Les étudiants-athlètes en cheminement sports-études complètent leur formation en trois ans au lieu de deux. Ils peuvent aussi accéder à un service d'aide pédagogique spécifique en cas de difficultés. Responsable des sports au Cégep de Jonquière, Steeve Dufour mentionne qu'à l'instar des joueurs de football, d'autres étudiants-athlètes pratiquant le hockey, le judo, le volleyball et même la danse se sont déjà prévalus de cette option par le passé.
«C'est un avantage parce qu'en gymnastique, on commence à être meilleur vers l'âge de 18-20 ans. J'aurais pu faire les entraînements par les soirs, mais ce serait moins d'heures», explique William, premier gymnaste masculin à en bénéficier. Grâce à cette formule, le jeune homme peut continuer à s'entraîner 17,5 heures par semaine tout en consacrant autant d'heures à ses études qui seront étalées sur trois ans au lieu de deux.
«J'aime bien ça. C'est moins concentré et c'est plus facile. À part le lundi où j'ai trois cours, j'ai mes cours le matin et je peux m'entraîner en après-midi. Pour moi, c'est important, car je vise à faire les championnats canadiens», ajoute celui qui fait de la gymnastique depuis dix ans.
«Cette année, je vise d'abord à me qualifier (aux Canadiens), car je ne connais pas encore les autres gymnastes au Québec. L'an dernier, j'étais le plus jeune (dans la classe 16 ans et plus), mais maintenant, j'ai gagné un peu d'expérience», note-t-il.
Son entraîneur, Samuel Le Moignan, confirme que cette option est avantageuse pour William. «J'ai des gars de 18 et 19 ans qui font de la gymnastique, mais pour continuer à s'entraîner, ils doivent le faire par les soirs. Pour William, c'est un avantage, car ça lui permet de faire son entraînement de 17,5 heures par semaine. Les autres gars font six heures d'entraînement, parfois neuf s'ils sont chanceux», note l'entraîneur.
Samuel Le Moignan souligne que William est le premier gymnaste masculin du club à recourir au cheminement sports-études du Cégep de Jonquière. Pour l'entraîneur, c'est une belle première, car ça ouvre de nouveaux horizons aux autres gymnastes. Les plus jeunes savent désormais qu'ils pourront poursuivre eux aussi des études collégiales sans avoir à sacrifier des heures d'entraînement.
Car il n'y a pas de secret pour connaître du succès. Il faut répéter les mouvements maintes fois pour parvenir à bien les maîtriser. «Quand on veut être bon, on doit investir du temps», conclut l'entraîneur du club Jako.