Ferme Lavoie à chicoutimi

Des vaches nourries aux gourganes

Les gourganes représentent maintenant le tiers des concentrés... (- Photo le progrès-DIMANCHE, MICHEL TREMBLAY)

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Les gourganes représentent maintenant le tiers des concentrés distribués aux 170 vaches de la Ferme Lavoie.

- Photo le progrès-DIMANCHE, MICHEL TREMBLAY

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La Ferme Lavoie, située à Chicoutimi, est la première ferme au Québec à introduire la gourgane dans l'alimentation de l'ensemble de ses vaches. Cette pratique serait autant bénéfique pour les sols cultivés, les vaches et l'environnement, tout en permettant aux producteurs laitiers de réaliser des économies.

La ferme laitière située sur le rang Saint-Jean-Baptiste, à Chicoutimi, fait partie du premier groupe d'innovation en production laitière, lancé en mai 2013 par Agrinova, le centre collégial de transfert technologique en agriculture relié au Collège d'Alma.

Jean Girard, agent scientifique et d'innovation en production laitière chez Agrinova, et les membres de son équipe s'étaient alors lancé le défi de redonner ses lettres de noblesse à la gourgane, une légumineuse bien adaptée aux climats frais comme celui de la région. Les récoltes de gourganes sont majoritairement congelées et dédiées à la consommation humaine. La gourgane pourrait toutefois être de plus en plus répandue dans l'alimentation animale.

C'est Éloi Truchon, le plus grand producteur de gourganes au Québec, de la Ferme Eloïse d'Alma, qui a convaincu Jean Girard de s'intéresser à la gourgane. C'est que les propriétés de la gourgane sont similaires à celles de la féverole (voir encadré), une fève de la même espèce que la gourgane, intégrée à l'alimentation des vaches en Europe, notamment, explique M. Girard, en entrevue téléphonique.

Suppléments protéinés

La gourgane cultivée sur les terres des producteurs laitiers pourrait donc remplacer une partie des suppléments commerciaux protéinés intégrés dans l'alimentation des vaches. Nicolas Lavoie, copropriétaire de la Ferme Lavoie, y a vu une opportunité de développer son autosuffisance tout en faisant baisser ses coûts de production.

«Nous sommes tellement conditionnés à procéder d'une certaine manière, à acheter nos suppléments en Ontario, tandis qu'il peut y avoir d'autres solutions plus proches de chez nous», explique le producteur laitier, rencontré par Le Progrès-Dimanche sur la terre familiale exploitée depuis trois générations.

En 2014, les gourganes, moulues grossièrement ou à l'état brut, ont été intégrées à l'alimentation de huit de ses vaches. Les résultats des premières études étant positifs, il a décidé depuis mai d'étendre ce régime à tout son troupeau de 160 vaches laitières, dont 76 sont en exploitation. Les gourganes représentent maintenant le tiers des concentrés distribués aux vaches.

Propriétés méconnues

L'intégration de la gourgane dans l'alimentation des vaches semble jusqu'à maintenant combler le besoin en protéines des animaux, tout en permettant de maintenir la même qualité de lait, indique Jean Girard, d'Agrinova. «Si les propriétés de la gourgane sont méconnues, c'est qu'elle était dans l'ombre du bleuet», conclut-il.

Cinq fermes de la région ont intégré la gourgane à l'alimentation d'une partie de leur troupeau cet hiver dans un cadre expérimental. À partir de l'automne, elles seront six à retenter l'expérience.

Pour mener tous ses projets de recherche sur la chaîne de valeur de la gourgane, Agrinova bénéficie d'un budget de plus de 350 000$, provenant de différents partenaires privés et publics.

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