Traversée amateur du lac Saint-Jean

Pierre Lavoie relève encore un défi complètement fou

Pierre Lavoie a réalisé un rêve de jeunesse... (- Photo le progrès-dimanche, Stéphane Bégin)

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Pierre Lavoie a réalisé un rêve de jeunesse en réussissant la traversée amateur du lac Saint-Jean. Cette expérience incite l'homme de fer à vouer encore plus de respect aux «athlètes exceptionnels» qui prennent part à la Traversée internationale du lac Saint-Jean, dont le «géant des eaux», Robert Cossette.

- Photo le progrès-dimanche, Stéphane Bégin

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«Je n'ai jamais souffert comme ça de ma vie!», s'est exclamé Pierre Lavoie quelques minutes après sa sortie de l'eau, les traits et les mains enflés après un peu plus de neuf heures passées à nager les 32 kilomètres qui séparent Péribonka de Roberval dans les eaux propices du majestueux lac Saint-Jean.

Le charismatique homme de fer a d'ailleurs eu droit à un accueil triomphal après avoir réussi la traversée amateur du lac Saint-Jean, les centaines de personnes massées dans les estrades et le long de la rade scandant son prénom à quelques reprises. Lavoie a d'ailleurs salué la foule et lui a soufflé des bisous en guise de remerciement pour le chaleureux accueil.

«Sincèrement, c'est l'épreuve la plus ''tough'' que j'ai fait dans ma vie!», a-t-il déclaré aux journalistes présents. Malgré un départ plutôt rapide, le Saguenéen se sentait bien et maintenait un bon rythme. Puis, il a été confronté à de petites vagues qui lui ont valu quelques bouillons. «Même si les vagues n'étaient pas grosses, j'ai avalé de l'eau et j'ai commencé à avoir mal au coeur. Ça a commencé à décliner à partir du 15e kilomètre», a-t-il raconté. La situation s'est compliquée avec 10 km à faire, alors qu'il n'était plus capable de rien boire.

Pour surmonter la douleur, Lavoie dit avoir pensé à ses deux petits anges, Laurie et Raphaël, emportés par l'acidose lactique, qui l'ont toujours aidé lors de ses grands défis. «Ça faisait longtemps que je ne leur avais pas demandé de l'aide. Aujourd'hui (hier), ils m'ont aidé», a-t-il confié. «Dans les moments difficiles, on essaie de s'accrocher. J'ai pensé à mon oncle Rémi qui vient d'apprendre qu'il a un cancer généralisé. J'ai pensé à tous ceux qui souffrent plus que nous, à ma blonde (Lynne Routhier) qui m'a enduré pendant les entraînements, à mes enfants (Bruno-Pierre et Joly-Ann).»

Rêve réalisé

Malgré des conditions idéales, Lavoie confie avoir trouvé très pénibles les 10-12 derniers kilomètres, ralenti par les douleurs au bras, les crampes aux mollets et les nausées. «Les cinq derniers kilomètres ont été les plus longs de ma vie. Je n'ai plus de gaz», a-t-il laissé tombé à la sortie de l'eau. «Quand on est explosé, c'est tellement difficile. En vélo, tu peux continuer, ce n'est pas grave. En course à pied, tu peux t'accrocher, mais dans l'eau, t'es seul avec toi-même et c'est difficile. Ça doit faire une vingtaine d'années que je n'ai pas frappé le mur, mais là j'ai eu un méchant ''comeback''.», a avoué Lavoie dont la traversée a duré environ 9 heures 10 minutes.

Le Dr Dominic Gagnon, qui veille sur lui «quand Pierre a des défis qui défient l'impossible», confirme que son protégé a vraiment été éprouvé. «On avait un plan B, mais il reste qu'il a vraiment été sur la corde raide», mentionne le médecin qui redoutait les risques d'hypothermie s'il avait fait froid, et le coup de fatigue. Heureusement, le coup de barre est survenue vers la toute fin et Lavoie a su le surmonter.

«C'est plus dur qu'un Ironman, affirme tout même Lavoie. Je n'arrive pas aussi amoché à l'arrivée (d'un Ironman). Ça me fait penser quand tu frappes le mur au marathon et qu'il te reste 10 km à faire. Là, tu pognes le mur, mais il te reste 10 km ... de natation! Ce qui est beaucoup plus long et dans un état d'inconfort total», explique celui qui n'a toutefois jamais pensé à abandonner.

«Ça été difficile, mais c'est très valorisant et je vais sortir grandi de cela. Comme je l'avais dit, j'ai beaucoup de respect pour les nageurs longue distance. J'ai toujours su que ce sont de super athlètes, mais aujourd'hui, je réalise que ce sont des gens exceptionnels», souligne-t-il en rappelant que ces nageurs ont encore plus de mérite quand ils doivent composer avec des vagues et l'eau froide. «Le lac, il faut le respecter. Aujourd'hui, il nous a fait un cadeau en nous offrant de bonnes conditions.»

Pour Lavoie, l'exploit d'hier est la concrétisation d'un rêve de jeunesse. «C'était mon rêve de ti-cul. À 14 ans, j'étais ici avec ma grande soeur Rosie qui m'avait amené voir John Kinsella remporter sa 4e victoire consécutive et ça m'avait inspiré. Je m'étais dit: ''Si je pouvais faire ça un jour...'' Là, j'ai eu la chance de le faire, mais je ne pense pas répéter (l'exploit). C'est dans mon livre», a-t-il assuré, en ajoutant toutefois qu'il pourrait le refaire en équipe, parce que c'est plus accessible et qu'il y a plus de plaisir. Et quelle sera son prochain défi un peu fou? «J'ai une conférence lundi matin à Montréal», a-t-il rétorqué à la blague.

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