Un registre du risque parental

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La mort de l'enfant était survenue moins d'un... (Archives La Presse)

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La mort de l'enfant était survenue moins d'un mois après avoir fait l'objet d'un signalement à la DPJ.

Archives La Presse

La tribune
Le Quotidien

La Commission des droits et libertés condamne la DPJ dans un rapport sur la mort d'un bambin de 20 mois. Le criminaliste Charles Cantin et la directrice de La Nichée, Diane Tanguay, s'expriment sur l'organisation.

TRIBUNE / Le saviez-vous ? Nous avons assassiné un bébé de 20 mois.

Ce que vous devez savoir, c'est qu'un poupon de 20 mois a passé à travers tous les maillons de notre système et a réussi à mourir. Cette histoire n'est pas arrivée à Cité Soleil en Haïti, mais plutôt chez nous au Saguenay.

D'abord, il y a eu naissance. Et à mot couvert, nous savons d'ores et déjà que le dossier mériterait à tout le moins une attention particulière. C'est là que le premier constat devrait être registré et documenté. À la naissance, ici naît Joseph Sainte-Marie, de parents discutables et à haut risque. Cela ne fonctionnera pas toujours, mais ne vaut-il pas mieux en faire trop ? Pécher par excès de prudence ? On ne maltraite pas son enfant à partir de l'âge adulte. Dans les faits plutôt rarement. Dans le dossier discuté, la présidente et directrice générale du CIUSSS, Mme Martine Couture, mentionne que notre système n'a pas été à la hauteur.

C'est donc l'échec de tout système qui s'est invoqué. C'est bel et bien pour ça que je suggère un registre du risque parental à la naissance.

Si nous avions, en tant que société, détecté le mauvais parent potentiel et la maltraitance anticipés, les présents écrits seraient lettre morte.

Voilà pourquoi, avec le mea culpa de Mme Couture, une réévaluation s'impose, et cela doit commencer par l'arrivée d'un enfant.

« On a mis quelqu'un au monde, on devrait peut-être l'écouter. » Cet extrait d'une chanson d'Harmonium devrait être l'Hymne d'un pays, le nôtre. 

La lecture de cette opinion nous ramène à l'article 39 de la Loi sur la protection de la jeunesse qui dicte que tout professionnel de la santé, de l'éducation et à tous les citoyens de signaler les cas, même en cas de soupçons de maltraitance.

On demande aux policiers qui ont des soupçons qu'un automobiliste qui a consommé de l'alcool soit soumis à un appareil de dépistage.

Ne pourrait-on pas soumettre les parents potentiels d'un enfant à naître à un test de dépistage sur la capacité à gérer l'arrivée d'un petit être à travers notre univers déjà si complexe et simple ?

Quant à nous, bien peu de chance de cibler le véritable tueur de ce petit enfant qui ne demanderait rien d'autre que le respect de vivre parmi nous.

Par contre, un examen de conscience s'impose. En février 2016, nous écrivions sous cette rubrique qu'un ménage s'imposait peut-être au sein de la DPJ. Une jeune femme enfantait alors de 5 enfants de son propre beau-père, au su et non à l'insu de sa propre mère.

La situation décrite à présent est contemporaine à celle énoncée et nous considérons qu'à eux seuls, ces événements devraient suffirent à cicatriser nos mémoires.

Je pense sincèrement que l'espoir est au rendez-vous. La DPJ (Direction de la protection de la jeunesse) a un colossal rôle à jouer afin de crier son dévouement à ceux qui ont peu de voix. Et je dis merci à madame Martine Couture de la transparence qui permettra à cette voix de pénétrer, nous l'espérons, les autorités compétentes.

Charles Cantin, avocat

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