C'est ce qu'a laissé entendre le président du Conseil du Trésor du Québec, Stéphane Bédard, au terme d'un point de presse tenu à Montréal sur la situation des finances du Québec. Le projet des monts Otish est un exemple des dépassements de coûts auxquels fait face le gouvernement en ce moment. Ces dépassements sont spectaculaires puisqu'ils se confirment sur une période d'à peine une année.
«Lorsque le premier ministre libéral Jean Charest a procédé à l'annonce du projet, des provisions de 260 M$ ont été inscrites pour financer les travaux. Aujourd'hui, les travaux sont réalisés sur deux des quatre tronçons et sans tenir compte des imprévus, les projections sont désormais de l'ordre de 470 M$», a insisté Stéphane Bédard.
Au départ, le gouvernement faisait état d'un certain nombre de projets potentiels tout le long de cette route construite sur un terrain particulièrement difficile. Aujourd'hui, toujours selon les propos du ministre, le projet minier de Stronoway est le seul qui risque de se réaliser à court terme.
Les coûts projetés par le gouvernement du Québec ne comprennent pas le financement de l'entretien de cette route lors de sa mise en service. Les commentaires recueillis par Le Progrès-Dimanche dans le cadre de reportages sur ce projet faisaient état d'une météo particulièrement hostile en période hivernale. Ce projet a également fait l'objet de vives critiques des opposants au Plan Nord du gouvernement Charest alors que ces derniers dénonçaient le fait que Québec finançait des infrastructures au profit des sociétés minières. Le gouvernement va demander aux gestionnaires de ce projet de proposer des solutions pour tenter de limiter cette explosion des coûts en raison de leurs impacts sur la situation financière du gouvernement. Le Conseil du Trésor et le ministère des Finances veulent également qu'Infrastructure Québec demande une évaluation externe des 20 plus importants projets stratégiques du Québec pour évaluer l'ampleur des dépassements et les raisons de ces dépassements.
Dossier RTA
Dans un autre ordre d'idée, à titre de ministre responsable de la région, le député de Chicoutimi compte tenir assez rapidement une rencontre avec ses collègues de la région et les dirigeants syndicaux de Rio Tinto Alcan qui craignent des décisions précipitées de l'entreprise au cours des prochaines semaines, principalement pour les cuves précuites dont le permis d'exploitation prend fin le 31 décembre 2014.
Le ministre Sétphane Bédard n'a pas voulu se prononcer sur la nature de la demande du président du SNEAA Alain Gagnon concernent la prolongation des permis. Il a simplement indiqué que cette rencontre allait permettre de faire le point sur l'ensemble de la situation en lien avec les investissements annoncés par la multinationale qui comprennent la construction d'une aluminerie de trois phases d'une capacité de 400 000$ tonnes métriques à Jonquière. La société complète en ce moment les travaux de l'usine pilote d'une capacité de 60 000 tonnes seulement et les deux autres phases n'ont toujours pas été annoncées.