Quand le couperet passe

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Commission des droits et libertés condamne la DPJ dans un rapport sur la... (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

La tribune
Le Quotidien

La Commission des droits et libertés condamne la DPJ dans un rapport sur la mort d'un bambin de 20 mois. Le criminaliste Charles Cantin et la directrice de La Nichée, Diane Tanguay, s'expriment sur l'organisation.

TRIBUNE / Vous avez sûrement remarqué que le modèle de support à la famille a changé au fil des ans : la fratrie diminue, les grands-parents travaillent, les familles sont de plus en plus isolées. Je ne suis pas contre ce type de changement, au contraire, mais remarquons que ce sont les services communautaires et sociaux qui, souvent, accompagnent les nouveaux parents. Cet accompagnement peut éviter des tragédies, comme celles vécues récemment dans notre région, causant le décès de poupons.

 J'entends déjà le questionnement (légitime) du citoyen qui se demande si ces services font réellement une différence, si nous avons véritablement le pouvoir d'aider, la possibilité de les accompagner dans leurs difficultés ? 

En fait, des témoignages de familles ayant utilisé le service de Relevailles confirment avoir évité des drames en se sentant ainsi soutenues et écoutées. Ce service est offert presque partout au Québec. Ici au Lac-Saint-Jean Est, c'est l'organisme spécialisé en périnatalité, La Nichée, qui offrait ce service depuis 17ans. 

Les Relevailles, c'est un soutien à la maison suite à l'arrivée d'un bébé. Un soutien qui contribue à court et long terme au bien-être de la famille, qui aide à diminuer le stress, permet de mieux informer le parent, réduit l'isolement, diminue l'épuisement, supporte les parents dans la réorganisation familiale. 

Quand il n'y aura plus de service dans les maisons pour des familles en détresse et des mères en situation de vulnérabilité extrême, que ferons-nous ? La Nichée en est témoin au quotidien.

Plusieurs situations, souvent incompréhensibles pour nous, amènent des parents à poser des gestes irréversibles, voire horribles. Et à ce moment-là, on se repose les mêmes questions, on se demande si nous aurions pu éviter cette tragédie. On ne le saura jamais, mais plus on coupe dans les services qui accompagnent ces familles, plus on pourra répondre« Oui on aurait pu faire quelques choses, du moins essayer ! »

Comme pour d'autres milieux communautaires et dans le réseau social, aujourd'hui le couperet est passé à La Nichée. La santé publique a convenu de ne pas renouveler le service des Relevailles qui existait depuis 17 ans, desservant une trentaine de familles par année en moyenne.

 Aujourd'hui je suis triste. Triste pas pour l'organisme, triste pour ces familles qui n'auront plus accès à cette précieuse aide, pour toutes ces familles dans le besoin. Nous devrons dire aux familles : « Nous ne pouvons plus vous apporter ce soutien malgré votre grand besoin d'accompagnement, dans votre contexte de vulnérabilité ou de questionnement ».C'est déchirant ! 

Quand nos services en préventions disparaissent, qui en paie le prix ? Les nouveaux parents, leur entourage (amis, famille, voisins) et surtout les bébés bien entendu. En fait, c'est toute notre société qui est touchée par ces drames humains.

Diane Tanguay, directrice de La Nichée

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer