Un dossier contaminé jusqu'à l'os

Jusqu'où peut-on aller pour gagner? Selon toute apparence, argumenter... (Photo archives Isabelle Tremblay)

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Jusqu'où peut-on aller pour gagner? Selon toute apparence, argumenter sereinement ne suffit plus. On préfère maintenant les insultes, les menaces, les injures, l'intimidation. Ne manque plus que les coups de poing sur la gueule?

Pour que le maire de Saint-Prime, Bernard Généreux, également préfet de la MRC Domaine-du-Roy, décide de porter plainte à la Sûreté du Québec, c'est que la saga entourant le projet de minicentrale de Val-Jalbert est sérieusement en train de déraper. Depuis le temps qu'il oeuvre dans la sphère publique, le politicien est en mesure de différencier des manoeuvres d'intimidation d'une simple escarmouche. Or, là, il trouve que certains opposants adoptent dangereusement une attitude de casseurs. Et cela lui donne des sueurs froides.

Pas le seul

Bernard Généreux n'est pas le seul à avoir été pris à partie par des manifestants écologistes, qui ne répondaient pas précisément à l'idéal pacifiste qu'on se fait d'eux. Le député péquiste, Denis Trottier, s'est fait apostropher, lui aussi, lors d'une assemblée houleuse à Saint-Félicien, mais il n'a pas porté plainte.

Dans le cas de Bernard Généreux, les événements se sont produits lors d'une récente séance de la MRC Domaine-du-Roy. Comme le projet de construction d'une minicentrale au village historique de Val-Jalbert suscite les passions, plusieurs policiers s'étaient rendus sur les lieux pour protéger les élus au cas où les esprits s'échaufferaient. L'accès dans la salle avait donc été limité, ce qui a enragé les manifestants restés dehors. Le préfet aurait été intimidé plus tard après la réunion, alors qu'il circulait sur la 169 en direction de sa résidence, d'où sa plainte à la SQ.

Lettre ouverte

Dans une des nombreuses lettres ouvertes publiées dans Le Quotidien, une citoyenne de Roberval, Jo-Ann Racine, reconnaît que le député Trottier a été pris en sandwich, que les voix portaient et que les gens scandaient leur fiel contre lui. Concernant la manifestation devant l'hôtel de ville de Roberval, en marge de la séance de la MRC, elle admet aussi que les voix étaient fortes, que le groupe scandait sa frustration et son fiel haut et fort et que des gens pouvaient devenir trop émotifs. Quant à la présence policière, elle dit s'être sentie comme dans un pays totalitaire.

Alors, là, vraiment, on tombe dans l'inflation verbale. La police n'est-elle pas là pour maintenir la paix et l'ordre, prévenir les crimes et assurer la sécurité des citoyens? Sérieusement, peut-on se passer des policiers quand des gens sont aussi pompés?

Débat contaminé

Tout ce débat empreint d'affrontements entourant la construction de la minicentrale est pollué à l'os. Quand une décision prise par un gouvernement élu démocratiquement ne nous convient pas, on ne se contente plus de descendre dans la rue en gens civilisés. On passe à l'attaque en insultant les élus et en pestant contre eux à six pouces du nez. On ne discute pas calmement en apportant des arguments sérieux et crédibles, on les engueule, on monte sur ses ergots, on s'adresse à eux brusquement et grossièrement. Résultat: des têtes brûlées finissent par dépasser les bornes! Faut-il se surprendre?

En l'absence d'un débat constructif et après des affrontements houleux, on peut comprendre qu'un élu craigne que la situation dégénère au point de mettre sa sécurité en péril. Ce qui est clair, c'est qu'il n'a pas à subir cela.

Un peu de notre faute

Depuis notre bruyant printemps aux casseroles, force est de constater que les manifestations sont investies de plus en plus de têtes folles, de sans-génie et de casseurs. Quand on se contente de dénoncer la violence du bout des lèvres seulement, comme l'ont fait les syndicats et le PQ lors des grandes manifs d'étudiants, ne nous surprenons pas de voir des vandales imbéciles se sentir invulnérables et au-dessus des lois et des manifestants endurcis persuadés qu'ils auront le gouvernement à l'usure. Nous l'avons bien cherché.

Plus ça change, plus c'est pareil

Le gouvernement libéral devait reprendre la possession de la centrale Jim-Gray. L'échéance a plusieurs fois été reportée, ce qui avait fait fulminer, à l'époque, les péquistes. Sylvain Gaudreault soutenait alors que le ministre libéral, Clément Gignac, ignorait la complexité du dossier de transfert de la centrale, de sorte qu'il improvisait et créait un climat d'incertitude au sein de la municipalité de Saint-David-de-Falardeau et chez les travailleurs.

Maintenant que le PQ est au pouvoir, on se serait attendu à ce qu'il mette Produits forestiers Résolu (PFR) au pas. Bien non ! Voilà qu'il renouvelle, à son tour, pour quatre mois, les privilèges d'exploitation de la centrale Jim-Gray, sur la rivière Shipshaw, à la compagnie. Tiens donc ! Fallait-il vraiment qu'il forme le gouvernement pour se rendre compte que PFR est un interlocuteur coriace ? La compagnie a même nié qu'il y ait des négociations secrètes avec la ministre des Ressources naturelles, comme l'affirmait pourtant le député Jean-Marie Claveau. PFR dit avoir rempli ses obligations en vertu de la loi 8. Visiblement, ça donne le ton à la négociation.

Dans l'opposition, les péquistes ont tellement été critiques à l'égard de l'ancienne administration libérale qu'ils ont maintenant l'obligation de faire beaucoup mieux. On s'attend à rien de moins.

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