«C'est là-bas qu'on devrait faire cette entrevue-là, pas ici dans un bureau. Regarde comme c'est gros, regarde comme c'est beau, le projet de la Romaine.»
L'entrevue vient à peine de débuter. Comme à son habitude, Yvon Potvin participe sans se faire prier, commentant chaque question de façon volubile et généreuse.
De la pile de paperasse qui recouvre son bureau, il sort trois ou quatre photos sur lesquelles apparaissent ses employés en pleine action.
Bien qu'il jongle avec les millions, le président de Nordex n'a rien de l'homme d'affaires sérieux, pausé, craintif ou timide. Au contraire, il se présente davantage tel un membre de l'équipe. Aussi refuse-t-il de s'attribuer les succès de l'entreprise.
«Je prends mon frère Jean-Marc, qui est surintendant à la Romaine. Il fait un travail colossal avec ses gars. S'il n'est pas là, ce n'est pas la même chose. Nous avons tous un rôle à jouer et le mien est de trouver des contrats pour l'entreprise.»
Nordex a été créée en 1984 par les frères Yvon, Jean-Marc et Alain Fortin, ainsi que Richard Gaudreault. L'an passé, le cancer a emporté l'un des quatre partenaires originaux, Alain Fortin.
«L'entreprise, c'est une chose, mais nous demeurons avant tout des humains. Mes frères et moi avons grandi sur une ferme. Je ne l'ai pas oublié. Mes affaires me prennent beaucoup de temps, mais je trouve le moyen de m'impliquer dans ma communauté. C'est une question d'appartenance.»
En mémoire de son frère Alain, Yvon Potvin a accepté la présidence d'honneur du Relais pour la vie d'Alma, qui aura lieu le 1er juillet prochain.
Il s'implique également avec le Havre de l'hospitalité, le Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la chorale Aquilon et d'autres causes qui lui tiennent à coeur. «On n'en fait jamais suffisamment pour notre société. C'est grâce à l'entraide qu'on avance dans la vie. Ça s'applique aussi au travail. Pour les contrats que nous avons décrochés sur la Romaine avec l'entreprise Construction Demathieu et Bard, nous avons fait appel à des entreprises locales pour obtenir certains services. Nous avons donné du travail aux gens d'Alma Soudure et à ceux de Béton préfabriqué du Lac. C'est comme ça qu'on crée un sentiment d'appartenance.»