Pilier économique méconnu

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Jocelyn Robert... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jocelyn Robert

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

La tribune
Le Quotidien

TRIBUNE - Richesse culturelle / La culture est-elle reconnue à sa juste valeur dans la région ? Le directeur général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, et le coordonnateur régional de Télé-Québec, Jocelyn Robert, se prononcent sur cette question, en marge du festival REGARD qui a pris son envol cette semaine.

Jocelyn Robert, coordonnateur régional de Télé-Québec.

Pour l'instant, il faut l'admettre, collectivement, nous sommes passés à côté du sommet économique régional en oubliant de reconnaître la culture comme pilier du développement socioéconomique durable au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pendant que le milieu culturel et ses 2000 travailleurs constituent notre industrie de la créativité, celle de l'avenir, le seul secteur dont l'économie est en croissance chez nous depuis des années, la gouvernance régionale est demeurée ignorante du fait porteur.

En 2012, le Conseil régional de la culture, rare organisme encore existant de la concertation régionale - aujourd'hui baptisé Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean - nous rappelait que le secteur culturel, toute action confondue (les arts et lettres, l'industrie du spectacle et le milieu de l'information) « représentait jusqu'à 2 % du PIB de la région, soit 211,6 millions de dollars », une donnée non négligeable qui rappelle que la culture se situe parmi les industries les plus rentables, et ce, avant même l'agriculture et la foresterie ; soit à peu près au même niveau que les mines !

En 40 ans, la culture au Saguenay-Lac-Saint-Jean a fait un bond de géant grâce à sa professionnalisation et la multiplication des initiatives artistiques précisément. En clair, la culture s'est faite rassembleuse et entrepreneuse. Pas surprenant qu'aujourd'hui, elle s'impose.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean rassemble une somme incomparable de projets artistiques singuliers avec son calendrier culturel le plus important après Montréal et Québec. Il faut le reconnaître collectivement et rappeler à la vieille garde régionale que l'avenir de la région passera dorénavant par son développement culturel et l'attrait qu'il suscite.

REGARD, le Festival international des arts de la marionnette, l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Festival des musiques de création, le Côté-Cour ont fait figure de modèles depuis la fin des années 80 et 90 en développant des niches uniques au Québec, des créneaux que plusieurs ont tenté d'imiter. J'ai bien connu ces compagnies qu'on dit sans but lucratif alors qu'en réalité, elles ont tant enrichi les communautés et les citoyens qui les ont côtoyées. J'ai fait de la gestion en arts bien avant que le modèle soit enseigné dans les universités. Depuis, le milieu des arts et de l'enseignement supérieur n'a cessé de « former » des citoyens éduqués et engagés. Cela a fini par être payant.

Notre milieu culturel constitue une somme de modèles d'affaires, d'entrepreneuriat, de créativité, de leadership alimentée par la détermination des battants. Il s'agit d'une énergie qui émane d'un noyau insatiable de créateurs et de professionnels en arts et culture qui défendent des missions artistiques solides et qui circulent souvent à travers le monde. Réunis, ces artistes et travailleurs de la culture assurent non seulement la rentabilité des actions, mais aussi la pérennité des initiatives parce qu'ils sont mus par un intérêt collectif et commun, avant tout intérêt commercial ou privé. L'art est ce moteur qui se propulse d'abord et avant tout par lui-même grâce à sa quête incessante qui le rend pérenne.

Pour la suite, il importe qu'au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on redéfinisse notre gouvernance politique afin d'exercer un leadership plus visionnaire. À l'aube des élections municipales qui se dérouleront à l'automne 2017, il faut que la culture soit au centre des préoccupations, partout sur le territoire, de Girardville à Petit-Saguenay, quels que soient les moyens, quelles que soient les opportunités.

Au même titre que l'éducation, la culture est un investissement, un mode de vie, notre ouverture aux autres, notre ouverture sur le monde, garante de notre développement personnel et collectif. En cette semaine de festivités cinématographiques à Saguenay, il est facile de constater qu'elle demeure notre façon la plus rentable de prendre contact avec la planète.

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