Les sentiers de la paix

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La publication, le 2 septembre, d'une photo déchirante... (AP, DHA)

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La publication, le 2 septembre, d'une photo déchirante montrant le corps du petit Aylan Kurdi, un réfugié syrien qui s'était noyé, retrouvé sur une plage de la Turquie, a fait le tour du monde et elle a bouleversé des gens aux quatre coins de la planète.

AP, DHA

La tribune
Le Quotidien

TRIBUNE / Le Canada en Syrie: une intervention des Forces canadiennes est-elle envisageable ? Éric Arsenault est journaliste, professeur d'actualités au Cégep de Jonquière (ATM) et chroniqueur à Rouge-FM. Sébastien Lévesque est quant à lui professeur de philosophie.

Sébastien Lévesque, professeur de philosophie

Qui se souvient d'Aylan Kurdi ? Oui, il s'agit bien de cet enfant syrien dont les images du corps retrouvé sans vie sur une plage turque avaient bouleversé le monde entier. Vous l'aviez oublié ? Normal, c'était il y a près de deux ans. Et deux ans, dans notre univers médiatique obsédé par l'instantanéité, c'est un peu comme l'éternité.

N'empêche, on se souviendra tout de même que le « choc émotionnel » causé par la diffusion de ces images avait eu un impact notable sur l'opinion publique canadienne, les principaux partis politiques, alors en pleine campagne électorale, promettant tous d'accueillir plus de réfugiés.

L'horreur sous un jour plus sombre

Quoi qu'il en soit de ces engagements politiques, le fait est que la situation en Syrie ne s'est guère améliorée depuis. Pour les civils syriens, du moins. Car pour celle et ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) s'enfuir, le conflit demeure bien réel.

Chaque jour, la peur. Chaque jour, l'horreur. Et parlant d'horreur, cette dernière s'est récemment dévoilée sous son jour le plus sombre alors que nous découvrions avec stupeur les images d'enfants syriens agonisant après une attaque chimique au gaz sarin. Des images insoutenables, il va sans dire. Des images qui, comme celles du petit Aylan sur la plage, suscitent naturellement des sentiments d'indignation et d'impuissance.

Pourquoi ?

Devant ce qui a été rapidement qualifié de « crime de guerre », la réponse américaine ne s'est pas fait attendre bien longtemps.

Pas moins d'une cinquantaine de missiles Tomahawk ont été largués sur des cibles stratégiques en Syrie. Mais à quoi bon ces attaques ? Quels étaient les effets escomptés ? Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est difficile de cerner les intentions ou la stratégie de l'administration Trump dans ce dossier.

Au-delà des sentiments

En vérité, tout porte à croire que cette réponse était plus « émotionnelle » que « rationnelle ». Mais je suppose que dans les circonstances, c'était la bonne chose à faire.

Je suppose que les émotions impliquent parfois des (ré) actions. Les sentiments ont en effet ceci de nobles qu'ils nous poussent à agir (ou à ne pas rester indifférent, à tout le moins) devant l'injustice, mais il est cependant loin d'être évident qu'ils parviennent à eux seuls à fonder une stratégie adéquate pour arriver à nos fins.

D'ailleurs, s'il y a bien une leçon à tirer de la triste histoire du petit Aylan, c'est que la réponse émotionnelle peut parfois s'avérer très fugace. Aussi, nous devons comprendre que c'est bien beau de vouloir venir en aide aux réfugiés, mais que cela s'avère un peu absurde si nous ne nous attaquons pas aussi à la racine du problème. Bref, les bons sentiments ne suffisent pas.

Réflexion d'abord

Au-delà des sentiments, nous avons donc le devoir de prendre un peu de recul afin de réfléchir à des solutions concrètes et durables à ce conflit. À ce propos, je me désole que le gouvernement canadien ne fasse pas preuve davantage de leadership afin d'approfondir la voie diplomatique.

Il n'est évidemment pas ici question de sombrer dans l'angélisme, mais il n'en demeure pas moins que les sentiers de la paix, aussi sinueux soient-ils, se doivent d'être explorés et approfondis.

Car la guerre, aussi « juste » soit-elle en certaines circonstances, n'est jamais une fin en soi.

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