Des cours d'autodéfense aux victimes d'agressions

Les travailleuses sociales Marie-Hélène Lavoie (derrière) et Mélanie... (Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay)

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Les travailleuses sociales Marie-Hélène Lavoie (derrière) et Mélanie Carrier (devant), toutes deux à l'emploi du CAVAC, ont permis à des femmes victimes d'agressions de suivre des cours d'autodéfense pendant huit semaines. Au centre, Patricia Duchesne de l'Académie martiale de Saguenay.

Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) du Saguenay a mis de l'avant un projet novateur pour permettre à des femmes qui ont subi une agression physique de développer des stratégies face au danger et de retrouver un sentiment de confiance et de sécurité.

Pour une première fois, des cours d'autodéfense ont été offerts à des victimes. Les résultats du programme de huit semaines mis en branle cet hiver sont si probants que les intervenantes à l'origine du projet souhaitent répéter l'expérience l'an prochain.

Une douzaine de femmes ont fréquenté le dojo de l'Académie martiale de Saguenay, où le propriétaire, Martin Vaillancourt, leur a fourni les outils nécessaires pour se défendre en cas d'agression. Mais le projet, mis de l'avant par les travailleuses sociales Marie-Hélène Lavoie et Mélanie Carrier, allait bien au-delà du volet physique.

«Il y a des limites à ce qu'on peut faire comme interventions dans nos bureaux. On ne peut pas travailler le corporel et souvent, pour une victime, c'est en replongeant dans l'événement traumatique qu'il est possible de développer le sentiment de pouvoir personnel et de diminuer la peur. Avec l'autodéfense, le corps et l'univers émotif travaillent ensemble», a expliqué Marie-Hélène Lavoie, au cours d'une entrevue. Les deux collègues ont participé à tous les cours. Elles étaient présentes en appui aux participantes, pour qui la reviviscence de certaines situations a provoqué beaucoup d'anxiété.

«La sécurité, c'est la première chose qui est ébranlée quand il y a un acte de violence. Pour les femmes qui ont suivi les cours, on a remarqué une diminution du sentiment de culpabilité, de peur et de honte lié à l'agression. Ça leur a démontré que c'est possible d'avoir le contrôle et de se sentir plus en confiance. Il y a une reprise de pouvoir et une fierté», note pour sa part Mélanie Carrier.

Les deux femmes croyaient dur comme fer en leur projet, qui a été mis de côté pendant un certain temps faute de budget. La direction du CAVAC a toutefois décidé d'aller de l'avant cette année, elle aussi convaincue de la pertinence de la démarche. Mélanie Carrier attire d'ailleurs l'attention sur le fait que de nombreuses études confirment les effets bénéfiques de l'autodéfense chez les victimes d'agressions physiques.

«Les femmes se disent : ''je vaux la peine de me défendre''. Au lieu de figer, elles vont réagir. C'est reprogrammer le corps à faire face à un danger potentiel au lieu de demeurer dans le schème de la peur», poursuit la travailleuse sociale. Les intervenantes ont noté des modifications physiques chez les participantes au fil des semaines.

«On a vu l'évolution de la capacité d'affirmation et les changements corporels étaient assez remarquables», dit Marie-Hélène Lavoie.

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