Le monument se trouve au centre-ville de Chicoutimi, le long du chemin qui mène à la maison-mère, lequel donne sur la rue Racine. Haut de 14 pieds et large de 12, l'ouvrage se dresse en face d'un ensemble de bâtiments jouissant d'une vue imprenable sur le Saguenay. Désormais, c'est cette oeuvre que les visiteurs verront en premier, d'où l'importance accordée à sa dimension symbolique. Un coup d'oeil suffit pour embrasser la riche histoire du Bon-Conseil.
« C'est pour faire connaître notre fondatrice, ainsi que l'oeuvre d'éducation de notre communauté, que nous avons appuyé ce projet, souligne justement soeur Pierrette Gauthier, qui assume la fonction de conseillère générale. Le monument de monsieur Laberge, que nous trouvons extraordinaire, représente le travail que nous avons effectué auprès des jeunes, autant que les actions que nous menons présentement dans le domaine social. »
Une certaine majesté
Clin d'oeil au passé, l'oeuvre repose sur le bout de terrain où la première maison des religieuses a été construite en 1894. Le fait qu'elle soit tournée vers le Saguenay et, partant, du côté de Chicoutimi-Nord, rappelle que mère Françoise Simard a vécu dans la ville jumelle, plus précisément chez sa soeur, avant de traverser la rivière pour emménager sur le cran.
C'est évidemment la statue représentant cette femme qui domine le nouveau monument. Mesurant sept pieds, elle a été conçue à l'aide d'un amalgame de poudre de bronze, de fibre de verre et de résine, les mêmes composantes qu'on retrouve dans le bas-relief placé au-dessus de cette sculpture. Celui-ci épouse les traits de monseigneur Michel-Thomas Labrecque, l'évêque qui avait demandé à Françoise Simard de fonder une communauté religieuse ayant pour mission d'éduquer les jeunes.
« Comme la fondatrice n'était pas grande, peut-être cinq pieds et deux pouces, je l'ai étirée pour conférer plus de majesté au monument, raconte Jean-Marie Laberge. Je voulais aussi que le visage soit ressemblant, ce qui m'a amené à utiliser une photographie datant de 1894. D'autres ont été prises plus tard, mais comme les ont été retouchées, on ne peut pas s'y fier. Une femme qui n'a aucune ride à 70 ans, ce n'est pas normal. »
Éducation et vie spirituelle
Parmi les quatre éléments qui forment le nouveau monument, on remarque deux bas-reliefs situés de part et d'autre de la statue de mère Françoise Simard. À gauche, des têtes d'enfants provenant de divers continents témoignent de la vocation éducative de la communauté. « Il y en a quatre, dans le groupe, qui sont mes petits-enfants », fait observer le sculpteur en souriant.
L'autre bas-relief montre le premier bâtiment construit sur le site, celui dont il fut question tantôt. Derrière, on reconnaît la silhouette des édifices qui l'ont remplacé. « Puisqu'il est question de la vie spirituelle dans ce bas-relief, il est un peu plus haut que le premier. C'est une manière de symboliser ce qui, aux yeux des religieuses, était la chose la plus importante », énonce l'artiste.
Ce projet ambitieux a été réalisé avec la collaboration de Bétons Préfabriqués du Lac, où ont été coulées plusieurs composantes du monument. C'est la quatrième création du genre que revendique Jean-Marie Laberge, après les statues du Père Honorat à Laterrière, de la polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi, ainsi que du cimetière Saint-François-Xavier, voisin de l'UQAC. Quant on lui demande quelle place elle occupe dans son oeuvre, sa réponse est révélatrice.
« On ne peut pas me demander quel monument est le meilleur. Là-dessus, je suis comme une mère avec ses enfants, souligne d'abord le sculpteur. D'un autre côté, je dois dire que le style est spécial, cette fois-ci. Pour donner plus de force à la symbolique, j'ai eu recours à des éléments abstraits et figuratifs. Même à l'échelle du Canada, il n'y a pas beaucoup d'exemples de ça. »