Projet de protection du caribou forestier

Un chasseur sans route d'accès

Dominic Gobeil devra développer un nouveau secteur de... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Dominic Gobeil devra développer un nouveau secteur de chasse puisque son territoire n'est plus accessible en véhicule tout terrain. La route forestière pour accéder à son site de chasse a été démolie dans le cadre d,un projet expérimental sur el caribou forestier.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

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Le Baieriverain Dominic Gobeil travaille depuis maintenant dix ans au développement de son secteur de chasse à l'orignal dans la région du lac de la Croix, au nord de Sacré-Coeur. Il risque de devoir trouver un autre endroit depuis que les Innus d'Essipit ont procédé à la fermeture de la route forestière qui lui permettait d'accéder à son abri de fortune (cache).

Pendant la saison estivale, Dominic Gobeil s'est rendu à deux reprises dans son territoire de chasse pour déposer les blocs de sel et évaluer la présence d'orignaux. Au cours de ces deux visites, il n'a jamais rencontré de représentant du ministère des Forêts ou de la bande amérindienne d'Essipit.

«J'ai moi-même constaté que je ne pouvais plus me rendre sur mon territoire lorsque je suis allé en forêt pour l'ouverture de la période de chasse à l'arbalète. Nous avons trouvé des enseignes avec un caribou et il n'y avait plus de route. Ils ont utilisé une pelle mécanique pour démolir la structure de la route forestière que nous utilisions», explique le chasseur, qui n'a pas apprécié qu'on le prive de la route d'accès à son territoire sans que personne ne l'informe.

Dominic Gobeil a été dans l'obligation de faire ses propres démarches auprès de connaissances pour découvrir les responsables de ces travaux qui lui ont occasionné des problèmes et qui l'ont obligé à changer ses plans pour la chasse. Il a finalement été informé que la communauté d'Essipit réalisait en ce moment des projets qui consistaient à fermer des routes forestières pour limiter l'accès à certaines zones.

L'an dernier, les responsables du projet ont placé des pierres géantes pour limiter l'accès aux routes forestières, mais les chasseurs et pêcheurs pouvaient malgré tout contourner les pierres pour se rendre sur les sites en véhicule tout-terrain. «Il est impensable de circuler en véhicule tout-terrain sur ce qu'il reste des routes forestières. Ils ont vraiment tout démantelé la structure de la route avec une pelle mécanique. Il n'y a plus de sentier.»

Le chasseur a aussi mis la main sur le dépliant Le Caribou des bois, faites partie de la solution, pas du problème. Le dépliant identifie des activités qui ont un impact négatif sur le caribou forestier. On y fait mention de la villégiature illégale et le squattage. Dans le cas de Dominic Gobeil, il s'agit de l'occupation d'un secteur avec une cache pour la chasse à l'orignal qu'il visite quelques fois pendant l'été et pendant la chasse l'automne.

«Ils auraient pu faire une intervention pour empêcher les camionnettes de circuler dans le secteur sans nécessairement faire disparaître la route. Dans notre cas, le message est très explicite de la part de ceux qui ont fait ce travail. Ils ont fait des travaux d'excavation de la route sur une distance de six kilomètres. Ils ont dépassé notre cache de 200 mètres. Ça veut dire qu'on ne veut plus nous voir dans le secteur. Quand je suis arrivé à ma cache, la porte était grande ouverte. Elle ne s'est pas ouverte comme ça», reprend Dominic Gobeil, qui entend bien tenter de conserver son coin de chasse.

Généralement, le ministère des Ressources naturelles placarde des lettres officielles du gouvernement du Québec sur les abris ou occupations illégales quand il veut entrer en communication avec le propriétaire des lieux. Dans le présent cas, aucun signe de visite n'a été laissé sur la cache.

En plus de la disparition de la route forestière, des individus ont pris le temps de faire disparaître toutes les pancartes installées par le chasseur baieriverain pour indiquer que le territoire était occupé pendant la période de la chasse à l'orignal.

Dominic Gobeil sait qu'on ne lui interdit pas son secteur de chasse. Par contre, il souligne qu'il n'est pas simple de franchir une aussi longue distance à pied pour se rendre à la chasse et, surtout, de ramener des quartiers d'orignaux qui pèsent plusieurs dizaines de kilogrammes sans un véhicule tout-terrain.

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