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TRIBUNE / Les médias du monde entier vivent présentement une ère de mutation,... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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TRIBUNE / Les médias du monde entier vivent présentement une ère de mutation, au cours de laquelle ils doivent se réinventer en fonction des nouvelles technologies de communication et des marchés en évolution constante. La province n'échappe pas à cette réalité et la question s'impose : quel est l'avenir de l'information en région? Isabelle Labrie est enseignante en journalisme en ATM au Cégep de Jonquière.

Il y a déjà plusieurs années que le monde médiatique vit de constants bouleversements. Le spectre de la disparition des éditions papier, les fusions et fermetures de journaux, les pertes de revenus publicitaires sont autant de facteurs qui ont assombri le portrait des entreprises de presse et jeté un regard négatif sur l'avenir du journalisme. Mais au-delà de ces constats maintes fois remâchés se dessine un monde certes différent pour les journalistes, mais tout aussi fascinant.

Car si certains, plus pessimistes, prévoient la disparition de cette profession, d'autres, dont je fais partie, préfèrent plutôt parler d'évolution et d'ouverture. Seuls ceux qui sauront adapter leurs façons de faire, qui regarderont vers l'avenir et qui feront preuve d'innovation tireront leur épingle du jeu.

Je dresse ces constats de mes nombreuses années comme journaliste sur le terrain et de mon expérience des dernières années comme enseignante en journalisme en Art et technologie des médias (ATM). Dans le cadre de cette fonction, j'ai eu l'opportunité de me rendre dans plusieurs salles de rédaction à travers la province et d'observer en temps réel les changements dans la manière de livrer l'information. 

En quelques années, une profession dont les pratiques avaient à peine changé depuis des décennies a dû se moderniser et adopter un rythme beaucoup plus rapide. Les dirigeants des salles de presse ont également dû faire preuve d'ingéniosité pour pallier la baisse des revenus publicitaires en même temps qu'ils devaient investir dans une industrie en pleine mutation pour développer des plates-formes pour les appareils mobiles. Ce n'est pas sans raison qu'une coalition regroupant plusieurs journaux a récemment demandé au gouvernement du Québec un soutien temporaire de cinq ans qui les aiderait à traverser la tempête numérique qui les frappe.

De nos jours, les journalistes alimentent les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Instagram et même Snapchat avant d'écrire des nouvelles pour le site Internet et les plates-formes traditionnelles. Ils doivent prendre des photos, tourner des images en même temps qu'interviewer des gens. Et tout ceci, en prenant soin de vérifier la véracité des informations. Le temps disponible pour faire de la recherche et fouiller une nouvelle rétrécit sans cesse. Et c'est sans compter que les conditions de travail, dans bien des boîtes, sont beaucoup moins intéressantes qu'auparavant. C'est essoufflant et difficile, j'en conviens. 

En même temps, il est extrêmement motivant de devoir sans cesse se dépasser pour aller chercher l'intérêt des lecteurs. Avec nos étudiants, nous essayons de nouveaux logiciels, nous testons, quelques fois avec succès et d'autres non, différentes applications. Nous avons la chance de côtoyer des jeunes allumés, qui ont grandi avec les technologies et qui ne demandent pas mieux que d'évoluer avec elles. Ils ne sont plus des journalistes traditionnels, ils sont des producteurs de contenu qui livrent une information variée, instantanée, polyvalente, qui traduit leurs préoccupations et leurs intérêts.

Comme ils font également partie de la génération montante de lecteurs, il est dans notre intérêt de nous servir des outils à notre portée pour les stimuler ainsi que pour les préparer pour le marché du travail.

Car contrairement à ce que l'on pourrait penser, du travail, il y en a dans les salles de rédaction. Surtout dans les régions. À preuve, l'an dernier, tous nos diplômés qui se destinaient à l'emploi en ont trouvé un. Régulièrement, nous recevons des appels de nos contacts aux quatre coins de la province à la recherche de jeunes talents. Les rédacteurs en chef veulent des journalistes dynamiques, polyvalents et ouverts d'esprit. Et surtout, capables de s'adapter à un monde en constante évolution. Voilà pourquoi seuls ceux et celles qui sont véritablement passionnés par le quatrième pouvoir feront carrière dans ce domaine compétitif, exigeant, mais ô combien nécessaire au sein d'une société démocratique.

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