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Bernard Généreux, directeur général de Val-David... (Steve Deschênes, archives le soleil)

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Bernard Généreux, directeur général de Val-David

Steve Deschênes, archives le soleil

 

Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / Les partis sont-ils pertinents en politique municipale ? La titulaire d'une maitrise en Études et intervention régionales de l'UQAC, Ursula F. Larouche,et l'ex-maire de Saint-Prime, ancien président de la FQM et actuel directeur général de Val David, Bernard Généreux, analysent la question.

La possibilité pour les municipalités de plus de 5000 habitants de créer des partis politiques a été autorisée par le gouvernement du Québec voilà trente ans. Qualifiés d'inutiles par certains, de «pas nécessaires» par d'autres, la plupart des partis politiques municipaux sont tous disparus avec les maires qui les avaient fondés.

Depuis 30 ans cependant, les responsabilités municipales se sont multipliées faisant en sorte que les villes ont bien changé depuis lors.

Maintenant présentes dans presque toutes les sphères de l'activité humaine, les municipalités s'inscrivent de plus en plus dans la tendance mondiale du retour au local. Elles en sont en quelque sorte la traduction. La municipalité demeure un niveau politique de proximité où le citoyen peut encore espérer influencer son cadre de vie.

Le Québec sort à peine d'une période sombre marquée par les scandales de corruption. Entre autres les dramatiques exemples de Laval et de Montréal auront rapidement, mais rudement mis à l'épreuve la pertinence de partis politiques municipaux contrôlés par des chefs de partis qui auront choisi de brader la vision globale de la ville et le bien-être collectif au profit de leurs intérêts personnels et de ceux de leurs petits amis.

Néanmoins, dans la mesure où les municipalités deviennent de plus en plus des milieux de vie, des lieux de partage et de proximité pour les citoyens, la pertinence des partis politiques municipaux me semble devoir s'imposer de plus en plus.

Dans ce contexte, les partis politiques municipaux s'offrent comme des tribunes où les citoyens peuvent de par leur adhésion et leur implication influencer leur devenir local.

Par contre, je ne conçois pas que la mise en place d'un parti politique puisse devenir une réponse à toutes les situations, notamment pour les plus petites municipalités où la proposition d'équipe est très souvent adéquate d'autant que le recrutement est également un défi.

Bien sûr en cette ère où les clowns politiques semblent malheureusement faire recette, il se trouvera toujours de ces politiciens populistes et autoritaristes pour qui le parti politique se résume à un banal véhicule de financement et à un instrument de promotion d'un candidat maire omnipotent souvent entouré d'une équipe d'inconditionnels soumis à la ligne de parti.

L'utilité du parti politique municipal, dans ce contexte, constitue ni plus ni moins un détournement de démocratie.

Par ailleurs, dans la mesure où le parti politique municipal peut devenir un lieu d'appropriation et d'influence du citoyen sur sa ville, un lieu de débat où se définit une vision globale de la cité, ce véhicule prend une tout autre dimension. Ajoutons à cela un processus électoral transparent et honnête, un financement propre, le parti politique municipal est alors voué à un bel avenir.

Bernard Généreux

Ancien président de la FQM et actuel directeur général de Val David

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