terme utilisé pour les femmes qui jouaient ce rôle, dans les premiers siècles de l'Église, précise-t-elle.

«Le diaconat permettrait aux femmes d'avoir d'autres responsabilités au sein de l'église alors qu'elles sont déjà très présentes», ajoute Mme Côté, qui a contacté Le Progrès-Dimanche pour exprimer son enthousiasme à la suite de la nomination de la commission.

Bien qu'elle aimerait pouvoir s'impliquer au sein de l'Église, elle souligne que le plus important, pour elle, avant les textes et les fonctions, est le partage des valeurs de l'Évangile par l'action. «Ce que tu es parle plus que ce que tu dis», partage-t-elle.

Les temps sont difficiles pour la relève vocationnelle

La relève vocationnelle est difficile au Diocèse de Chicoutimi, comme partout ailleurs dans la province.

Le Diocèse de Chicoutimi compte 115 prêtres, qui ne sont pas tous actifs, et dont la moyenne d'âge frôle les 70 ans. Le clergé compte aussi 44 diacres permanents.

Un candidat est actuellement en formation pour devenir prêtre au Grand Séminaire de Québec. Du côté des diacres, on compte trois candidats en formation, en plus de Jean Martel qui sera ordonné à l'automne.

La perte récente de l'abbé Gérald Linteau, le 6 juin, ainsi que des diacres Gaston Giroux, le 8 juin, et Rémi Morrier, le 28 juillet, rappelle les besoins criants du côté de la relève vocationnelle.

«C'est toujours plus criant du côté des prêtres, car ils ont des responsabilités supérieures et il ne peut y avoir d'Église sans prêtre. Le clergé vieillit de plus en plus», a souligné l'évêque de Chicoutimi, Mgr André Rivest, lors d'un entretien avec Le Progrès-Dimanche.

Le prestige relié à ces fonctions n'attirant plus de candidats de nos jours, ceux qui entendent l'appel de la vocation religieuse doivent avoir «un vécu de la foi qui est vivant», ce qui est plus difficile étant donné que les lieux de cultes sont peu fréquentés par les jeunes. La gestion des loisirs par l'Église permettait aussi autrefois de rejoindre plus facilement les jeunes, a-t-il ajouté.

Mgr Rivest accueille par ailleurs positivement la nomination d'une commission par le pape François sur l'étude du rôle des femmes diacres dans l'histoire de l'Église. «C'est très, très positif, et cela démontre l'ouverture du pape et de l'Église. Le pape François est un extraordinaire porte-parole pour l'Église et donne de l'espoir.»

Qu'est-ce qu'un diacre et le diaconat?

Le diaconat est le premier niveau du clergé et est le seul ordre de l'Église où on permet aux hommes d'être mariés. Les diacres peuvent prononcer le sermon à la messe, célébrer des baptêmes, des mariages et des funérailles.

Ils ne peuvent cependant dire la messe et célébrer l'eucharistie, ni administrer les sacrements du pardon (confession) ou l'Onction des malades. Le diaconat, un engagement bénévole, permet la poursuite des activités professionnelles à temps plein.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer