Une crise imminente

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«Nous assistons depuis le début 2016, à un mouvement de précipitation d'un mouvement baissier des actions de deux principales banques allemandes, les plus systémiques d'Europe, pour ne pas être trop timide, de la planète.»

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La tribune
Le Quotidien

TRIBUNE / Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle crise économique, avec les perturbations qui ont lieu présentement en Europe ? Daniel Gagnon est directeur du programme en administration des affaires de l'UQAC et Christian Barrette est un informaticien, passionné d'économie, ayant oeuvré quatre ans pour la Banque centrale européenne.

Christian Barrette, informaticien, passionné d'économie

Il y a quelques jours, j'ai été invité pour tenir une tribune économique sur un sujet qui est une passion pour moi : l'économie mondiale. Or depuis plusieurs années, je fais de la recherche sur les banques et plus principalement sur l'Euro-Système que je connais très bien pour y avoir travaillé plusieurs années à titre d'informaticien sur le projet BDIC, Swift NET et IBM Merva à la BCE/BDF sur Paris. C'est en continuant mes études universitaires, en Europe, que j'ai décroché ce mandat dont la plupart des informaticiens rêvent, et où j'ai eu la chance de connaître un grand économiste qui a été préfet en France, ainsi que des mathématiciens.

Pour en venir au sujet, nous assistons depuis le début 2016, à un mouvement de précipitation d'un mouvement baissier des actions de deux principales banques allemandes, les plus systémiques d'Europe, pour ne pas être trop timide, de la planète. Cette combinaison interbancaire des vieux pays, conjuguée avec la crise en Grèce, celle qui se profile en Espagne ainsi qu'en Italie, me fait penser à la crise de 2007-2010 où les marchés ont pris une débâcle pour ne pas dire une chute libre... Or, en 2016, la Deutsche Bank AG et la Commerze Bank AG sont des banques très systémiques dont la capitalisation a été lourdement affectée par la crise des surprimes de l'automne 2008. En ce moment même, nous avons assisté, à un même type de crise, mais, en Espagne, où un bank-runs s'est manifesté, il y a un mois, lors de l'implosion de la banque espagnole, « Banco Popular », équivalent de Lehman Brothers aux États-Unis. Par ailleurs, certains économistes comparent l'effondrement de cette banque à la crise des papiers commerciaux, il y a dix ans. Si la BCE n'avait pas forcé la vente de « Banco Popular » à Santander, tout le continent nord-américain aurait été témoin d'une panique systémique, en Europe, voire pire que celle de 2008.

Avec cet effondrement espagnol, c'est toute l'Europe qui est fragilisée avec ce mouvement des épargnants à vouloir obtenir leurs avoirs, ne faisant plus confiance au système bancaire. Si la BCE n'avait pas forcé la vente de cette banque espagnole, nous serions en crise économique en ce moment. Selon Jacques Sapir, un économiste français, l'Italie est prise avec le même problème au niveau interbancaire. Contrairement au secteur bancaire français qui est dominé par trois principales banques (BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole). Parallèlement, les banques en Italie ne comptent que sur deux grandes : Intesa Sanpaolo et UniCredit. L'Italie possède un système bancaire éclaté avec un fonctionnement assez coûteux, selon David Grinsztajn. Mais leurs gros problèmes se situent au niveau de leurs fonds propres. Cette faiblesse a d'ailleurs été mise en perspective par des tests de résistance de la BCE, en octobre 2015 ; neuf banques italiennes sur les 15 soumises à l'exercice ont échoué. Elles ont dû présenter à la BCE un plan de reconstitution du capital. Avec cet état de fait, nous sommes à quelques cliques d'un mouvement de panique, en Italie, qui aura de graves conséquences sur l'économie financière mondiale. Jacques Sapir mentionnait, par ailleurs, que plus de 1000 milliards d'euros en obligation italienne ont des rendements négatifs, et ce sans compter que les principales banques de ce vieux pays sont aussi près du gouffre. Or, cette crise interbancaire qui se profile est le reflet d'un problème de liquidité majeur.

Pour établir un parallèle avec cette crise à venir, la crise économique asiatique qui a touché les pays de l'Asie du Sud-Est à partir de juillet 1997, puis qui s'est propagée à d'autres pays émergents comme le Brésil et l'Argentine, qui n'avaient aucun problème avec l'économie domestique asiatique. Ces pays la subirent de plein fouet, même que les créanciers qui avaient emprunté sur ces marchés, en Asie, ont dû rembourser la plupart des dettes contractées par leurs clients et par conséquent, réduire leurs positions sur tout le secteur des marchés dits émergents. Le risque de contagion de cette crise européenne est similaire à celle de la crise asiatique. Selon l'économiste français Jacques Attali, il y a plusieurs signes qu'une crise économique est plus qu'imminente. Toute chose étant égale par ailleurs...

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