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La tribune
Le Quotidien

TRIBUNE /Les médias du monde entier vivent présentement une ère de mutation, au cours de laquelle ils doivent se réinventer en fonction des nouvelles technologies de communication et des marchés en évolution constante. La province n'échappe pas à cette réalité et la question s'impose : quel est l'avenir de l'information en région?  Martin-Thomas Côté est animateur à la station KYK-Radio X.

Il n'a jamais été aussi facile de s'informer et pourtant, j'ai l'impression de l'être de moins en moins. Comme si devant un océan d'informations, je m'étais abreuvé à m'en noyer. Comme celui qui craint l'astéroïde et qui finit par mourir d'une piqûre d'abeille, j'ai l'impression d'avoir perdu le focus. Mais avez-vous entendu parler de ce qui se passe à Montréal ? À Québec ? À Toronto ! Bien sûr, mais qu'en est-il de ce qui se passe chez vous, dans votre cour ? 

Le paysage médiatique des régions se transforme et force est de constater qu'il a déjà été plus fourni. L'intérêt de la métropole pour les ruraux est à son plus bas et les médias de masse sont, bien malgré eux, devenus esclaves de ce nombrilisme. Nos régionaux, on en parle lorsqu'ils couchent entre cousins ou encore quand ils ont des propos racistes. Pour le reste, comme Voltaire l'a déjà dit : « Laissez faire ces quelques arpents de neige ». Quel est le dernier sujet touchant une région du Québec qui a été traité à Tout le monde en parle ? Jean-Francois Dumas, d'Influence Communication, faisait le constat suivant en janvier 2015 : « Globalement, les régions au Québec, en 15 ans, ont perdu à peu près 88 % de leur poids média. Donc, ça n'existe à peu près plus, globalement, dans l'ensemble de l'actualité ». Donc, ce qui vous touche, chers lecteurs, ne les intéresse plus. Et pourtant, nous, on continue de les encourager et de consommer leurs nouvelles sur le pont Champlain ou encore sur leur aréna. Lorsque je m'adresse à des plus jeunes, la plupart ignorent les visages de personnalités de la région. Les plus vieux ne connaissent pas non plus les jeunes qui leur succèderont, les étoiles montantes. Il se consomme de moins en moins de médias régionaux et avec cette diminution, vient le risque de disparaître. Et la roue tourne.

Les consommateurs tout comme les médias doivent changer leurs habitudes. Pour les médias, il ne suffit plus de rapporter la nouvelle, il faut la vendre. La rendre intéressante voir passionnante. Un animateur de radio bien connu disait : « T'as pas le droit d'être plate .» La sélection des intervenants et des sujets est devenue le nerf de la guerre. Les médias doivent aussi s'éveiller à l'ère de l'Internet. Le perron d'église d'aujourd'hui, c'est le Net. On doit y être présent, et être à l'écoute de ce que les gens y racontent. Du côté des consommateurs, on doit participer. On doit consommer, on doit être présent. Le contenu s'améliore avec l'argent et l'argent vient avec le nombre de personnes qui consomment notre média. C'est aussi simple que ça. 

Il est donc de notre devoir de nous assurer de faire survivre l'information régionale, tous ensemble. Et détrompez-vous, si ce n'est pas par votre consommation, un jour ou l'autre le gouvernement sera sollicité pour sauver les entreprises médiatiques. N'attendez pas après Montréal ou Québec pour sauver ce qu'il reste des médias régionaux. Je viens de vous le dire, ils s'en balancent. Le quatrième pouvoir ne peut survivre que grâce à vous. Sans les médias, personne ne vous est véritablement redevable. Et tant et aussi longtemps que le système politique favorisera Montréal et Québec, votre seule chance d'avoir un poids, c'est de crier plus fort que les autres.

Il se fait actuellement de belles choses dans le paysage médiatique saguenéen. Je connais plusieurs des artisans, des passionnés, des gens allumés qui travaillent chaque jour pour déterrer tout ce qui est possible de savoir sur notre belle région. J'ai des collègues qui ont fait le tour du Québec en radio, et chaque fois je suis surpris de les entendre parler de la vivacité de notre région. De notre caractère unique, de notre diversité, de notre talent et de notre engagement. Tout est possible par la force du nombre. Lisez, écoutez, visionnez, intéressez-vous à votre monde. C'est vrai que c'est parfois moins passionnant que les enjeux internationaux, mais c'est souvent dans votre milieu que vous pouvez faire une différence et pour y arriver, vous devez le connaître, votre milieu. Sinon, il ne me reste en tête que cette phrase un peu vulgaire de Claude Péloquin: « Vous êtes pas écoeurés de mourir, bande de caves ? »

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