Rêver et partir

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Le criminaliste Charles Cantin... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le criminaliste Charles Cantin

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

La tribune
Le Quotidien

TRIBUNE / Le 11 janvier dernier, les criminalistes Charles Cantin et Dominic Bouchard atteignaient la cime du Kilimandjaro, accompagnés de leur associé Julien Boulianne et d'un ami, Richard Morin. Cette ascension, réalisée afin d'amasser des fonds pour la jeunesse, était non seulement une expédition, mais également un voyage intérieur qui les a marqué à jamais. Me Cantin et Me Bouchard s'exprime respectivement sur le défi qu'ils avaient à relever et sur le retour à la réalité.

Charles Cantin, à gauche, Julien Boulianne, Dominic Bouchard... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

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Charles Cantin, à gauche, Julien Boulianne, Dominic Bouchard et Richard Morin (les deux bras dans les airs) étaient très fiers et émus à leur arrivée au sommet du Kilimandjaro.

Photo tirée de Facebook

Me Charles Cantin

Kilimandjaro. La montagne blanche ou le mont étincelant. 5895 mètres de respect, de jungle et de glace, le toit de l'Afrique.

Je vous fais une confidence. Je croyais cette montagne sacrée inaccessible et infranchissable puisque je suis asthmatique. Je procède à cette révélation afin de donner espoir à ceux qui éprouvent des difficultés respiratoires. Au sommet, il vous revient 45 % d'oxygène. Tout est alors une question de contrôle et de confiance. Que vous vous apprêtiez à gravir plus de 50 kilomètres de montée sur six jours et les redescendre sur une journée et demie demandera une équipe et une préparation proportionnelle au défi qui vous attend. 

Dans mon cas, j'ai eu l'immense chance d'avoir des coéquipiers exceptionnels et très inspirants. 

Dominic Bouchard, le nouveau papa. Imaginez, un petit bébé d'à peine un mois juste avant notre aventure. Privé de sommeil si essentiel, Dominic a relevé le défi avec presque de l'aisance, malgré des petits problèmes de déshydratation à la toute fin. 

Richard Morin. Le patriarche du groupe. Mon partenaire de toutes les randonnées. Stable et confiant, il va toujours jusqu'au bout. 

Julien Boulianne. Un pilier et une maturité de grand chef d'expédition. 

À notre équipe se sont greffés 17 porteurs, 2 guides professionnels, un cuisinier et un assistant. Est-ce utile de spécifier que l'esprit de groupe, à travers notre chevauchée pédestre, fut plutôt facile à développer ?

Quiconque veut se rendre au sommet Uhuru se facilitera la cause, si bien entouré de gens positif et plein d'énergie. 

Il y a bien évidemment une préparation physique nécessaire à la conquête du Kilimandjaro.

De prime abord, vous devez être capable de marcher de très longues distances. C'est ainsi qu'à titre personnel, je me suis fixé comme 1er objectif La Petite Randonnée du Gros Dickey ; exercice de 44 kilomètres par temps pluvieux et maussade. Réussi un peu dans la douleur, vous en parlerez à Frédéric Gagné de Radio KYK FM 95,7. Par la suite, de l'entraînement en salle sur appareil elliptique simulera parfaitement le mouvement de marche en montagne. Deux mois avant le but ultime, vous ferez de l'elliptique muni d'un sac de 30 kilos, ce qui augmentera votre résistance de randonneur. En même temps, exercez-vous à monter des pentes abruptes muni de votre sac d'entraînement. La côte Desmeules est sur mesure pour la préparation d'un montagnard. 

Compléter par un programme de poids et haltères de façon aérobique, avec de longues séries, sera très salutaire pour celui qui veut vaincre le Kilimandjaro.

Il y a le côté alimentaire. Augmenter sa masse musculaire, réduire son taux de gras afin d'être équipé pour l'effort physique continu, donner une chance à son corps et surtout, être à l'écoute de soi. Après tout, gravir 5895 mètres demande du muscle et de la résistance. 

Si vous voulez augmenter vos chances de vaincre le monstre sacré d'Afrique, misez sur votre force mentale. D'abord, il est primordial de regarder la montagne de façon admirative et non craintive. C'est comme regarder un boxeur dans l'arène, le trouver gentil et non méchant. Ne pas voir ce qu'il reste à faire, mais constater ce que vous avez franchi. Simplement à l'oeil, vous êtes en mesure de le faire.

Soit dit en passant, ces conseils valent pour n'importe quel trek, peu importe l'endroit. Il vous faudra procéder par la visualisation, vous fixer de petits objectifs. À la fin de chaque journée, vivez votre parcours comme une épopée quotidienne. 

Chaque pas, chaque pouce, chaque avancée, chacune de vos pilasses laisseront une trace de votre passage. Chaque pas, même de quinze centimètres, doit être une petite victoire, et même un pas maladroit en est un vers le sommet et une soustraction à cette montagne qui diminue à chaque enjambée. 

Le prochain pas que vous faites en est un de moins. Toute progression vers l'Uhuru est une victoire du corps sur la matière.

J'espère que ces quelques réflexions vous aideront à vivre un peu cette expérience inoubliable où le dépassement de soi fut accompagné de camaraderie et de fraternité. Si j'ai accompli cette montée fantastique, la plupart d'entre vous peuvent l'accomplir. Et cela à trois conditions : il faut rêver, se lever et partir.

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