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Le directeur général du Conseil des arts de... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Le directeur général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel.

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La tribune
Le Quotidien

TRIBUNE - Richesse culturelle / La culture est-elle reconnue à sa juste valeur dans la région ? Le directeur général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, et le coordonnateur régional de Télé-Québec, Jocelyn Robert, se prononcent sur cette question, en marge du festival REGARD qui a pris son envol cette semaine.

Claude Martel, directeur général du Conseil des arts de Saguenay

En 2010, le Conseil des arts de Saguenay (CAS) dévoilait les chiffres d'une étude menée par le CLD et le Conseil régional de la culture. Cette étude s'appuyait à la fois sur les états financiers d'une vingtaine d'organismes artistiques et sur des données récoltées entre 2008 et 2009.

Cette étude, ne s'adressant qu'aux organismes spécialisés du domaine des arts, excluait les productions privées et les événements de variété, festifs et populaires.

Plus spécifiquement, l'étude visait un milieu méconnu du public constitué d'organismes professionnels et qui, par décret municipal, fut confié en 2006 à l'expertise du CAS. 

Ces organisations, soutenues financièrement par le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, la Société des entreprises culturelles du Québec, Patrimoine Canada et par plusieurs fondations et programmes nationaux et internationaux, se partagent près de 4 M $ par année émanant de ces instances.

Entre 2008 et 2009, on y dénombrait 42 employés permanents (peu rémunérés et sans avantages sociaux) et plus de 65 contractuels (artistes et travailleurs culturels) avec une masse salariale brute de 1 324 000 $. Le financement public offert de manière récurrente à ces organismes, en contrepartie d'une animation culturelle de grande qualité, atteignait alors 2,4 M $ et le secteur privé contribuait, en mécénat ou commandite, pour plus de 929 000 $.

Avec une activité hors du commun, toute proportion gardée, aussi vive qu'à Québec et Montréal, cet ensemble d'organismes, autour desquels gravitent plus de 800 bénévoles et s'animent journalistes, chroniqueurs, imprimeurs, concepteurs, webmestres et graphistes, dépensait en 2008 plus de 2,5 M $ sur le territoire de Saguenay et proposait à la communauté pas moins de deux salons, 15 productions, quatre festivals, neuf événements majeurs, 33 expositions et 432 représentations. À partir de ces données il est possible d'imaginer quel effet considérable aurait sur notre communauté un véritable leadership et une vision stratégique municipale en matière de financement des organismes culturels... 

Selon le facteur 1.28 et le modèle intersectoriel du Québec, outils de calcul des retombées économiques, un chiffre d'affaires de 4,5 M $ devrait générer un impact secondaire de 5,5 M $ et des retombées de 11 M $. Ces organisations qui affichaient pourtant à leurs états financiers 2015 un chiffre d'affaires de 5,8 M $ n'ont pourtant bénéficié, au fil du temps, que d'un apport financier très mesuré de la municipalité de Saguenay : 480 000 $ pour 21 organisations en 2017. 

Ces organisations offrent pourtant un ensemble cohérent et diversifié de spectacles et d'événements qui nous positionnent comme pôle incontournable de l'identité culturelle du Québec, et ce, dans toutes les disciplines. Bien sûr, cet ensemble jouit d'un solide support municipal en services techniques et, bien entendu, de divers octrois discrétionnaires... Mais cela suffira-t-il encore longtemps pour garder ici nos meilleurs joueurs, nos artistes et nos travailleurs culturels ? 

Dans le contexte d'une compétition féroce entre la qualité et la diversité des événements à voir au Québec ou le "cocooning" proposé de l'écran et des applications de l'intelligence artificielle, quels seront demain les acteurs capables d'innover, ou ne serait-ce que maintenir une spécificité culturelle attractive si on ne leur en donne pas les moyens ? 

Plusieurs de ces organismes ont fait la preuve qu'une offre culturelle originale fait rayonner la municipalité de manière autrement signifiante que bien des secteurs d'interventions. 

Il faut dès demain donner à ces organismes les ressources nécessaires à la réalisation de leurs mandats spécifiques à la vie des arts et leur garantir ainsi la croissance de leurs subventions externes, et ce, afin de maintenir ici une offre culturelle conséquente à notre position stratégique entre deux pôles touristiques en pleine effervescence : Québec et le grand ensemble géographique que constituent les secteurs du fjord du Saguenay et de Charlevoix.

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