Sonia Côté allie engagement et piété

La ténacité de Sonia Côté est bien connue... (- Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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La ténacité de Sonia Côté est bien connue des journalistes et aussi du maire de Saguenay, Jean Tremblay. La coordonatrice de Loge m'entraide et un groupe de militants ont pris d'assaut l'hôtel de ville en 2012 pour y tenir un "sit-in". "Ça m'a donné quelques cheveux blancs", reconnait la principale intéressée avec humour.

- Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

L'image est forte, mais elle est manifeste. Sonia Côté est une religieuse prise dans le corps d'une travailleuse communautaire. L'intarissable coordonnatrice de Loge m'entraide, dont les revendications et les activités militantes font régulièrement la manchette, le déclare d'emblée: «J'agis par conviction personnelle. Les valeurs de l'Évangile teintent les actions que je pose».

Sonia Côté a toujours décliné les demandes d'entrevues à caractère humain, préférant diriger les projecteurs sur l'organisme qu'elle gouverne et les centaines de personnes démunies qu'elle a prises sous son aile au fil des ans. Mais la requête du Progrès-Dimanche est survenue à un moment où l'appel de la vie consacrée est devenu carrément impossible à ignorer pour celle qui caresse le projet de fonder une communauté religieuse depuis des années. À 42 ans, elle se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins.

«Le côté spirituel m'alimente. Je baigne dans ce milieu depuis que je suis toute jeune. Le chant choral m'a permis de connaître l'Évangile à partir de l'âge de six ans. J'ai toujours eu à coeur la justice sociale. Quand j'étais petite, je défendais mes amies», fait-elle valoir.

Des tests d'orientation réalisés au cégep se sont avérés révélateurs pour la coordonnatrice de Loge m'entraide, qui n'avait alors aucune idée qu'elle se lancerait un jour à fond de train pour faire avancer la cause du logement social.

Trois professions correspondaient alors au profil de Sonia Côté: soldate, religieuse ou intervenante sociale. Si elle reconnaît, plusieurs années plus tard, que le côté bagarreur et revendicateur du soldat lui colle à la peau, Sonia Côté est devenue travailleuse sociale. La religieuse qui sommeille en elle depuis des années sort lentement de sa torpeur.

«Je ressens l'appel de la vie consacrée depuis 30 ans. C'est un appel aussi fort que celui d'avoir des enfants. Je ne sais pas si je pourrai l'ignorer longtemps», dit-elle. Du même souffle, elle précise que Loge m'entraide demeure un organisme apolitique et non confessionnel. Pesant le poids de ses mots, elle insiste sur le fait que ses convictions personnelles ne doivent pas être accolées à Loge m'entraide.

«Je n'en parle pas de ma foi. C'est intérieur. Tu peux aller à la messe tous les jours. Si tu ne poses pas les gestes, ça ne donne rien», estime la coordonnatrice, considérée comme la mère Thérésa du logement social.

Postulante

À un stade de sa vie, Sonia Côté a été postulante chez les soeurs du Bon-Conseil. L'ampleur de son engagement chez Loge m'entraide, un regroupement qu'elle porte à bout de bras depuis 1998, l'a forcée à faire des choix. Bien des années plus tard, elle a envie de savoir si d'autres personnes de sa génération, ou plus jeunes, aimeraient la suivre dans son projet de communauté.

«Un appel, c'est un appel. Tu peux le tasser, il va toujours finir par se faire entendre. Les communautés religieuses sont vieillissantes et elles ne prennent plus de jeunes. On a besoin de neuf et il faut adapter la vie religieuse aux réalités d'aujourd'hui», lance celle qui consacre une bonne part de ses temps libres à la lecture de biographies de saints.

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