La traversée des Everglades, nouvelle aventure pour André-François Bourbeau

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André-François Bourbeau et James Deraps ont été les premiers au monde à traverser les Everglades en voilier.

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Pendant 11 jours en février, sans mettre pied à terre, André-François Bourbeau et James Deraps ont navigué dans des bateaux à voiles au travers des Everglades en Floride, ces marécages éternels.

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La rivière «Nightmare» est un plan d'eau stagnant, nauséabond, d'une longueur de 16 kilomètres. Elle est navigable seulement lorsque la marée est haute, c'est-à-dire environ six heures par jour. Les deux hommes ont dû utiliser une petite hache pour se frayer un passage à plusieurs reprises.

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À l'aide d'une petite hache pour couper les branches, de pagaies et de beaucoup de patience, les deux aventuriers disent avoir été les premiers au monde à réaliser cette expédition en voilier.

Les embarcations utilisées ont été créées et construites de A à Z par M. Bourbeau, ancien professeur de plein air à l'UQAC. Composées de planches de contreplaqué de quatre pieds par huit, elles ont servi de bateau, de tente et d'entreposage pendant la durée du voyage. L'eau, les vêtements, la nourriture et les instruments de navigation y étaient tous bien rangés.

C'était la première fois que les deux aventuriers partaient en expédition hors du Québec avec les bateaux, Godenufet Gorfnik. Il y a quelques mois, André-François Bourbeau avait navigué sur le Saguenay entre Chicoutimi et L'Anse-Saint-Jean afin de tester son embarcation.

«On est parti 14 jours à Harris Chains of Lakes, près d'Orlando, avec un troisième ami tout juste avant de traverser les Everglades. C'est une suite de lacs reliés par des rivières. L'expédition s'est déroulée en deux phases et cette première partie m'a aidé à apprivoiser le voilier. C'était la première fois que je l'utilisais!», explique James Deraps, enseignant en publicité au Cégep de Jonquière.

Il mentionne que son embarcation a été construite en seulement sept jours, et que la première partie du voyage lui a permis d'avoir confiance en Godenuf.

M. Bourbeau ajoute que les personnes qu'ils croisaient leur demandaient comment ils faisaient pour naviguer dans les Everglades. Selon lui, tous étaient intrigués par les embarcations.

«On a vécu une expérience extraordinaire. C'est la première fois dans l'histoire qu'un voilier traverse le plan intérieur des Everglades, au complet, par la voie intérieure, incluant le passage nommé ''Nightmare'', le ''cauchemar'' en anglais. C'est une toute petite rivière, dans laquelle il n'y a presque pas d'eau», mentionne-t-il.

Les aventuriers ont traversé 160 kilomètres de petites rivières, de lacs et de cours d'eau. Ils ont dû faire des détours, car la marée inonde les terres chaque fois qu'elle monte et elle les laisse souvent asséchées dès qu'elle se retire. Ils ont d'ailleurs beaucoup d'anecdotes à ce sujet.

«Une fois, dans le ''Nightmare'', lorsque nous nous sommes arrêtés pour la nuit, on flottait sur six pieds d'eau. Lorsque je me suis réveillé, j'ai réalisé que j'étais enfoncé dans la glaise. Toute l'eau était partie!», raconte James Deraps.

Il ajoute qu'ils ont dû attendre une heure après s'être levés pour attendre que la marée soit assez haute avant de partir de leur campement et trois heures pour finalement s'extirper de leur point d'ancrage.

«C'est probablement un des seuls endroits où on peut partir pendant deux semaines sans rencontrer trop de gens et être dans un endroit sauvage. On est des explorateurs et il n'y a pas vraiment d'autres places où on peut faire ça sans rencontrer des bateaux à moteur», estime M. Bourbeau, qui a adoré son expérience, malgré les nombreux moustiques, la pluie et les heures passées à pagayer lorsqu'il n'y avait pas de vent.

Plusieurs autres projets

Ce n'est pas la fin pour les embarcations Gorfnik et Godenuf. En effet, André-François Bourbeau et James Deraps comptent profiter des lacs et des rivières de la région et d'ailleurs pour les essayer à nouveau.

«Le prochain voyage, ça va être dans le Maine, où il y a un petit réseau de lacs et de pêche au saumon. On pense aussi aller faire la rivière Péribonka. Ces bateaux peuvent traverser les rapides et en plus, ils se pagaient comme un canot, alors on peut aller à des endroits où on ne pourrait pas avec des voiliers normaux. Je suis également en train de penser à un nouveau modèle qui permettrait de passer les portages!», mentionne M. Bourbeau.

«Quand on a la chance d'être retraité ou en sabbatique, on peut se le permettre», conclut M. Deraps.

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Fondateur du Laboratoire d'expertise et de recherche en plein air de l'UQAC en 1998, André-François Bourbeau n'en est pas à ses premières aventures. Voici un aperçu de quelques-unes:

1984: Le spécialiste de la gestion des risques en forêt a passé 31 jours sans vivres ni équipements en pleine nature avec son acolyte de l'époque, Jacques Montminy. L'expérience, largement médiatisée sous le nom de «Surviethon», a été le sujet d'un livre réédité en 2011 et a établi un record Guinness. M. Bourbeau a marqué l'imaginaire de bien des gens comme l'homme qui a survécu en mangeant de la viande d'écureuil durant un mois et en se fabriquant des montures de lunettes de fortune après avoir échappé à un incendie.

1988: L'auteur de plusieurs ouvrages de référence a aussi mené une expédition de 40 jours en canot d'écorce de bouleau fabriqué artisanalement. Parmi les techniques de survie qu'il a développées, on compte notamment la couverture de quenouilles et le tire-bûche.

2008: Avec ses étudiants du baccalauréat en plein air et tourisme d'aventure, André-François Bourbeau a recréé un chantier de bûcherons comme ceux ouverts par Sir William Price dans la région... près d'un siècle plus tôt!

2013: Le passionné a passé 11 jours avec son compagnon de fortune Billy Rioux sur le territoire de la Baie-James en naviguant dans des canots d'écorce d'épinette qu'ils avaient eux-mêmes fabriqués. Cette technique amérindienne est pratiquement disparue en Amérique du Nord.

2015: M. Bourbeau et son ami Michel Martineau ont surpris les policiers de Saguenay l'hiver dernier, alors que ceux-ci se sont dépêchés à La Baie pour «sauver» les occupants d'un voilier qui avait chaviré près de l'Anse-à-Benjamin. Cette opération n'était qu'une partie de plaisir pour les deux aventuriers qui avaient la situation bien en main.

Dominique Gobeil

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