Alexis Le Trotteur, suite et fin...

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TRIBUNE / Vente de JCL: Carol Néron est un auteur édité par JCL et un ancien... (123RF)

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Le Quotidien

TRIBUNE / Vente de JCL: Carol Néron est un auteur édité par JCL et un ancien éditorialiste au journal Le Quotidien, et Mélanie Hovington est responsable informatique et développement au Réseau BIBLIO SLSJ.

(Carol Néron) - Les Éditions JCL sont nées dans la foulée de l'épopée posthume d'Alexis Le Trotteur...

Au début des années 70, Jean-Claude Larouche veut publier l'ouvrage universitaire sur le célèbre coureur jeannois dont il est l'auteur. Il tente d'intéresser des maisons d'édition à son manuscrit. Ses démarches demeurent vaines. À l'époque, le monde québécois de l'édition est en effervescence. Il prend alors la décision de se lancer lui aussi dans l'aventure... en commençant par publier le fruit de son propre labeur!

Près de quatre décennies plus tard et avec pas moins de 500 titres à son tableau de chasse, dont 35 ayant franchi le cap de 100 000 exemplaires vendus, Jean-Claude Larouche se retire dans ses terres avec la satisfaction du devoir accompli. Grâce à lui, en effet, des auteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ensuite du Québec tout entier et de plusieurs pays de la francophonie, ont pu se tailler une place de choix dans le monde difficile du roman, toutes catégories et styles confondus. Tout cela à partir d'une boîte située à peine à un jet de pierre du vieux pont de Sainte-Anne. Pas mal comme réussite!

En 1965-66, j'ai 17 ans; un peu désoeuvré, je fréquente le Memorial Town («Le Mémo», à Kénogami) avec un groupe de jeunes bénévoles. Jean-Claude Larouche est responsable de la bonne tenue de l'endroit et des activités de loisirs. Un jour, il me fait venir dans son bureau. Il me demande en quoi je pourrais être utile au groupe autrement qu'en organisant, par exemple, des soirées de spectacles avec des groupes québécois en vogue (les Jaguars viennent de faire salle comble dans le gymnase). Haussement d'épaules de ma part... «Est-ce que tu es bon en français?» Je réponds que c'est ma matière forte en classe et que je dévore tous les magazines qui passent à ma portée avec une prédilection pour le Paris-Match. «Alors, tu vas t'occuper de rédiger des communiqués de presse». Fin de la rencontre.

Quelques semaines plus tard, le Progrès-Dimanche publiait en page 2 de son édition régulière un long article signé de ma main et faisant état d'une expédition organisée par mon groupe de bénévoles sur le mont des Conscrits, non loin de Saint-Ambroise. Ce fut le début de ma carrière de journaliste qui s'est échelonnée sur près de 40 ans.

Les succès s'enchaînent

Vers 1987, je fais part à Jean-Claude Larouche, avec qui je suis resté en contact, de mon intention de me lancer dans l'écriture, style «thriller». «Ce n'est pas le genre de roman que je publie, mais je suis prêt à tenter le coup avec toi», répond-il sans hésiter. En 1989, cette grande marque de confiance donne vie, chez JCL, à «Rosalie» suivie, tardivement en 2003, de «Rébecca».

Une flopée d'auteurs plus persévérants que ma plume a profité de l'intuition de Jean-Claude Larouche. L'un des premiers membres de son écurie à atteindre le cap des 100 000 exemplaires vendus aura été Élisa T. L'équipée italienne des soeurs Lévesque a également donné «Les Valises rouges». Gabrielle Lavallée, avec «L'Alliance de la Brebis», complète ce Trifecta. Les succès se sont enchaînés, mais je crois que ces trois titres ont assis définitivement la réputation des Éditions JCL sur la scène nationale et internationale.

Jean-Claude Larouche a toujours refusé de déménager sa maison d'édition à Montréal ou à proximité des grands centres. Il m'a toujours dit que c'était possible de réussir en région en tant qu'éditeur de livres, il en est d'ailleurs déjà la preuve vivante. La décision de se départir de sa maison d'édition, probablement faute de relève, n'aura certainement pas été facile à prendre.

La vente des Éditions JCL est annoncée presque en même temps que l'acquisition, par des capitaux de l'extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de compagnies familiales toujours prospères ou en plein développement, comptant parmi les plus belles réussites du monde régional des affaires. Désormais, il faut donc ajouter au défi posé par l'exode de nos jeunes celui, notamment, du manque de relève dans nos entreprises.

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