Violence conjugale: les hommes ne sont pas épargnés

La violence faite aux hommes est un phénomène... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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La violence faite aux hommes est un phénomène bien réel.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

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(Chicoutimi) L'inexistence de la violence conjugale faite aux hommes est un mythe. En fait, la vérité a de quoi surprendre, voire choquer.
Selon l'enquête psychosociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean réalisée en 2000 par la Direction de la santé publique, 5,4 pourcent des hommes ayant vécu avec une partenaire au cours des douze mois précédant la recherche auraient subi de la violence physique. Un taux dépassant largement les 2,4 pourcent de femmes qui auraient été victimes de ce genre de sévices, lors de cette même période.

L'enquête psychosociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean était, jusqu'à aujourd'hui, passée inaperçue. Et tous ses résultats vont à l'encontre de la croyance populaire.

On y apprend, en outre, que 1,3 pourcent des hommes et 0,8 pourcent des femmes auraient subi de la violence physique sévère au cours de la période étudiée. La gent masculine, en ce qui a trait à la violence psychologique ou aux agressions verbales, vient également au haut de la liste, avec 35,8 pourcent, 1,5 pourcent de plus que les femmes.    

Quelque 5,4 pourcent des hommes et 2,4 pourcent des femmes aurait subi de la violence physique mineure.

Autres études

Plus étonnant encore, l'Enquête psychosociale est loin d'être la seule à en arriver à de telles conclusions.

Le chercheur Denis Laroche, de l'Institut de la statistique du Québec, a analysé les données de l'Enquête sociale générale menée par Statistique Canada en 1999. Au sein de cette recherche, il est indiqué que 3,9 pourcent des hommes québécois et 2,9 pourcent des femmes ont été victimes de violence conjugale de la part de leur conjoint actuel (en 1999). Cependant, le taux est plus élevé chez les femmes (10,6%) que chez les hommes (9,3%) en ce qui a trait à la violence subie par un ex-conjoint.

«Le contraste pourrait indiquer que les hommes demeurent plus longtemps que les femmes dans une union marquée par la violence conjugale, estime Denis Laroche. Il est également possible que les femmes ayant recours à la violence interrompent cette conduite criminelle plus souvent que les hommes le font.»

Dans le rapport de recherche de M. Laroche, il est indiqué que le nombre de personnes qui rapportent au moins un événement de violence physique au cours des cinq années, au Québec, s'élève à 3,9 pourcent chez les hommes et 2,9 pourcent chez les femmes, soit un effectif d'environ 70 200 hommes et 52 600 femmes. Les taux correspondant dans l'ensemble du Canada s'élèvent respectivement à 4,0 pourcent et 3,6 pourcent. Dans ces estimations, les répondants vivant avec un conjoint de même sexe ne sont pas inclus.

«La version la plus récente de la liste constituée par Fiebert (juin 2003) fait état de 138 articles scientifiques - soit 111 études empiriques et 27 analyses ou revues de littérature - qui démontrent que les femmes ont recours à l'agression physique aussi souvent, parfois plus souvent, que les hommes dans leur relation avec leur conjoint ou leur partenaire masculin», peut-on lire dans le rapport du chercheur de l'Institut.       

«Ce n'est pas un phénomène unique au Saguenay-Lac-Saint-Jean ou à la province de Québec, explique Denis Laroche. Il y a plusieurs enquêtes, menées aux États-Unis, au Canada ou en Nouvelle-Zélande, par exemple, qui tendent à démontrer la même chose. La violence atteindrait son paroxysme chez les jeunes adultes âgés entre 18 et 25 ans, puis diminuerait rapidement. On ne sait pas pourquoi, mais c'est ainsi. Peut-être par colère, par dépit.»

// Pour lire le dossier complet, consultez votre Progrès-Dimanche

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