Le défi d'une collectivité

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TRIBUNE - Les personnes âgées de 65 ans et plus sont dorénavant plus nombreuses... (Photo 123rf)

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La tribune
Le Quotidien

TRIBUNE - Les personnes âgées de 65 ans et plus sont dorénavant plus nombreuses que les jeunes de moins de 20 ans, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Que doit-on comprendre de cette situation? Patrice St-Pierre est directeur général de la FADOQ - Saguenay-Lac-Saint-Jean-Ungava et Marie-Noëlle Potvin était responsable des relations publiques au sein du Regrouement action-jeunesse 02.

(Patrice St-Pierre) - Sans tambour ni trompette, la région vient de voir son nombre d'aînés dépasser celui de leur descendance. Même si ce phénomène est déjà annoncé depuis belle lurette par nombre de démographes, il est étonnant de constater que bien des gens se disent surpris de la situation. Il est pourtant dans notre quotidien, nombre de situations qui dépeignent de manière évidente ce constat et qui indiquent que nos demains seront bien différents du modèle de société que nous avons connu au Québec au cours des 50 dernières années.

À ne pas se tromper, le vieillissement démographique est un phénomène social bien plus qu'une problématique, comme plusieurs le qualifient. Il y aura problématique si, et seulement si, nos élus de tous les paliers, décideurs et acteurs du monde socio-économique et communautaire, n'agissent pas pour prendre action et adapter leur vision et éventuellement leur action, en regard de ce phénomène qui touche particulièrement la région. Avez-vous entendu quelqu'un parler de la problématique de la jeunesse lorsque la pyramide des âges était constituée principalement de personnes n'ayant pas atteint la majorité? La réponse est bien évidente: non. Pourquoi? Simplement parce que les bottines ont suivi les babines et que l'action a permis le développement de services, infrastructures et programmes permettant aux jeunes d'avoir accès à ce dont ils avaient besoin.

Le Québec est, après le Japon, la deuxième société qui vieillit le plus rapidement et, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le phénomène est encore plus important que dans la Belle province. Ce simple constat illustre bien que nous vivons une situation d'exception qui doit engendrer de l'action, non pas pour favoriser les gens qui avancent en âge au détriment des autres générations, mais dans une optique de réel besoin d'une masse critique nécessitant la mise en place de modèles différents de ce que nous avons vécu par le passé.

Autre élément important à considérer dans notre approche de ce vieillissement démographique est celui du regard que nous portons sur ce que plusieurs appellent les «vieux». La perception de ce qui est vieux au Québec, est malheureusement trop souvent associée à quelque chose dont nous n'avons plus besoin, à changer, voire d'inutile. Pourtant, chez les Africains notamment, on vénère les vieux, on les appelle les sages et on s'y réfère telle une grande bibliothèque. Les spectacles de Boukar Diouf sont remplis de citations de son grand-père qu'il perçoit comme un modèle, une référence, un phare...

J'entends déjà des gens dire: «Qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Ils sont gras dur les aînés». Lorsque vous aurez retiré vos verres fumés, vous percevrez probablement que la situation est toute autre et que plus de 40% des 65 ans et plus dans la région doivent avoir accès au supplément de revenu garanti pour vivre. Certes, il y a des aînés - comme d'autres hommes et femmes des groupes d'âge plus jeunes - ayant une situation plus que confortable, mais la majorité silencieuse est beaucoup plus présente.

À cette étape, il faut agir, ce que nous aurions dû faire plus vigoureusement depuis 20 ans déjà. Un retard a été pris et nous devons le combler, tous et ensemble. La mise en place au cours des dernières années d'une entente spécifique régionale a été un élément déclencheur de plusieurs actions et d'une conscientisation au phénomène qui nous touche. Le développement des municipalités «amies des aînés» est un autre pas dans la bonne direction pourvu que les municipalités se décident enfin à consacrer les budgets nécessaires à la réalisation de l'action.

Ne regardez pas à gauche ou à droite. Vous, comme tout citoyen, avez votre part de responsabilité dans la suite des choses, dans ce vous voulez de ce demain. N'oubliez jamais que ce n'est pas seulement pour les aînés d'aujourd'hui pour qui cette action collective doit être engagée, mais aussi, et surtout, pour ces jeunes qui seront les vieux de demain.

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