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Laurier Landry a été victime d'un accident de... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Laurier Landry a été victime d'un accident de motoneige il y a un an.

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Le Quotidien

TRIBUNE - SÉCURITÉ À MOTONEIGE / En période hivernale, des dizaines de milliers de motoneigistes se partagent les sentiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à la recherche d'émotions et de décors époustouflants. Ce loisir n'est toutefois pas dépourvu de risques, tel qu'en témoignent les multiples incidents répertoriés chaque année. Le sergent Jean Tremblay, de la SQ, et l'Almatois Laurier Landry, victime d'un grave accident l'an dernier, s'expriment sur le sujet.

Laurier Landry, victime d'un grave accident

Il y aura un an le 15 janvier que j'ai été impliqué dans un accident qui, encore aujourd'hui, laisse des traces souvent très douloureuses, malgré de nombreux soins.

Depuis que l'hiver a recouvert le sol de neige, il n'y a pas une seule journée où l'on ne me demande pas si je vais refaire de la motoneige. Au tout début, j'étais catégorique dans ma négation. Ces temps-ci, je suis moins affirmatif puisque je suis à même de constater que cela peut constituer un loisir fort agréable lorsqu'il est pratiqué consciemment et prudemment.

Cependant, au cours de cette dernière année, j'ai été à même de comprendre que les dangers qui guettent les adeptes de la motoneige sont fort nombreux. Je suis d'ailleurs plus à même d'analyser les éléments qui ont conduit à mon accident.

Dans un premier temps, on peut penser que le conducteur lui-même constitue la première source de danger. En ce qui me concerne, il est probable que le manque d'expérience et l'insécurité qui m'habitaient y sont pour beaucoup. Ce n'est certes pas la concentration qui faisait défaut. Toutefois, comme beaucoup de gens qui pratiquent ce sport, j'avais tendance à oublier que la motoneige offre bien peu de protection lorsqu'on entre en contact avec un obstacle. Plusieurs de mes blessures résultent de ce fait. Même si l'on peut penser que la vitesse n'est pas en cause dans mon accident, il n'en demeure pas moins que, même à 60 km/h, un contact peut faire des dommages considérables.

Une deuxième catégorie de dangers est reliée au fait que les sentiers de motoneige sont utilisés par toutes sortes de gens. Certains ont l'impression que chaque fois qu'ils sortent, ils empruntent une piste de Formule 1. Lors de mon accident, si cet élément ne pouvait être en cause, je rappellerai que la semaine précédente lors d'une randonnée, j'ai dû me frotter trois fois avec d'autres motoneigistes ou bien parce que ceux-ci ne gardaient pas leur droite, ou bien parce qu'ils n'étaient pas en mesure de s'arrêter à temps. Ici, je ferai abstraction du fait que plusieurs conduisent sous l'effet de l'alcool, ce qui est bien pire et surtout, un fléau à mon avis. Un troisième danger qui guette les motoneigistes, ce sont les véhicules eux-mêmes. Certains d'entre eux s'avèrent des bombes et je ne pense pas que c'est demain que les fabricants vont modifier cette tendance. L'engin que je possédais pouvait atteindre des vitesses incroyables, capables de faire peur. Était-il bien adapté? Voilà la question!

Dans un autre ordre d'idée, on doit penser que la qualité des sentiers, ce qui comprend l'épaisseur de la couche neigeuse, le tracé lui-même, la signalisation, l'entretien, etc., peut s'avérer un risque imminent. En ce qui me concerne, dans les jours qui ont suivi mon accident, on a modifié le tracé et amélioré la signalisation à cet endroit. De plus, on doit mentionner qu'au 15 janvier 2016, le couvert neigeux était très faible, ce qui a certes contribué à ce que je sois blessé davantage.

Enfin le dernier type de danger duquel on doit se méfier, ce sont les conditions de température. Au Québec, celles-ci sont souvent extrêmes et surtout très changeantes. Le matin de mon accident, il faisait dans les -25 degrés et le soleil était aveuglant. La motoneige qui me précédait était suivie d'une poudre à en perdre la vue.

Chaque année, on compte de nombreux accidentés chez les motoneigistes et souvent, la fatalité est présente. Existe-t-il des solutions? Oui certainement, mais bien peu de gens seraient intéressés à les mettre en place, et encore moins à les respecter, autant du côté des fabricants que du côté des adeptes. D'autre part, il faut penser que la motoneige constitue un apport économique important pour certaines régions, dont la nôtre. Il ne faut pas faire en sorte que la mise en place de mesures visant à réduire le danger vienne nuire à cette industrie. Les réactions seraient fort nombreuses.

Enfin, je terminerai en disant que dans chaque accident, il est souvent difficile de ne retenir qu'un seul facteur. Chacun doit se remettre en cause et surtout se rappeler que cette industrie est gérée par des bénévoles qui font certes pour le mieux.

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