Amenez-nous de l'eau au chalet

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La demande d'annexion a été initiée par les quelque 80 villégiateurs du chemin de la Pointe-aux-Trembles et des domaines des Marais et du Norois, située à l'entrée de Chambord.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / La madame de la Coop de Chambord me voit arriver à la caisse de l'épicerie-quincaillerie, il y a quelques semaines alors que le soleil a bien voulu se pointer le nez sur l'immense glacier que devient le lac Saint-Jean dans nos trop longs hivers.

«Tiens bonjour, me dit-elle, c'est le beau temps qui vous amène. Pour nous c'est un signe du printemps quand on voit arriver les gens de chalet à l'épicerie la fin de semaine», me dit-elle.

Ma très chère dame, on viendrait plus souvent les fins de semaine pendant l'hiver si nous avions de l'eau. C'est bien sympathique de faire fondre la neige pour remplir le réservoir de la toilette ou pour prendre un bain, mais c'est un travail à temps plein. Si nous avions de l'eau à l'année, à notre chalet de la pointe de Chambord, on viendrait non seulement plus souvent les fins de semaine, mais on s'organiserait pour passer le temps des Fêtes sur le bord du lac et on ferait notre épicerie dans votre commerce en plus de faire quelques emplettes à Roberval.

J'ai des voisins qui ont investi dans une pierre de gélinite pour puiser de l'eau dans le lac en creusant, sous la gelée, une tranchée de plusieurs centaines de pieds dans le lac pour avoir de l'eau à longueur d'année. Le tout pour une dizaine de milliers de dollars pour une durée de vie d'environ dix ans, mais ce n'est pas de l'eau potable. J'ai un voisin qui a investi plus de 30 000$ pour installer un système de traitement des eaux afin d'avoir de l'eau potable à l'année dans sa résidence au bord du lac. Il y a une centaine de chalets autour du lac Saint-Jean qui doivent composer avec le fait que leur résidence n'est pas alimentée en eau. Nous sommes en 2016 et il y a encore des résidants qui possèdent des maisons et des chalets qui valent plus de 150 000$, qui payent plus de 2000$ de taxes par année et qui n'ont pas d'eau potable.

La municipalité de Desbiens a tendu la main à Chambord ces derniers mois, même si elle poursuit ses démarches d'annexion, pour améliorer le sort d'une centaine de riverains du chemin de la Pointe-aux-Trembles et des domaines des Marais et du Norois, pour aménager des installations septiques et amener l'eau par un réseau d'aqueduc. Roberval a de bonnes réserves en eau qui pourraient alimenter les riverains de Chambord, mais on n'arrive pas à trouver l'élan de solidarité nécessaire pour faire émerger ces projets.

Je me dis pourtant qu'avec le premier ministre du Québec qui réside dans le secteur, il y a une belle fenêtre pour élaborer un tel projet. En permettant aux villégiateurs autour du lac d'améliorer leur sort, c'est une façon d'inverser le phénomène de dévitalisation des villages en augmentant la valeur des propriétés et en favorisant une plus importante utilisation de leur habitation à longueur d'année.

Le Club de golf de Saint-Prime annonçait récemment la vente de 18 terrains au bord du lac et le long du terrain de golf. Un projet d'une trentaine de maisons avec la collaboration de la municipalité de Saint-Prime. Le maire Lucien Boivin a associé son village à ce projet en assurant les services d'eau, d'aqueduc et d'éclairage. Voilà un projet super intéressant pour tout le monde. Le club de golf va retrouver son équilibre financier, la municipalité va percevoir 30 comptes de taxes supplémentaires (au moins 60 000$ par année) et d'heureux propriétaires auront la chance d'habiter dans un environnement unique avec un terrain de golf dans sa cour et un des plus beaux lacs de villégiature au Canada.

Avec des services d'eau et d'égout, les villages risquent d'attirer plus que des résidants saisonniers ou de simples visiteurs de fin de semaine qui vont à leur chalet pour pêcher la ouananiche et le doré.

Les élus de Chambord ont intérêt à garder leur esprit ouvert face au développement de leur municipalité et de regarder vers des solutions au lieu de s'isoler et de retarder pour de nombreuses années le développement de notre territoire.

En pensant au développement, la dame de la Coop Chambord risque de voir de plus en plus souvent et à longueur d'année, les gens de chalet, comme elle les appelle.

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