Plus de ressources pour les indépendants

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Ursula Larouche... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Ursula Larouche

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

 

Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / Les partis sont-ils pertinents en politique municipale ? La titulaire d'une maitrise en Études et intervention régionales de l'UQAC, Ursula F. Larouche,et l'ex-maire de Saint-Prime, ancien président de la FQM et actuel directeur général de Val David, Bernard Généreux, analysent la question.

Les villes ont désormais des responsabilités plus importantes qu'autrefois, résultats d'une décentralisation des responsabilités qu'elles ont réclamées depuis fort longtemps. Suivant ces nouvelles responsabilités, les budgets municipaux ont explosé, mais pas forcément les revenus. Aussi, les élus municipaux doivent-ils gérer plus d'argent et faire des choix dans les priorités dans le développement de leur quartier. Les citoyens, plus informés que jamais, se sentent plus concernés par les décisions, puisque celles-ci les impactent directement tant dans leur cours que dans leur portefeuille, alors ils demandent des comptes et posent des questions.

Les citoyens auront à choisir un candidat aux prochaines élections municipales. Quelle est la différence entre un élu municipal membre d'un parti ou un candidat indépendant? L'élu membre d'un parti politique peut compter sur du personnel de cabinet, donc sur des ressources humaines pour l'accompagner dans ses choix et dans le développement d'une vision. La loi sur les cités et villes autorise le financement de cette équipe à partir même du budget municipal, si le maire s'en prévaut aussi. On a vu à Saguenay, avec la bataille qu'a faite l'ERD pour retrouver son financement, combien ces ressources sont importantes. Tellement importantes qu'à la suite d'une décision unilatérale du maire de leur couper ce capital financier et humain, cette discorde s'est rendue jusqu'en cour! Une équipe doit donc avoir une grande utilité si on s'acharne tant pour l'abolir.

Pour l'élu indépendant, ces ressources pour financer le personnel de cabinet ne sont pas accessibles. Aussi celui-ci devra-t-il un jour ou l'autre, louvoyer d'un côté ou de l'autre pour obtenir des appuis et avoir une force d'impact équivalente.

C'est inéquitable. La loi sur le traitement des élus accorde à tous les élus du financement pour frais de recherche et soutien, mais pas celui pour du personnel de cabinet. Puisqu'il n'est pas obligatoire d'être membre d'un parti municipal pour se présenter, ces candidats devraient donc avoir accès à des ressources sans compromettre leur indépendance, ce qui leur donnerait les moyens d'étayer leur position. Les candidats indépendants devraient pouvoir compter sur les mêmes ressources pour servir les citoyens qui ont fait le choix d'un candidat indépendant. Peut-être devraient-ils penser créer le Parti des candidats indépendants! En effet, les élus, même indépendants, ne peuvent se contenter d'améliorer l'état des rues de leur quartier sans prendre en considération l'état global de leur ville. Ils devront tôt ou tard former une coalition pour éviter que toutes les décisions se retrouvent dans les mains d'un seul maire, devenant ainsi le parti d'une seule personne. Sinon, c'est lui qui se monte une équipe d'élus fidèles et qui finit par incarner un parti politique fantôme.

Les partis municipaux font désormais partie de la réalité. Qu'on soit pour ou contre n'y changera pas grand-chose. Cependant, l'influence du financement des partis à ce niveau devrait être encadrée, avec la même rigueur que les partis provinciaux et fédéraux. Gérer une municipalité, c'est gérer l'équivalent d'une entreprise de services. Il faut donner des contrats de toutes sortes, déneigement, ordures, infrastructures routières, tourisme, développement, organismes de toutes sortes. Il y a beaucoup d'argent en jeu. La création de partis nécessite du financement et peut donc créer des jeux d'ascenseur, du financement occulte et de la corruption. S'afficher publiquement pour ou contre un candidat ou un parti peut coûter très cher à une entreprise. Qui n'a pas entendu un entrepreneur dire qu'il a été exclu d'opportunités de contrats après l'élection de tel ou tel autre candidat?

La culture de la gouvernance publique visant à servir le bien commun, soit le mieux faire, le mieux-être et le mieux vivre ensemble, doit être développée au niveau municipal et supplanter la culture de gouvernance qui relève de la complicité de financement des élections, que ce soit avec un parti ou un candidat indépendant.

Ursula F. Larouche

Titulaire d'une maitrise en Études et intervention régionales de l'UQAC

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