Un partage avec des réfugiés syriens

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Le Quotidien

CHRONIQUE ÉGLISE / Ce dimanche était l'une de ces journées de froid extrême que février nous a donné d'affronter cette année.

Une famille de réfugiés syriens, arrivée quelques jours plus tôt, vient participer à la messe en compagnie du couple qui la parraine.

Après la célébration, nos invités se joignent aux capucins pour partager le repas. Ils ne parlent pas français, ils ne connaissent pas encore les mets qui leur sont servis. Ils sourient, écoutent, cherchent à comprendre ce qu'on dit. Ils sont en mode « découverte ». En plus de subir le climat rigoureux et apprendre à marcher dans la neige abondante que jusqu'à maintenant, ils n'avaient jamais vue.

Le premier moment de communion : celui d'être réunis dans une foi commune. Réunis autour de la Parole de Dieu, partageant le même Pain, nous les avons chaleureusement accueillis. Même s'ils ne pouvaient comprendre ce que l'on disait d'eux, de leur histoire et des raisons de leur immigration sur cette terre enneigée et étrangère, ils se sont sentis accueillis. Leurs yeux et leurs sourires compensaient leur incapacité de dire ce qui habitait leurs coeurs.

Le décor qui exprimait la liturgie de ce premier dimanche du carême s'y prêtait bien : un désert de sable et de montagnes ressemblant au désert de Syrie avec quelques arbustes séchés et un peu de verdure. Le texte du Deutéronome faisait un réel écho à leur vécu : Mon Père était un Araméen nomade. Il descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté... Nous avons crié vers le Seigneur... Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l'oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte...

Nous savons tous ce que le peuple syrien traverse actuellement, victime de cette guerre civile. De nombreux morts, des centaines de milliers de victimes, des familles décimées et forcées à s'exiler. Il en est de même pour d'autres peuples du Proche et Moyen-Orient.

Après la célébration, un autre moment de communion et cette fois, autour de notre table fraternelle. Chacun des frères s'intéressait à nos invités, voyant à combler un besoin, allant au-devant d'eux pour leur offrir une délicatesse supplémentaire. Même que tôt le matin, faisant part de cette visite à nos amis Guy et Angie, qui viennent régulièrement prier avec nous le dimanche matin, Guy dit : « j'ai justement des pâtisseries syriennes dans ma voiture, je vous les laisse pour eux ». Surpris, nous sommes convaincus que cela ne relève pas de la coïncidence... À la fin du repas, on leur sert ces desserts qu'ils connaissent bien et frère Michel offre aussi du chocolat aux enfants.

Le pape François a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle « accueille qui est forcé de fuir son pays à cause de conflits ou de persécutions... De religions variées, des millions de familles trouvent refuge dans de multiples pays... Soyons leurs proches, allégeons leurs souffrances et partageons leurs problèmes... Souvenons nous que Jésus fut un réfugié. Pour lui sauver la vie, Joseph et Marie se réfugièrent en Égypte».

Frère France Salesse, capucin, recteur Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette

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