Un héritage à léguer

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Drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Le Quotidien

TRIBUNE / LA RÉGION, DEMAIN - Dans le cadre du Sommet social régional qui se déroule aujourd'hui, les intervenants tenteront de redéfinir le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le professeur de l'UQAC Marc-Urbain Proulx et le conseiller syndical de la CSN Éric Dubois se prononcent sur la question, en marge de l'événement.

(Éric Dubois) - C'est aujourd'hui que se tient à Alma le Sommet social régional, organisé par l'équipe du FSR 02, qui a déjà commis quatre autres forums sociaux au début des années 2010. Voulant dépasser les limites de la formule des forums sociaux, ce Sommet social veut provoquer une réflexion de l'hémisphère social du cerveau et proposer l'ébauche d'un projet de société régional autour de quatre thématiques du développement social : lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale, économie sociale et solidaire, intervention communautaire et gouvernance participative régionale. 38 mémoires ont été déposés, dont le mien.Comme militant syndical, j'ai assisté en cinq ans à des centaines de mise à pied ; plusieurs fermetures d'usines, dont certaines extrêmement sauvages ; à l'implantation du management néolibéral dans les grandes entreprises de la région, à grand renfort de sous-traitance, de reculs et de restructurations. J'ai assisté à la dévalorisation de notre richesse forestière - rien que bonne pour des 2x4 aux dires de certains - et au détournement des hydro-dollars pendant que les travailleuses et les travailleurs étaient à la rue. J'ai assisté impuissant à tout cela - nous l'avons tous été - et j'ai surtout assisté au démantèlement du peu d'outils de concertation, de recherche et de planification que nous avions pour espérer nous en sortir. Jamais n'avait-on autant perdu en si peu de temps sans que cela ne nous inquiète outre mesure. Jamais l'élite politique régionale ne s'était enfermée autant dans la léthargie sur les enjeux qui nous concernent, pourtant. On nagerait en pleine tragédie et nous n'aurions même pas la volonté de nous sortir la tête de l'eau ?

Pourtant, de l'avenir il y en a. La léthargie ambiante contraste avec le bouillonnement de ce qui s'en vient. La morosité va laisser place à l'intelligence, à l'affirmation et à l'optimisme, je le sens, je le sais, je le souhaite. Une simple question posée sur ma page Facebook pour préparer la rédaction de cette chronique aura provoqué une trentaine de commentaires articulés et réfléchis. Il faut constater le fossé entre le pouvoir usé actuel et le pouvoir tout neuf qui couve en sourdine et qui prépare tranquillement son émergence. Ma préoccupation comme citoyen et comme militant est de trouver le moyen de contribuer à ce changement de paradigme, plus que jamais un impératif.

Venons-en donc au mémoire que j'ai déposé. J'y propose que nous investissions ensemble les vingt prochains mois dans une démarche d'autonomisation collective par la tenue d'états généraux sur le développement et sur la gouvernance de la région, tout en profitant des leviers politiques que seront les élections municipales (2017) et provinciales (2018) pour tourner la table et reprendre l'initiative sur les défis qui nous attendent. L'objectif est de mettre toute la région en mode réflexion, innovation et concrétisation. La formule de forum proposée par l'équipe de l'UQAC entourant le professeur Marc-Urbain Proulx me semble porteuse ; celui sur le pacte de l'aluminium a été un franc succès qui gagnera à être répété souvent, en misant sur l'expertise, la vulgarisation, le partage des informations stratégiques et l'accessibilité partout sur notre immense territoire régional. 

L'heure n'est plus à attendre quoi que ce soit d'un quelconque parti politique, d'une option sur la question nationale ou d'un politicien charismatique. Nous avons déjà épuisé notre capital de patience et de candeur pour continuer plus longtemps sur cette voie. Le démantèlement de nos acquis, de nos structures sociales, politiques et économiques régionales sont bel et bien des réalités ; dans ce contexte, la léthargie n'est plus une position confortable, ni même acceptable. Il importe que la population de la région amorce une démarche de réappropriation collective de son pouvoir sur elle-même, par la constitution d'une gouvernance participative enracinée dans la proximité. L'idée n'est pas de travailler pour nous-mêmes, mais plutôt pour ceux qui suivront. C'est le cadeau que j'ai le goût d'offrir à ma fille Madeleine et à ceux qui nous succéderont. Un cadeau d'avenir et d'espoir, ici, au coeur de la Boréalie.

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