L'avenir de mon magasin et moi

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
«Le commerce électronique va continuer de se développer.... (123RF)

Agrandir

«Le commerce électronique va continuer de se développer. Mais, au-delà de ces grandes tendances, la relation humaine entre le détaillant et le client va demeurer importante.»

123RF

La tribune
Le Quotidien

Voici deux points de vue qui se complètent sur l'avenir du commerce au détail et les tendances qui s'offrent aux consommateurs. Damien Hallegatte est professeur de marketing à l'Université du Québec à Chicoutimi et Jessika Roussy est directrice marketing chez Mode Choc.

Damien Hallegatte, professeur de marketing à l'UQAC

TRIBUNE / Un évènement important dans le commerce de détail des dernières années est la disparition des magasins Zellers. Plusieurs raisons expliquent ces fermetures, mais pour n'importe quel détaillant, l'amélioration des services et de l'assortiment de produits finit par atteindre des limites. Afin de prospérer, le secteur suivra donc les grandes tendances du marketing. Et cela pourrait modifier, discrètement, mais sûrement, notre relation avec nos magasins préférés.

Tout d'abord, la personnalisation de l'offre de produits, de services et de promotions devrait s'accentuer. Dans les grandes épiceries en particulier, on pourrait bientôt nous offrir des coupons-rabais véritablement personnalisés, en fonction de notre historique d'achat. Par exemple, un client qui achète régulièrement certains morceaux de boeuf et de porc sera classé comme un organisateur fréquent de barbecue. Il se verra donc proposer des réductions sur des morceaux d'agneau ou sur différentes sauces, afin de l'inciter à explorer et à consommer davantage. Ainsi, grâce à des techniques d'analyse avancées, déjà appliquées à grande échelle en Grande-Bretagne, notre épicier pourrait modifier substantiellement nos habitudes de consommation.

Par ailleurs, la majorité des détaillants développeront leur marketing de contenu, qui consiste à produire des contenus intrinsèquement valables pour attirer l'attention de clients actuels et potentiels. La publication « Cellier » de la SAQ, par exemple, est un véritable magazine appartenant à la société d'État, qui offre des conseils utiles, un contenu intéressant en soi, contrairement à une simple publicité. Ceci est très différent de l'approche classique où un média suscite notre intérêt, par exemple le journal que vous lisez en ce moment, et les commerçants y insèrent une publicité. Le marketing de contenu devrait se développer notamment parce qu'il est a priori très accessible. Il suffit d'alimenter une page Facebook de conseils ou d'informations qui intéressent ses clients. Toutefois, le défi pour les détaillants sera toujours de produire des contenus de qualité qui n'ont pas l'air de publicité déguisée.

Une troisième tendance, encore discrète, mais révolutionnaire sur le principe, s'appelle le marketing participatif. Presque inimaginable il y a quelques années, il consiste à faire participer les consommateurs au processus de mise en marché, voire de conception du produit. Par exemple, le détaillant invite ses clients à proposer un concept ou à donner leur avis sur différentes versions d'une publicité. De cette manière, les entreprises profitent de la créativité de certaines personnes, gratuitement, tout en renforçant la relation avec eux. Peut-être qu'un jour, on nous demandera de générer des idées sur la rénovation d'un magasin, via un concours, qui sera donc une sorte de concours d'architecture ! Nous ne participerons probablement pas en grand nombre à ces initiatives, mais attendons-nous à être sollicités pour participer au travail d'élaboration de l'offre des détaillants.

Une quatrième grande tendance, plus ancienne que les précédentes, mais de plus en plus incontournable, est l'importance de la responsabilité sociale de l'entreprise. On s'attend bien sûr de toute entreprise commerciale qu'elle adopte des pratiques responsables. Mais une attente supplémentaire de la société pèse sur les commerces de détail. Ils doivent, non seulement faciliter, mais inciter les consommateurs à adopter les comportements responsables. Néanmoins, il ne devrait pas y avoir des bouleversements de ce côté-là. Si on peut s'attendre que les pratiques de recyclage soient mises à l'honneur par les détaillants, ce ne sera probablement pas le cas des pratiques de réduction de la consommation.

Le commerce électronique va continuer de se développer. Mais, au-delà de ces grandes tendances, la relation humaine entre le détaillant et le client va demeurer importante. Les gens apprécient d'être reconnus dans leur individualité lorsqu'ils fréquentent des magasins. Il s'agit d'ailleurs là d'un avantage concurrentiel majeur des petits magasins, difficilement imitable par les grands. Cependant, aucun détaillant ne devrait oublier que, lorsqu'ils magasinent, les consommateurs cherchent de tout, même un ami.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer