300 000$ pour transformer le cinéma Jonquière

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Environ 300 000$ seront investis à Jonquière, où les cinéphiles pourront boire et manger en regardant un film d'action ou de répertoire.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Pas question de servir de la piquette ou de la nourriture bas de gamme aux cinéphiles qui fréquenteront le tout nouveau Cinéma Apéro de Jonquière. Ciné Entreprise, propriétaire du complexe de la rue Saint-Dominique, entend miser sur la qualité pour sa nouvelle formule, laquelle permettra aux clients de boire un verre d'alcool et de manger en visionnant un film.

Il y a quelques semaines, le président de Ciné Entreprise, Raffaele Papalia, a confirmé l'intention de sa compagnie d'investir plusieurs centaines de milliers de dollars pour rénover le cinéma jonquiérois. Loin d'être un coup de tête, l'idée a été réfléchie et mijotée par les stratèges de Ciné Entreprise pendant trois ou quatre ans. Le grand patron de la compagnie, qui détient aussi le cinéma Odyssée de Chicoutimi, voulait être certain de la viabilité et de la rentabilité du projet avant de se lancer. Études de marché et sondages sous le bras, Raffaele Papalia a finalement frappé à la porte de la Régie des alcools et des jeux du Québec pour lui demander un permis. Les travaux sont en cours et dans environ cinq semaines, les Jonquiérois pourront donc découvrir un concept unique, qui emballe en tous points la direction. Ce sera une première au Québec pour Papalia, dont l'empire règne sur les régions la Belle Province. Il croit fermement que le concept fera mouche et que Jonquière fera office de précédent.

«Toute l'industrie nous regarde», dit-il.

Le géant de l'industrie du cinéma (au sens propre comme figuré - l'homme fait environ 6 pieds 5 pouces) a accordé une entrevue au Progrès-Dimanche cette semaine dans le but de discuter de ses ambitions pour la région. Il a confié avoir scruté le marché jonquiérois à la loupe pour mieux le comprendre. Lui et son directeur des opérations, Sébastien Auger, y ont constaté un phénomène qui n'existe nulle part ailleurs. À Jonquière, les mordus de grosses productions et de films d'action sont pratiquement égaux, en nombre, aux clients dits plus «branchés», qui affectionnent l'opéra, les films d'auteurs et de répertoire. C'est un peu ce qui a convaincu Ciné Entreprise de passer de l'ambre au vert, métaphoriquement parlant, et de délier les cordons de sa bourse.

L'opéra populaire

«Jonquière, c'est une des meilleures salles au Québec pour l'opéra, tous exploitants confondus. Je ne me casse plus la tête pour essayer de comprendre pourquoi. C'est un phénomène», dit le président. Raffaele Papalia assure que les rafraîchissements et le menu offerts à Jonquière tiendront compte des goûts de la clientèle. D'ailleurs, les fournisseurs ont défilé dans les bureaux de Ciné Entreprise cette semaine pour faire goûter de la pizza, des bâtonnets de fromage, des calmars frits et des ailes de poulet aux employés du siège social. Le choix des bouchées qui se tailleront une place sur le menu du Cinéma Apéro a été soumis à leur veto. Sébastien Auger insiste sur le fait que le concept alimentaire sera évolutif, selon les envies et l'humeur des clients. L'objectif avoué est de faire vivre une expérience mémorable aux cinéphiles et, du coup, les fidéliser.

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Le président de Ciné Entreprise, Raffaele Papalia.

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Pour adultes seulement

Les moins de 18 ans n'auront plus leur place au Cinéma Apéro. Ciné Entreprise a pris le pari de réserver l'établissement aux adultes.

«On a tout regardé et tout évalué. On sait que les jeunes n'auront pas de difficulté à faire le trajet de 15 minutes pour aller voir un film à Chicoutimi. Les deux cinémas vont être gagnants. Les risques sont calculés et le plan d'affaires est solide», croit-il. Le prix du billet d'admission connaîtra une légère hausse à Jonquière, mais il n'est pas possible de la chiffrer pour l'instant.

Les badauds qui fréquentent le centre-ville de Jonquière pourront apercevoir Papalia et son bras droit, Sébastien Auger, sur la Saint-Do à quelques reprises d'ici à l'ouverture de Cinéma Apéro. C'est que les deux hommes veulent tout superviser, de l'installation des sièges (les plus larges et confortables du circuit, assurent-ils) à la dernière couche de peinture. Les deux salles de projection seront complètement rénovées.

«On veut être sur le terrain lors de l'ouverture pour recueillir les commentaires des gens. On ne tournera pas les coins ronds et on veut que le client soit satisfait et qu'il veuille revenir», renchérit celui qui porte aussi le chapeau de président de l'Association canadienne des exploitants de salles de cinéma.

Emballée

Raffaele Papalia a rencontré des représentants de la Ville pour obtenir les permis nécessaires à la réalisation de son projet, qu'il chiffre à environ 300 000$. Il salue l'ouverture des porte-étendards municipaux.

«La Ville a été emballée par le projet et les gens ont été très accommodants. Ils sont très conscients que ça va apporter un nouveau souffle au centre-ville et que ça cadre très bien avec la revitalisation qui est en cours depuis quelques années», met-il en relief.

Pas d'annonce avant la reprise

Les cinéphiles de Chicoutimi devront faire preuve de patience avant de voir les investissements promis par Ciné Entreprise se réaliser. Le projet de 16 millions$ visant la construction d'un tout nouveau complexe de 10 salles ne se réalisera pas avant la reprise économique.

«Ça fait 10 ans qu'aucun cinéma n'a ouvert au Québec. Quand l'économie ira mieux, on pourra faire une annonce», dit Raffaele Papalia. Une chose est sûre, le projet est ficelé et ne reste plus qu'à apposer la griffe des représentants de Ciné Entreprise et de Place du Royaume au bas du bail de location qui officialisera la nouvelle demeure du complexe, sur un terrain situé derrière le centre commercial. Là-dessus, Raffaele Papalia ne laisse planer aucun doute: «avec Place du Royaume, je suis en Cadillac et je vais rester là».

L'une des raisons pour lesquelles Papalia ne veut pas déménager ses pénates ailleurs est la présence d'un vaste stationnement gratuit, ce qui est loin d'être l'apanage de toutes les salles du Québec. Il sonne ainsi le glas aux espoirs du maire de Saguenay, qui a fait part de son désir de voir un cinéma s'implanter au centre-ville de Chicoutimi lors d'un discours prononcé dans le cadre du gala reconnaissance CVS organisé par Promotion Saguenay en février dernier.

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