Quand la passion n'a pas d'âge

À 14 ans, Marylin Côté savait déjà qu'elle... (Photo Gimmy Desbiens)

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À 14 ans, Marylin Côté savait déjà qu'elle serait le pilier d'une sixième génération d'agriculteurs.

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Marc St-Hilaire
Le Quotidien

(SAINT-GÉDÉON) Le titre de Personnalité du mois d'octobre 2012 Le Quotidien/Radio-Canada est décerné aujourd'hui à l'agricultrice Marilyn Côté. Il y a deux semaines, la Fédération des agricultrices du Québec décernait à la jeune femme de 25 ans son prix Saturne, dans la catégorie «Jeune agricultrice de l'année », qui consacre son excellence et son parcours impressionnant. Mme Côté possède aujourd'hui 50 % de la ferme laitière des Papinas, une entreprise familiale établie à Saint-Gédéon.

Une légère brise automnale souffle sur la ferme des Papinas, en ce matin de novembre. Quelques vaches en gestation se délient les muscles à l'arrière de l'étable. La seconde corvée de la journée, celle de 10 heures, est sur le point de débuter.

Marilyn détonne au beau milieu de ce décor. Ongles fraichement vernis, piercing au sourcil, les cheveux écarlates, elle ne projette pas l'image qu'on se fait d'une agricultrice.

Son sourire témoigne de la passion qui l'anime. Une passion qui a pris naissance dès son plus jeune âge.

À 14 ans, elle savait déjà qu'elle serait le pilier d'une sixième génération d'agriculteurs.

«Mon père avait prévu un voyage de pêche d'une semaine. Il n'avait personne pour s'occuper de la ferme. Je lui ai dit que je m'en chargerais, qu'il n'avait pas à s'inquiéter», raconte-t-elle.

C'est ainsi qu'a débuté la carrière de Marilyn Côté.

Au fil des années, elle apprend le travail à la ferme. Chaque jour, de 5 h à 7 h 30, elle participe à la routine matinale. Parallèlement, elle obtient son diplôme collégial en gestion et exploitation d'entreprise agricole.

«J'avais 19 ans lorsque j'ai terminé mon cours au Collège d'Alma. J'ai alors acheté 50% de la ferme de mes parents», confie-t-elle.

Selon le plan élaboré à l'époque, Marilyn deviendra unique propriétaire à 30 ans.

À l'intérieur de l'étable, une feuille est installée, bien visible, à travers les différents honneurs qu'elle a récoltés au cours des dernières années. On peut y lire la mission fondamentale de l'entreprise: «Créer un milieu de vie permettant à la famille d'y trouver un travail diversifié et rémunérateur qui les passionne.»

Il s'agit de l'une des nombreuses signatures de la jeune femme, dans cet univers qu'on associe généralement aux hommes.

«Elle est ma grande fierté», laisse tomber son père, Nicolas, entre deux tâches.

De ses cinq enfants, seule Marilyn rêvait de suivre ses traces.

Leur relation d'affaires a été saluée, en mars 2012, par la Coop fédérée, qui leur a alloué la palme en catégorie Transfert de ferme.

«J'ai beaucoup de chance d'avoir pu compter sur le soutien inconditionnel de mes parents. Beaucoup de jeunes agriculteurs ont du mal à prendre leur place parce que leurs parents ont de la difficulté à déléguer. Dans mon cas, c'est tout le contraire. Quand j'ai un projet, je le présente à ma mère et mon père, on en jase et si ç'a du bon sens, on le réalise. Je sens qu'ils me font confiance depuis le début», exprime Marilyn.

Mst-Hilaire@lequotidien.com

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