Une visite de l'Usine Alma

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Ici, on voit un employé manipulant un creuset servant à siphonner le métal en fusion dans les cuves à l'aide du tuyau qu'on voit à gauche. Ces creusets ont une capacité de 10 tonnes.

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Normand Boivin
Le Quotidien

CHRONIQUE / Difficile de concevoir qu'une personne le moindrement curieuse ne profite pas de l'offre de Rio Tinto Aluminium de visiter gratuitement l'Usine Alma.

Six fours au gaz d'une capacité de 100... (Photo courtoisie) - image 1.0

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Six fours au gaz d'une capacité de 100 tonnes équipent le centre de coulée. Ici, on en voit un porte ouverte, prêt à être chargé de métal présentant des imperfections qui sera refondu.

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C'est la réflexion que je me suis faite, mercredi, avant même de monter à bord du minibus venu nous cueillir au pavillon touristique d'Alma, en face de la Maison des bâtisseurs. Car l'introduction de 15 minutes, où notre guide nous explique le procédé de fabrication de l'aluminium, nous met en appétit. On a vraiment hâte d'aller voir de plus près ces salles de cuves, ce plan de pâte et ce centre de coulée, munis de casques, lunettes protectrices, gants et vareuse de RTA.

Quand on a passé sa vie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on pense qu'on connaît tout d'Alcan. C'est vrai qu'on en connaît un bout, mais on n'a rien vu.

Pour bien nous faire saisir l'ampleur de la tâche que représente la fabrication de l'aluminium, notre guide René Marchand fait faire à la navette son premier arrêt devant un bloc d'anode d'une tonne, une composante essentielle du procédé.

Il nous montre alors le silo et la citerne qui accueillent le coke et le brais qu'on mélange dans une immense tour pour produire une pâte que l'on fait cuire pendant une semaine dans un gigantesque four au gaz pour produire l'anode. Cette anode, alimentée par un courant positif qu'on plonge dans une soupe chimique dans laquelle on verse de l'alumine, développe tellement de chaleur lorsque se forme un arc électrique avec le fond de la cuve, que sa température monte à plus de 900 degrés Celsius. L'alumine se sépare alors de sa molécule d'oxygène et l'aluminium descend dans le fond de la cuve. Chacune prend 32 heures pour produire trois tonnes de métal gris.

Au bout de 28 jours, il faut remplacer l'anode qui a fini de se consumer et c'est là que les chiffres deviennent hallucinants. Il y a 40 anodes par cuves et il y a 432 cuves à Alma. Donc, l'usine bouffe 17 280 anodes par mois, qu'il faut remplacer à raison de 640 anodes par jour. Des anodes, je vous le rappelle, qu'on fabrique sur place et qu'il faut faire cuire pendant une semaine.

René Marchand a réussi à nous étourdir.

Je vous ferai grâce des autres chiffres, comme les 22 wagons d'alumine livrés chaque jour, René va tout vous raconter ça quand vous irez. Mais je veux quand même vous rappeler que ça prend deux tonnes d'alumine - produite en majorité à l'Usine Vaudreuil d'Arvida - pour faire une tonne d'aluminium et que l'Usine Alma en fabrique 465 000 par année.

Arrivés dans le coeur de l'usine, on est frappé par l'absence de travailleurs. Les dizaines de cuves sont alignées à l'infini. On ne voit pas le métal en fusion, car contrairement à l'époque des Sodërberg, les cuves sont fermées pour récupérer et éliminer les gaz émanant du procédé.

Au loin, on voit un opérateur au sol manipulant un pont roulant transportant un creuset servant à siphonner le métal. Même si nous restons près de la porte il fait chaud, le bruit est sourd, car on a des bouchons dans les oreilles, et sans qu'on s'en rende compte, on est entouré d'un puissant champ magnétique. C'est pour ça qu'il a fallu laisser nos téléphones, montres, cartes magnétiques, monnaie et clés de voiture à la maison du tourisme, et que les femmes enceintes et les personnes portant un stimulateur cardiaques ne peuvent faire la visite. René nous fait la démonstration de cette force invisible en nous donnant chacun une chaîne qui se met en boule ou se colle aux autres.

On rembarque dans le bus pour notre destination finale, le centre de coulée, une autre composante essentielle dans les usines de RTA. Six immenses fours chauffés au gaz naturel d'une capacité chacun de 100 tonnes y produisent notamment de l'aluminium à valeur ajouté en additionnant différents matériaux pour fabriquer des alliages, et répondre aux commandes spécifiques des clients.

Sur les 465 000 tonnes produites chaque année, 100 000 tonnes repartent sous forme liquide dans des creusets de 15 tonnes placés deux par deux sur de gros camions. Vous avez sûrement dû en voir se promener entre La Baie et Alma. Il sert à alimenter d'autres centres de coulée dans la région. Un autre 100 000 tonnes passe au laminoir et ressort en fil d'aluminium et le reste s'en va en lingots.

Sur cette photo aérienne, on distingue bien la... (Photo courtoisie) - image 2.0

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Sur cette photo aérienne, on distingue bien la plus haute tour au centre servant à fabriquer la pâte des anodes qui seront cuites pendant une semaine dans les immenses fours situés dans la bâtisse de gauche, entre la tour à pâte et les silos servant à l'entreposage de l'alumine et du coke. On voit également les convoyeurs qui acheminent ces matières premières vers le procédé. Les trois kilomètres de salles de cuves ont un dessus bleu. 

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Les visites ont repris il y a trois ans

Alcan a commencé à organiser ces visites il y a une quinzaine d'années. C'est réellement un privilège qu'ont les touristes et les résidants de la région puisque ça se fait nulle part ailleurs au Canada. Alcan avait choisi l'Usine Alma, car il s'agit de la plus moderne de la région. «Elle est moderne et représente bien l'industrie de l'aluminium avec ses salles de cuves, son plan de pâte et son centre de coulée», explique sa porte-parole Xuân-Lan Vu. Après une interruption, ces visites ont repris il y a trois ans. Le guide et le chauffeur sont payés par RTA qui a conclu une entente avec Tourisme Alma. RTA se réjouit de la réponse du public. L'an passé, 800 personnes ont fait la visite gratuite et cette année, le guide René Marchand affirme qu'on est en voie d'atteindre les 1000 visiteurs d'ici la fin de la saison le 19 août. Il y a deux visites par jour du lundi au vendredi à midi et 14h. On réserve auprès de Tourisme Alma.

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