«Les régions meurent dans l'indifférence»

Le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie,... (Photo Le Progrès-dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie, croit que la centrale syndicale a les outils pour aider les régions du Québec à créer de nouveaux forums pour remplacer ceux qu'ils ont perdus avec la disparition des CRÉ, notamment.

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Normand Boivin
Le Quotidien

Les régions n'ont plus de voix pour se faire entendre au Québec. Elles meurent dans l'indifférence la plus totale parce qu'il n'y a plus d'organismes de concertation qui portent leurs revendications à l'échelle de la province.

«Il y a deux régions qui parlent au Québec: Québec et Montréal, parce que ce sont les deux seuls maires qu'on entend. Il y a bien Jean Tremblay de temps en temps, mais ce n'est pas pour les mêmes raisons», déplore le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie.

C'est pourquoi les 13 conseils centraux de la CSN, dont les congrès se déroulent à tour de rôle ce printemps, entendent prendre les choses en main en offrant le savoir-faire de la confédération pour structurer à nouveau les voix du Québec.

Car à travers la globalisation des marchés, qui ferme des entreprises et tire vers le bas les conditions de travail de celles qui restent, à laquelle s'ajoutent les nouveaux impératifs dictés par le discours écologique qui vient souvent des grandes villes, les régions ne se font plus entendre. On ignore leur façon de voir le développement durable et comment elles voient leur progrès économique.

«On leur a enlevé des outils de développement, mais personne ne prend leur défense. Prenez comme exemple le transport aérien. Le vol qui m'amenait au Saguenay mardi matin a été annulé et j'ai dû prendre l'avion à 14 h 30. J'ai raté tous mes rendez-vous. Comment voulez-vous transiger avec le monde sans transport efficace? Si vous avez une PME en soudure et que vous devez fabriquer d'urgence une pièce qui doit aller aux États-Unis, ça prend des avions pour la transporter. Dans les années 80, il y avait 11 vols à Bagotville. Mais aujourd'hui, les gouvernements fédéral et provincial ont cessé de subventionner le transport aérien. C'est ce que ça donne», a déploré le leader syndical devant les membres du Cercle de presse du Saguenay, ajoutant qu'il faut maintenant reconstruire nos structures socio-économiques.

Rappelant que le secteur manufacturier du Québec a perdu 160 000 emplois en 10 ans, Jean Lortie dit que les défis du Québec sont énormes, en raison du fait que beaucoup de données changent, comme le déclin, depuis 2014, de la population active des 15-64 ans.

Grande industrie

Le syndicaliste fait le constat que la grande industrie n'est plus le moteur économique qu'elle a déjà été dans les régions ressources, mais ne croit pas que les arguments de la globalisation des marchés, où les compagnies mettent les usines qu'elles détiennent à travers le monde en compétition, vont continuer longtemps à tenir la route pour justifier les reculs des travailleurs.

«À un moment donné, le manque de main-d'oeuvre qualifiée et l'instabilité politique de certains pays ne les rendent pas aptes à recevoir des investissements de la grande industrie», affirme-t-il. De l'autre côté, dit-il, il ne faut pas oublier que 80% des entreprises embauchent moins de 20 personnes, ce qui fait des PME un acteur important du développement économique, même si l'annonce d'investissements de 300 millions de dollars reste toujours plus spectaculaire que plusieurs PME qui créent sept ou huit emplois.

Après les deux années d'austérité imposées par le nouveau gouvernement de Philippe Couillard, lesquelles ont mené à plusieurs marches de protestation de la part du monde syndical, Jean Lortie espère que les libéraux vont travailler à respecter leur promesse de créer 250 000 emplois pendant leur mandat.

Pour l'instant, l'air frais arrive d'Ottawa où l'élection de Justin Trudeau ravit encore les Canadiens et les Québécois. Assouplissements de l'assurance-emploi et plan d'investissements dans les infrastructures marquent un virage à 180 degrés avec l'ère Harper qui, selon M. Lortie, a quand même laissé des cicatrices qui mettront du temps à se résorber.

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