Il a trop à faire pour s'ennuyer

André Girard aime lancer des idées

Le Baieriverain André Girard vient tout juste de... (Photo Michel Tremblay)

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Le Baieriverain André Girard vient tout juste de recevoir le Prix à la création artistique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette distinction s'ajoute à une longue liste d'honneurs obtenus par ce dernier au fil de sa carrière d'auteur, notamment le prestigieux Prix Robert-Cliche pour son roman Deux semaines en septembre.

Photo Michel Tremblay

Daniel Côté
Le Quotidien

(LA BAIE) «C'est vraiment le maelstrom médiatique. Il y a comme un engrenage qui a commencé avec le prix, puis les articles dans Le Quotidien. Je trouve ça merveilleux parce que ça rejaillit sur le monde littéraire. En plus, ça arrive au moment où on annonce la création d'une résidence d'écrivain à La Baie», a commenté le romancier André Girard, hier après-midi.

Il venait d'apprendre que Le Quotidien et Radio-Canada lui avaient conféré le titre de Personnalité du mois, tandis qu'une semaine plus tôt, c'était le Conseil régional de la culture qui lui remettait le Prix à la création artistique, une distinction couvrant l'ensemble de sa carrière. C'est pour cette raison que samedi dernier, une entrevue avait été publiée dans les pages de ce journal.

André Girard est célébré pour ses romans, bien sûr, en particulier sa suite hôtelière dont les premiers volets se nomment Port-Alfred Plaza et Moscou Cosmos. Comme le laisse entrevoir son commentaire à propos de la résidence d'écrivain, cependant, son enracinement dans la région, plus spécifiquement à La Baie, où il est revenu vivre après un long séjour à Montréal, ajoute au respect qu'on lui voue.

Alors que d'aucuns privilégient la harangue, y voyant le mode d'engagement le plus approprié pour un écrivain, André Girard aime lancer des idées, puis maximiser les appuis en sollicitant tous ceux qui peuvent servir la cause, y compris les élus du moment. C'est ainsi que la résidence d'écrivain verra le jour à La Baie, quatre ans après qu'André Girard ait eu le flash initial.

«C'est moi qui ai suggéré à l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie de réaliser ce projet. Nous avons ensuite contacté le Conseil des arts du Canada», décrit-il. Patients, lui et ses collègues ont essuyé un premier refus avant de relancer l'affaire. Grâce à de nouveaux appuis provenant de la ville de Saguenay, ils pourront accueillir un premier auteur, l'Acadien Claude Le Bouthilier, au printemps.

Autre signe du caractère d'André Girard, il ne voit pas d'opposition entre le sport et la culture. Loin d'être en concurrence, ces dimensions de la vie humaine se rejoignent, croit-il, dans le cadre des démarches destinées à retenir les jeunes en région. Tout en invoquant la nécessité de développer une société culturelle chez nous, par exemple, il épouse des accents presque lyriques en vantant les exploits d'un Pierre Lavoie.

Lorsqu'il n'enseigne pas la littérature au Cégep de Chicoutimi, André Girard poursuit l'écriture de sa suite hôtelière. Tokyo, puis Paris, seront les prochaines destinations de ses protagonistes, Étienne et Johanna. Recherche oblige, l'auteur prend le temps de humer l'air de ses villes-muses. On peut y voir une autre façon, pour lui, d'incarner l'âme baieriveraine. Un port et un aéroport, ça vous colore un ADN.

En parallèle, André Girard mûrit d'autres projets, dont certains qui meubleront sa retraite de l'enseignement, prévue pour l'an prochain. Il s'intéresse également à l'avenir de la bibliothèque de La Baie, dont on sait qu'elle sera modernisée à brève ou moyenne échéance. Lui qui était revenu au Saguenay pour animer la vie culturelle, en 1993, n'est donc pas à la veille de désarmer. Il a trop à faire pour s'ennuyer de Montréal.

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